Le Pompier Poney Club

Fanfare punk éclectique, dans le cadre de la Fête du Quartier Belsunce

Un savant mélange de de rock 'n' roll survitaminé, de cuivres qui claquent, de basses qui tabassent, de chanson française cuisinée façon "péquenauds de la Plaine", d'usages déviants, de paillettes bios, de cuir qui sent bon la bière, de solos de sax en mode tu vas mouiller ta culotte tellement y a d'amour dedans, de prouiiit et d'un goût prononcé pour la fête dont seuls les poneys ont le secret. Bref. Annule tout. Laisse tomber tes bonnes résolutions.

http://www.journalventilo.fr/pompier-poney-club/

 

Place de la Halle Puget
Le samedi 22 juin 2019 à 14h
Entrée libre. Gratuit (plein air)
www.theatrelepiednu.com
Quartier Belsunce
13001 Marseille

Article paru le jeudi 10 dcembre 2015

Portrait : Pompier Poney Club

Tout feu, tout flamme

Entre reprises bienheureuses et rythmes déchaînés, le Pompier Poney Club fanfaronne depuis 2012 dans les rues de Marseille, colorant la ville d’un délicieux arc-en-ciel kitsch.

  Qu’ils soient seulement dix ou en formation complète, à l’angle d’une rue ou bravant le mistral sur la Plaine, le Pompier Poney Club est toujours sur ses grands chevaux. Crêtes à poils colorés, têtes de canasson, dégaines improbables, peluches qui ont dû en voir des vertes et des pas mûres… Le PPC, c’est Mad Max qui rencontre un bisounours trash, ambiance skaï cramoisi et fourrure fluo : bref, on les reconnait de loin et c’est tant mieux. Mais, surtout, on les entend avant de les apercevoir. Leur rythme pulse de concert avec les bruits de la ville alentour, et parfois recouvre le son des klaxons ou s’en accommode. Depuis la rue voisine, on reconnait les notes de L’Amour à la plage ou d’Aznavour samplé par Dr Dre dans What The Difference, et sur lesquelles se déhanchent passants intrigués, minots excités ou fans de la première heure. Créée en 2012, la fanfare s’est choisi un nom aussi barré qu’elle « parce que Bisous Club, c’était déjà pris », raconte Camille, alias Bristol (du nom de l’échelle, les médecins comprendront). Un bagou certain, une autodérision salvatrice que l’on retrouve dans les noms de scène des musiciens : Rature, Croucroute, Aziz, Fayot, 3Trou ou GrosseClaude. Des alias bien graveleux, tordus mais finalement assez subtils si on leur en demande la signification. Ils sont vingt-quatre musiciens de tout âges, viennent de partout, surtout d’ailleurs, mais s’attachent pour quelques temps à la cité phocéenne — à l’image de la ville, en somme, qui est la base de leur rayonnement national et international. Grenoble, Rouen, Paris, Barcelone… le réseau fanfaron bat son plein pour ambiancer les rues et offrir de la bonne humeur au chaland. La fanfare cultive le bonheur de l’imprévu. La croiser dans la rue au hasard d’un retour de soirée en traversant la Plaine ou au bord du Vieux Port le week-end en plein cagnard, c’est toujours une bonne surprise. Les cuivres brillent, étincelles incandescentes : le PPC, c’est de l’or en barre, qui crée des lieux spontanés, éphémères, qui n’existent que le temps de la musique mais qui n’en gardent pas moins la mémoire sonore. Les notes, les cris, les voix ont comme seules limites les murs des immeubles, et le ciel. Il faut les laisser réchauffer les soirées marseillaises, faire danser en pleine lumière les timides, faire taper du pied les vieux. La ville leur offre la plus belle scène, et ils le lui rendent bien. Si la reprise géniale de Belsunce Breakdown les a amenés à jouer au Mama Shelter avec Bouga, le PPC accompagne avec amour les événements associatifs de la vie locale, comme la fête des bénévoles de Vélo en Ville ou les repas de l’Assemblée de la Plaine quand commencèrent les réunions de concertation pour la rénovation de la place. Autant dire le grand écart, une preuve d’ouverture qui fait la qualité de cette formation musicale. Et si, parfois, ils quittent le trottoir pour des lieux plus « sélects », c’est pour proposer leur vision des choses et leur permettre de participer à d’autres festivals, régaler d’autres lieux de leur présence. Montpellier au printemps, la Pologne cet été, les Etats-Unis à l’automne… Autant de raison pour peaufiner costumes et chorégraphie, pour « mancher » afin de récupérer les fonds nécessaires au grand départ. En attendant, on réécoute leur premier album, MOFOS, et on va se déchaîner au Molotov avant les agapes de fin d’année. Les Ponies, c’est la joie communicative, l’enthousiasme débordant, la sincérité souvent étayée d’ébriété. La vie, en somme. Il faudrait des temps de fanfare comme des temps de prière, des moments qui n’appartiennent qu’à l’instant, où la ville prend un autre écho et aujourd’hui, plus qu’hier, continuer à jouer, rassembler ceux qui frôlent et ceux qui aiment.

Bérangère Chauffeté

 

Pompier Poney Club : le 18/12 avec Brass Koulé au Molotov (3 Place Paul Cézanne, 6e). Rens. : 06 33 63 48 57 / www.lemolotov.com

Pour en (sa)voir plus : www.lepompierponeyclub.com / soundcloud.com/LePompierPoneyClub