Andromakers

Andromakers

Un Casio du ciel

Attention coup de foudre : deux jeunes Aixoises apparaissent dans le champ de la pop moderne avec un charme aussi up-to-date que délicieusement suranné. Andromakers ? Bientôt sur toutes les lèvres.

andromakers-C-Sebastien-B.jpgPour nous, tout est parti d’une démo. Trois titres. Deux filles. Une évidence : la lumière filtre. Il y a d’abord Electricity, petite comptine pop catapultée dans les astres avec trois bouts de ficelle, comme un écho à la B.O de Virgin Suicides, nantie d’une mélodie désarmante. Et puis Upper lower et Spider on the wall, qui poursuivent cette entreprise de séduction immédiate sur un mode plus apaisé, avec boîtes à rythme de fortune, glockenspiel et claviers Casiotone. Très important, les claviers Casiotone : leurs sonorités d’instruments-jouets ravivent une foultitude de souvenirs, et sont le fondement même du projet artistique réunissant Nadège Teri et Lucille Hochet. Il y a trois mois, personne ne les connaissait. Depuis, elles gravissent les échelons du concours CQFD des Inrocks, et sont programmées avant la fin du mois sur les festivals B-side (Marseille) et Villette Sonique (Paris). Pourquoi tant d’amour ? La musique d’Andromakers est d’une limpidité absolue : elle fait jaillir l’émotion de quelques motifs essentiels, qui en appellent à la mélancolie ou à la joie sans surjouer, avec une naïveté qui nous renvoie à l’univers à la fois fantastique et enfantin d’un Michel Gondry. Quand on leur parle d’ailleurs de leurs modèles, Nadège et Lucille éludent : si leur dernier coup de cœur est bien de cette trempe (Bat for Lashes), elles vont puiser leurs influences dans ce qui les entourent — dans un ressenti plus que chez un artiste. Il y a chez ces deux filles une complémentarité évidente, et pas seulement musicalement. Elles se sont trouvé à la marge, un peu sauvages, mais mues par un désir commun. C’était il y a cinq ans, dans un groupe de… metal. L’une tenait la guitare et l’autre la basse, après des années de formation classique… Difficile à concevoir aujourd’hui, tant ce nouveau projet — monté l’été dernier — ferait fondre les cœurs les plus endurcis. Car Andromakers est le fruit d’une complicité qui part de cette même partie du corps humain, la seule qui puisse révéler le talent qui sommeille en chacun de nous. Le leur est proportionnel au sentiment de bonheur diffus qui émane de leurs synthés Casio : il est énorme.

Texte : PLX
Photo : Sebastien B

Le 29 à l’Embobineuse avec NLF3, Hypo & EDH et Lu&nl.
Rens. www.myspace.com/andromakers