sur les planches

L’Interview : Alexandra Tobelaim

Publié le 07 fév 12 dans Sur les planches

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Accompagnée du comédien Solal Bouloudnine, la metteuse en scène et fondatrice de Tandaim revient sur la dernière création de la compagnie, évoquant les relations étroites que peuvent entretenir théâtre et football. Italie-Brésil 3 à 2, ce n’est pas seulement le récit du match qui a mené l’Italie en finale de la Coupe du monde en 1982, mais aussi et surtout l’histoire d’une famille sicilienne, de leurs voisins et amis suspendus au téléviseur acheté pour l’occasion.

Pourquoi avoir monté cette pièce ?
C’est une histoire très étonnante : en septembre 2010, le texte de Davide Enia nous a été imposé dans le cadre d’une lecture mise en espace pour ActOral. Il y a eu une vraie rencontre entre Solal, Jean-Marc Montera (ndlr : musicien, fondateur du GRIM), le texte et moi. On a eu très envie de le faire vivre sur un plateau, tout comme l’équipe du Gyptis. Davide Enia fait partie du mouvement italien du Théâtre-récit, écrit par des acteurs/auteurs, dans lequel il y a un vrai désir de parler au public, de raconter une histoire.

Faut-il aimer le foot pour apprécier la pièce ?
Franchement, je ne pense pas que cela soit nécessaire ; moi-même je n’aime pas le foot et n’en connais pas les règles, contrairement à Solal et Jean-Marc. Mais dans la pièce, il y a ce partage, cette oralité pendant le match ; on retourne à l’essence même du théâtre, d’un acteur qui raconte quelque chose à un public. Le texte possède un immense pouvoir évocateur, il nous plonge instantanément le 5 juillet 1982 à Palerme. Bien que l’on connaisse le résultat, ce match Italie-Brésil comporte une chose propre au sport et au spectacle vivant : un vrai suspense. Les Italiens mènent deux fois contre la meilleure équipe du monde, avant d’être rattrapés au score, puis de finir par l’emporter. Les différentes émotions ressenties par les spectateurs donnent une oscillation très intéressante, entre exaltations et déceptions. On frise quasiment la crise cardiaque à chaque action ! Ce match rassemble la famille, les amis et les voisins ; chaque spectateur peut retrouver des souvenirs d’enfance, un retour aux sources dans les à-côtés, les rituels des spectateurs. Par exemple, l’auteur a le souvenir précis du placement de chaque membre de la famille autour du téléviseur. Solal et la musique de Jean-Marc sont les passeurs du suspense, mais aussi du partage et de la communion avec cette grande famille.

Comment la musique de Jean-Marc Montera s’intègre-t-elle au spectacle ? Y a-t-il une place pour l’improvisation ?
Le travail a été de définir, pour chaque intervention musicale, une enveloppe globale dans laquelle on a essayé de préciser au maximum les choses. Mais — et c’est ce qui est aussi déstabilisant qu’intéressant pour moi — Jean-Marc est un improvisateur, qui construit les choses dans l’instant. C’est comme si nous avions défini une partition générale avec, en fonction de l’instant et de ce que ressentent Solal et Jean-Marc, des choses livrées à la représentation. Ce côté sans filet, cette liberté, c’est nouveau pour moi… et très excitant.

Avez-vous d’autres projets ?
On a le projet d’une résidence longue avec trois autres compagnies à la Minoterie, mais rien n’est figé pour le moment. D’autre part, on est dans une dynamique de diffusions de nos deux derniers autres spectacles, Villa Olga et La Seconde Surprise de l’amour. J’aimerais aussi prendre le temps de réfléchir à un nouveau projet pour la rentrée.

Quel est votre sentiment sur Marseille Provence 2013, capitale européenne de la culture ? Avez-vous des projets dans ce cadre ?
Pour moi, c’est encore assez nébuleux, bien qu’il y ait maintenant une belle dynamique. En tant que compagnie cannoise, nous ne sommes pas directement impliqués et n’avons pas déposé de projet. Nous avons seulement un regard extérieur, mais il me semble que c’est une très bonne chose en matière d’énergie et d’infrastructures pour Marseille et sa région.

Propos recueillis par Thomas Delahay

Italie-Brésil 3 à 2 par la Cie Tandaim : du 21 au 25/02 au Théâtre Gyptis (117 rue Loubon, 3e).
Rens. 04 91 11 00 91 / www.theatregyptis.com

Rencontre « Radio Bière Foot » avec l’équipe artistique le 9/02 à 19h au WAAW (17 rue Pastoret, 6e). Rens. 04 91 42 16 33
Rencontre-débat sur le thème « Sport & culture, des passerelles » à l’issue de la représentation du 23/02, avec Alexandra Tobelaim, Andonis Vouyoucas (directeur du Gyptis), Jean-Jacques Gilliard (directeur d’Espaceculture), Michel Hidalgo (ancien sélectionneur de l’Equipe de France), Cédric Dufoix (secrétaire général de l’OM) et Christian Bromberger (anthropologue)

A voir aussi : Villa Olga, le 13/02 au Théâtre Comœdia (Aubagne), dans le cadre de Région en Scène.
Rens. 04 42 18 19 88

Les Elancées à Cornillon-Confoux, Fos-sur-Mer, Grans, Istres, Miramas et Port-Saint-Louis-du-Rhône

Publié le 07 fév 12 dans Sur les planches

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Quand le monde s’envoie en l’air…

Venues des quatre coins du monde, dix-sept compagnies se donnent rendez-vous du côté Ouest de la Provence pour une quatorzième édition des Elancées particulièrement focalisée sur?la danse et les arts aériens.

