Phot'Aix

19e édition du festival de photographie proposé par la Fontaine Obscure : une grande expo Regards Croisés Liban-Provence et des Parcours thématiques dans une vingtaine de lieux

Phot'Aix, Festival de Photographie, organisé à Aix-en-Provence par la Fontaine Obscure, s'attache à relever un double défi : 

- Promouvoir la photographie contemporaine en favorisant les échanges entre artistes français et étrangers dans le cadre de l'exposition internationale Regards Croisés.
Du 7 novembre au 28 décembre 2019, Regards Croisés accueille le Liban autour d’une invitée Chaza Charafeddine et de cinq photographes libanais qui exposeront en regard de cinq photographes français, à la Galerie Zola de la Cité du Livre à Aix-en-Provence.

- Faire descendre la photographie dans la rue et favoriser l'émergence de nouveaux talents, en organisant Les Parcours photographiques thématiques à Aixen Provence et dans le Pays d'Aix portant la photographie au regard de tous.
Cette manifestation incontournable du paysage culturel aixois, se déroule dans un esprit d’échange mettant en lumière les travaux d’auteurs connus ou moins connus. La photographie joue la proximité et vient alors à la rencontre du public. Une occasion de parcourir la ville, de découverte urbaine en découverte artistique, en toute convivialité. 

23 lieux accueillent une trentaine de photographes autour de 5 thèmes :

D’autres mondes Art et culture, nature, scènes de rue, travail et traditions mis en lumière dans ces mondes si différents. Mondes de flou, de couleurs et de grisaille, avec ses regards posés dans un musée et, bien loin d’ici : un marché, une carrière et une ville. 

Ici et ailleurs Lignes, couleurs, transparences de ville et surimpressions de campagne, jusqu'au regard posé sur d'autres terres et d'autres peuples, dans un monde préservé et très éloigné de la France (dans l'espace et par ses modes de vie.) 

Ambiances Du clair à l'obscur aves ombres, silhouettes, flou et reflets d'un monde ordinaire, puis passage de la candeur de l'enfance à un monde plus sombre vécu par l'adulte, jusqu'à devenir onirique et fantasmagorique. 

Tous en scène Comme des mises en scène, avec des portraits de femmes en mouvement, ou d'autres vivant la tradition...des murs en toile de fonds pour un acrobate ou encore des murailles de pierres et des portes, comme un décor planté dans la ville. 

Aller plus haut Depuis les fleurs toutes en couleurs qui sortent de la terre noire, ne demandant qu'à croître vers le ciel, comme ces tours toujours plus hautes et ces pics montagneux... jusqu'à cette femme s'envolant dans sa bulle pour aller, elle aussi, plus loin et plus haut...

Aix-en-Provence
Du 7 novembre au samedi 28 décembre 2019
Gratuit
www.fontaine-obscure.com
13100 Aix-en-Provence

Article paru le mercredi 13 novembre 2019 dans Ventilo n° 437

Festival Phot’Aix

Objectif : Liban

 

Pour la dix-neuvième édition du festival Phot’Aix, la Fontaine Obscure livre un passionnant focus sur le Liban à travers une grande exposition Regards Croisés à la Galerie Zola de la Cité du Livre, en parallèle de Parcours thématiques dans une vingtaine de lieux de la ville.

  Onze photographes ont été réunis pour les Regards Croisés : l’invitée d’honneur Chaza Charafeddine et ses Maidames, ainsi que cinq photographes français en dialogue avec cinq de leurs pairs libanais — Clara Abi Nader & Arto Pazat, Ghaleb Cabbabe & Guillaume Amat, Joe Kesrouani & Jean Larive, Carmen Yahchouchi & Irène Jonas, Mazen Jannoun &Valérie Burnand Grimaldi. Centrées autour de la guerre civile et d’autres thématiques qui touchent particulièrement le Liban (l’urbanisme, l’identité, l’immigration ou encore la mémoire), ces images prennent parfois, au contact des clichés des artistes français, une dimension tout autre. Mention spéciale au dialogue des photographes Ghaleb Cabbabe et Guillaume Amat, qui jouent sur la multiplicité des points de vue et la question du cadre. En effet, dans la série Move to trash, Ghaleb Cabbabe confronte la réalité à l’image tronquée que l’on se fait du Liban, que ce soit en termes de paysage, de nourriture ou bien de vie nocturne. On retrouve dans ses photographies une main gantée tenant une image paradisiaque superposée à la réalité de ce qui se trouve derrière. L’artiste libanais nous donne ainsi à voir l’envers des décors de cartes postales et des clichés que l’on se fait du Liban en photographiant la réalité de la crise des ordures de 2015 et la destruction du paysage qui l’a suivie. Cette série résonne encore aujourd’hui par bien des aspects. Non seulement les montagnes de déchets s’accumulent toujours plus et saturent les décharges, mais peut-être faut-il y voir la pourriture qui détruit le pays, à savoir la corruption dénoncée par la population lors des manifestations en cours. Guillaume Amat questionne lui aussi l’acte photographique via le choix du cadre. L’artiste travaille sur la thématique des paysages français et nous donne à voir un champ visuel ouvert à l’aide d’un miroir disposé in situ. « Le miroir vient recomposer le paysage avec le hors-champ qui lui fait face, créant ainsi une double lecture », explique le photographe. Finalement, bien plus qu’un festival, Phot’Aix est avant tout une histoire de rencontres. Rencontre entre avec les photographes réunis sur un même projet, rencontre entre le spectateur et l’autre, rencontre entre l’ici et l’ailleurs…  

Fanny Bonfils

 

Festival Phot’Aix : jusqu’au 28/12 à Aix-en-Provence.

Rens. : www.fontaine-obscure.com