Pascale Hugonet - Épigraphies

Peintures

À l’origine de mon travail, une double question.

D’abord, le temps. Non pas le temps qui se mesure, mais celui plus poétique, plus existentiel, qui se perçoit ; Ce temps là ne peut se penser sans la question de la disparition. 

Et puis l’écriture ; celle qui pourrait être un « au delà du langage » (R.Barthes), une volonté de signifier autrement, contre la norme du lisible. 

L’écriture illisible pour évoquer le non-dit, l’interdit, ce qui fait écart ou lien entre le dicible et l’indicible.

J’ai dès lors engagé un travail sur le signe, la trace, l’écriture spéculaire, la répétition du geste comme engagement physique du temps en mouvement.

Chaque jour, comme une pulsion de vie, je suis à l’atelier… 

Il y a d’abord une nécessité dans la mise en œuvre.

Elle démarre toujours par une matérialité affirmée : la cire, le torchon, le papier. 

Puis je décide de l’identité narrative. 

Par tâtonnements et ajustements successifs, le protocole se précise ensuite dans l’expérimentation ; formes, couleurs, assemblages, mes choix se font avec la matière, sans croquis préalable. 

Le geste obsessionnellement répété en définit la topologie.

Une œuvre après l’autre, le mode d’intervention se déplace à peine, la série se dessinant imperceptiblement dans cette frêle évolution.

Épigraphies est la recherche en creux d’une écriture ancienne sous jacente, Le texte n’est quasi pas visible, seule demeure une géographie incisée dans la cire, révélant par endroits la profondeur de la matière.

Pascale Hugonet 
https://www.facebook.com/pascale.hugonet.5

Généralement, le dessin est une première pensée, une anticipation de l’œuvre à venir. La plume peut courir librement, parcourir la surface sans la délimiter, rester libre de son point de départ et de son avenir. Le dessin est un point de départ qui ne préjuge ni ne présume du résultat final, si ce n’est dans les grandes lignes.

Dans l’œuvre de certains (et de Pascale Hugonet, en particulier), le dessin n’est pas un outil, une étape, une anticipation mais une finalité. Il ne précède rien que d’autres dessins, au nombre illimité, à qui il prépare la voie, déblaie le terrain, ouvre des pistes. Le suivant ressemblera un peu à celui qui le précède et assez aussi à celui qui le suit. Mais aucune gémellité, impossible de se tromper ou de les confondre. Malgré un air de famille prononcé, chacun possède une personnalité affirmée, issue de même règle matière et couleurs. Et chacun s’intègre dans une famille évidente, à peine recomposée.

Bien sûr, les formats identiques, l’esthétique de la page pleine, l’aspect d’écriture barbare ou antique, la répétition de modules discrets, l’acharnement symptomatique à finir malgré tout tissent des rapprochements irrémédiables. L’obsession remplit l’espace selon des processus régissant chacune des séries et que l’on identifiera ou pas, c’est selon l’angle de visions, l’éloignement du sujet, la lumière portée.

Car autant que la finesse du trait, le noir de l’encre, la trace du scalpel ou l’épaisseur de la cire, sont présents l’ombre de l’épigraphie, le fantôme de l’estampage Han, l’empreinte d’artistes rares et presque oubliés du vingtième siècle, le support enfoui des tablettes coraniques et les planches millénaires des portraits du Fayoum. L’apparente absence d’épaisseur du trait, l’impalpabilité du support se remplissent aussi de cette impalpable et obsédante culture, toujours plus envahissante qu’elle paraît invisible.

Dessiner autant qu’écrire, écrire en même temps que dessiner, il y a quelque chose du livre invisible dans le travail de longue haleine de Pascale Hugonet. Mais dans le trait cursif ou rigide, dans l’écriture bâton ou presque cunéiforme, dans le lacis ou le damier, dans la résille et la grille, se glissent parfois un sens, des références et même, pourquoi  pas une voix ancienne à ceux qui, pour l’entendre, se rapprocheraient dangereusement du papier.

— Francois Bazzoli (2016) 

Pascale Hugonet, vit et travaille à Marseille

Expositions personnelles 

    2020 : Epigraphies, Galerie Patrick Bartoli, Marseille

    2016 : Supervues, Hôtel Burrhus, Vaison La Romaine

    2014 : Galerie du Tableau, Marseille 

    2013 :    Skandhaus, Marseille

    Motifs et Traces, Galerie Andiamo, Marseille 

    Hétérogène, Marseille

Expositions en duo

    2020 : Traces, N°5 Galerie, Montpellier 

    2018 : Azul, Galerie La porte étroite, Toulon avec Didier Petit

    2017 : Saisir le silence, Galerie Gabrielli, Montpellier avec Alexandre Gilibert

Expositions collectives 

    2020 : Les sources du geste, Beijing/Nîmes #2 / Le Colisée, Nîmes

        2020 : Salon du dessin contemporain, Narbonne

        2019 : Les sources du geste, Fondation Li Keran / Pekin (China)

            une expostion organisée par Nîmes Métropole et le CACN de Nîmes

        2019 : Solid’Art, Friche de la Belle de Mai, Marseille

        2019 : Parcelles2, Galerie Martagon, Malaucène

        2018 : Parcelles, Galerie Martagon, Malaucène

            A vendre, Château de Servière, Marseille

        2017 : De la nature du lien Cabane Georgina, Marseille

        2016 : 13 à l’aise, La Théorie des espaces courbes, Voiron

            Perfect Paper, L’Appartement, Marseille

            La Métis du renard et du poulpe, Cabane Georgina, Marseille

            La peau, Art Manda, Barjols

            Rencontres 47, La Vigie art contemporain, Nîmes

        2015 : Petits formats,  Galerie Martagon, Malaucène

            Formats raisins, MAC Arteum, Châteauneuf le Rouge

            Noir et Blanc, Look and Listen, Saint Chamas

        2014 : Formats raisin, Espace Vallès, St Martin d’Hères 

        2013 : Formats raisin, Galerie Martagon, Malaucène

            A vendre, Chateau de Servière, Marseille

            L’Appartement, Marseille 

        2012 : A la plancha, Saffir Galerie nomade, Marseille

            Hétérogène, Marseille

        2011 : La Trocade, Marseille

 

Publication 

    2017 : Opening book (008), édition numérique

Galerie Bartoli
Du 13 mars au 27 juin : mar, mer 14h30-19h - jeu, ven, sam 11h-12h30 et 14h30-19h Mar & mer sur RDV au 04 91 54 20 17 ou au 06 22 02 62 04 + jeu 14h30-19h + ven-sam 11h-12h30 & 14h30-19h
+ mar & mer sur RDV au 04 91 54 20 17 ou au 06 22 02 62 04
Entrée libre. Entrée libre
www.patrickbartoli.fr
81 rue Sainte
13007 Marseille
04 91 54 20 17
06 22 02 62 04