L'Orient sonore. Musiques oubliées, musiques vivantes

L’histoire des traditions musicales arabes menacées et de leur sauvegarde : disques rares, vidéos, installations, documents...

À partir de la richesse exceptionnelle des collections de la Fondation Amar , l’exposition L’Orient sonore donne à voir et à entendre l’histoire des traditions musicales arabes menacées et de leur sauvegarde. Des maisons de disques d’hier aux vidéos d’aujourd’hui, elle nous mène à la redécouverte d’un patrimoine oublié.

L’exposition s’intéresse d’abord à la première « sauvegarde » du patrimoine sonore arabe du début du XXe siècle à travers l’histoire de maisons de disques occidentales qui, à partir de 1903, date du premier enregistrement de musique arabe, avaient étendu leurs marchés au monde arabe avant d’être rapidement suivies par des sociétés levantines. On découvre ainsi une sélection de 60 disques rares (78 tours) couvrant une grande variété de genres musicaux. À partir de 1930, la forme de la musique arabe commence à changer radicalement et ces disques, avec la musique qu'ils transportent, tombent dans l'oubli. La numérisation entreprise par la Fondation Amar à partir de 2009 permet aujourd’hui de redécouvrir ces enregistrements.

Au centre de l’exposition, une conversation filmée entre Kamal Kassar et le journaliste Philippe Azoury, retraçant sa passion pour les musiques arabes, est diffusée en continu et augmentée d’images d’archives.

L’exposition présente en outre, sous forme d’installations vidéo, douze traditions musicales orales menacées de disparition pour lesquelles un travail inédit de recherche, de documentation et de captation a été mené sur le terrain entre 2016 et 2019. De l’Irak à l’Afrique du Nord en passant par le Golfe, elles témoignent de la diversité des sons, des chants et de rythmes des musiques arabes, qu’elles soient profanes ou sacrées, d’origines populaire ou savante. Celles-ci sont aujourd’hui fragilisées du fait des guerres et des bouleversements politiques, de la persécution de minorités ethniques ou religieuses, ou encore de la mondialisation et de l’évolution des mœurs.

L’exposition propose ainsi une réflexion sur la préservation d’un patrimoine culturel multiséculaire en péril et sur les possibilités offertes par les nouvelles technologies pour la sauvegarde de cet héritage. La tradition musicale orale peut-elle être ainsi préservée de l’oubli ?

L’Orient sonore se présente tel un salon d’écoute et de regards. Plongé au milieu des voix et des instruments, de la musique et des images en mouvement, le public est invité à s’immerger dans un ailleurs musical sensuel et profond, afin de découvrir l’expérience vive des traditions musicales du monde arabe.

 

Commissariat :

Kamal Kassar, commissaire général de l’exposition
Créateur de la fondation AMAR pour l’archivage et la recherche sur la musique arabe

Fadi Yeni Turk, co-commissaire de l’exposition
Réalisateur et directeur de la photographie

Direction artistique :
Pierre Giner

Mucem
Tlj (sf mar) 11h-18h
7,50/11 € (billet famille : 18 €). Gratuit entre 16h et 18h et le 1er dimanche de chaque mois
http://www.mucem.org
7 promenade Robert Laffont
13002 Marseille
04 84 35 13 13