Dix-neuf spectacles, une soirée salsa, un repas moldave, un Bal des enfants, des stages et des rencontres… après l’annulation de l’an dernier, Les Elancées annoncent au public des retrouvailles prometteuses. A commencer par la découverte du « Carré », une invention de la compagnie aixoise Azeïn. Avec ce cadre aérien à quatre directions, Sam Hannes et Audrey Louwet renouvellent l’art de la voltige dans La Vie tendre et cruelle des animaux sauvages. Entre ciel et terre, le funambule David Dimitri deviendra L’Homme Cirque, et même l’incroyable « homme-canon » ! Pour nous entraîner dans l’onirisme des tableaux de Bosch (Pequeños Paraisos) et Magritte (Nubes), la compagnie de danse Aracaladanza conviera quant à elle marionnettes, théâtre d’objet et projections vidéo. Viendra ensuite le moment d’affronter les bêtes sauvages : le Groupe Noces présentera Pogo, un conte-bestiaire initiatique sur une chorégraphie d’inspiration punk. Quittant le plateau pour la piste, la danse rejoindra l’acrobatie et le contorsionisme dans Foté Foré du cirque guinéen Mandingue. Elle s’invitera aussi dans les rues de Cali, l’univers d’Urban reprenant les meilleurs numéros de l’école colombienne Circo Para Todos. Les arts de la piste ne seraient pas au complet sans ses représentants les plus éminents, Auguste et le clown blanc, qui seront incarnés ici par BP Zoom dans un Mélange 2 temps primé au Festival international de clown. L’illusionnisme jouera des tours à notre imagination avec le mentaliste Viktor Vincent, qui s’attaquera à nos Synapses. At last but not least, la famille Chaplin s’enverra elle aussi en l’air, Victoria du Cirque Invisible mettant Aurélia en scène et en proie aux Murmures des murs. De quoi parachever en beauté cette ruée vers l’Ouest.

Texte : Capucine Vignaux
Photo : Nubes

Les Elancées : du 17 au 26/02 à Cornillon-Confoux, Fos-sur-Mer, Grans, Istres, Miramas et Port-Saint-Louis-du-Rhône.
Rens. 04 42 56 48 48 / www.scenesetcines.fr

Les Petites Formes autour de Philippe Dorin par les élèves du CNRR présentées au Théâtre Massalia

Publié le 07 fév 12 dans Sur les planches

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Bref, mais en grande forme

Les futurs comédiens confrontés aux spectateurs de demain, c’est un peu l’idée de ces formes brèves, quatre pièces interprétées par les élèves du Conservatoire de Marseille et proposées à un public novice.

Depuis six ans, le Théâtre Massalia accueille dans sa programmation des formes brèves mises en œuvre par les élèves comédiens du Conservatoire National de Région de Marseille. La formule est simple : quatre saynètes écrites par Philippe Dorin, mises en scène et jouées par les élèves, répondant à des contraintes de temps et de modestie matérielle. Contraintes auxquelles s’ajoute le choix d’un auteur unique et une scénographie commune, permettant ainsi de solliciter différents imaginaires tout en maintenant l’unité du travail. Petites Formes est un exercice de dramaturgie s’adressant avant tout à des enfants, et visant à penser le théâtre de manière ludique. Un public jeune et non averti, un côté ludique et enjoué : a priori, la mission des étudiants paraît abordable. Mais face à un jeune public dissipé, bruyant et très réactif, voire irrespectueux, le jeu devient une épreuve difficile qu’il convient d’affronter sans se démonter. Les apprentis comédiens ne s’en laissent pas compter et s’en sortent très honnêtement, avec en prime une joie non feinte d’être sur les planches. Avec quelques cailloux, une maison de poupée et un tapis en faux gazon comme principaux accessoires, ils nous offrent un univers poétique et quatre jolis moments de plaisir partagé. Si les uns ont donné du fil à retordre aux autres, offrant une nouvelle dimension à cet exercice de style, gageons que ces belles prestations leur donneront, en retour, l’envie de franchir à nouveau la porte d’un théâtre.

Texte : Yves Bouyx
Photo : Leila Bousnina

Les Petites Formes autour de Philippe Dorin par les élèves du CNRR étaient présentées les 1er et 2/02 au Théâtre Massalia.
Prochaines représentations : le 9/02 à la Minoterie (9-11 rue d’Hozier, 2e).
Rens. 04 91 90 74 28 / www.minoterie.org

STOP. Tout est bruit pour qui a peur par Diphtong Cie au Théâtre du Merlan

Publié le 07 fév 12 dans Sur les planches

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L’or noir

Avec STOP. Tout est bruit pour qui a peur, le metteur en scène Hubert Colas s’attaque à la peur, celle qui nous prend au ventre et à la tête, au cœur et au corps (social)…

Le cube est noir, monumental et mouvant. Cette boîte, oppressante, évoquant les méandres du cerveau de John Malkovich dans le film de Gondry comme le labyrinthique mémorial berlinois de l’Holocauste, va servir de terrain de jeu — souvent miné — aux comédiens de la Diphtong Cie.
Ils sont sept, parfois seuls, parfois en bande. Ils vont se menacer, s’aider aussi et, bien sûr, avoir peur. Ils vont surtout devoir se confronter à un texte qui ne relève pas de l’écriture théâtrale proprement dite. C’est là que réside toute la difficulté pour les interprètes — et en conséquence, pour les spectateurs. Hubert Colas signe en effet un texte intime, n’admettant aucune linéarité dans l’intrigue, mais qui se meut comme une couleuvre, à l’image de son sujet. D’autant que la direction des acteurs reste parfois trop marquée du sceau de son metteur en scène : on reconnaît les comédiens dans leurs façons de dire, on les retrouve comme des simulacres parents de ses précédentes créations (Chto, Le Livre d’Or de Jan, Face au Mur…).
Mais il y a la lumière. Noire, fantastique, plurielle, elle est admirable, créant de multiples angoisses, véritables cauchemars éveillés, mâtinés de douceur à certains moments. Elle est ce qui reste de cette pièce dématérialisée, où le temps peut être fait de ténèbres.
La peur est sur le plateau. Et elle y reste. Pas question de vous faire frissonner, mais d’en parler. Un parti pris sans doute déconcertant. Car on ne sait pas comment naît la peur, ni où elle se faufile. Ici, foin de règle d’unité — ni de temps, ni de lieu, ni d’action… Avec ce spectacle résolument contemporain, il faut aimer aller au théâtre non pour apprendre, mais pour se laisser décontenancer. Il faut aimer se perdre.

Texte : Joanna Selvidès
Photo : Herve Bellamy

STOP. Tout est bruit pour qui a peur par Diphtong Cie : du 10 au 16/02 au Théâtre du Merlan (Avenue Raimu, 14e). Rens. 04 91 11 19 20 / www.merlan.org

Janvier sous les étoiles

Publié le 07 fév 12 dans Sur les planches

quinzaine-cirque.jpgLe festival international de cirque, piloté par le Pôle National des Arts du Cirque Méditerranée en association avec le Théâtre Europe de La Seyne-sur-Mer, le bien nommé Janvier sous les étoiles, nous donne donc rendez-vous… à la mi-février. Trêve de moqueries, parlons plutôt de cirque contemporain, sous toutes ses formes : urbain, aérien, porté, dansé, slamé, épuré, sur des bouteilles de gaz, le long d’une corde… C’est selon les idées et les esthétiques défendues par les artistes invités, qu’ils soient brésiliens (Grupo Circondriacos), colombiens (Circolombia) ou français (Cirque In Extremiste, Cie Hors Surface…). Par-delà les cartes.

_Du 9 au 19/02 sur l’Espace Chapiteaux des Sablettes (Avenue J.B. Mattéi, La Seyne-sur-Mer).
Rens. 04 94 06 84 05 / www.theatreurope.com

La Vie de Galilée par la Cie du Grand Soir présenté au Théâtre Comœdia

Publié le 07 fév 12 dans Sur les planches

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Tu me fais tourner la Terre…

Avec ses acteurs virtuoses et rebondissants qui perpétuent la tradition saltimbanque à travers le temps, la Compagnie du Grand Soir redonne Vie à Galilée.

La pièce de Brecht nous renvoie à une controverse philosophique : quels rapports entretiennent les pouvoirs religieux et politique avec le progrès scientifique ? Pendant une heure et demie de légèreté, la compagnie du Grand Soir nous immerge dans l’écriture profondément libre de Brecht, nous ramenant à la lecture du texte de Michel de Certeau, L’invention du quotidien, ou à ses propos sur l’art de la ruse, « un art sans âge, qui n’a pas seulement traversé les institutions d’ordres sociopolitiques successifs, mais remonte bien plus haut que nos histoires et lie d’étranges solidarités en deçà des frontières de l’humanité. »
Le texte de Bertolt Brecht a été raccourci, mais ne perd pas de sa force, grâce à la performance habitée de ses cinq performeurs, à la fois musiciens, clowns, chanteurs, mimes et jongleurs. La dynamique du jeu et la mise en scène évolutive sont en symbiose avec le plaisir réactif du spectateur. La salle, pleine, aura fait l’expérience que Galileo Galilei formulait ainsi : « On ne peut rien enseigner à autrui. On ne peut que l’aider à le découvrir lui-même. »

Texte : Christine Maignien & Marika Nanquette-Querette
Photo : Xavier de Torres

La Vie de Galilée par la Cie du Grand Soir était présenté le 3/02 au Théâtre Comœdia (Cours Maréchal Foch, Aubagne).
Rens. www.compagniedugrandsoir.fr

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