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<em>La Saga </em>à la Double V Gallery Sous le soleil d'Antoine Carbonne

La Saga à la Double V Gallery

La Saga, des étoiles

 

Pour souffler sa première bougie, la Double V Gallery s’offre un cadeau tout à fait exquis : La Saga, une aventure artistique et collective. Pour l’occasion, le lieu a été totalement repensé et l’exposition qui s’y tient est une invitation à la contemplation. Mention très bien pour ce premier épisode.

 

Nul besoin de cotillons pour s’acoquiner avec des artistes d’exception. Il suffit parfois d’un espace rendu atypique. D’un salon acidulé, classieux et même pop à souhait. Avec la Double V Gallery, c’est le quartier des antiquaires que Nicolas Veidig-Favarel — son fondateur — fait vibrer depuis un an. Pour mieux célébrer ce succès (mérité), il a convié vingt-huit artistes autour d’un projet qui fait la part belle à l’hyper créativité. Ce pari est une fête !

Ainsi, d’une œuvre à l’autre, en scannant au mieux ce que chacun des « créateurs » a voulu révéler, les mirettes s’écarquillent sans jamais cligner. Sur un pan de mur, la couleur : ce feu de forêt devenu patchwork (Louis Granet), un « tea time » mentholé et délicieusement crayonné (Alexandre Benjamin Navet), des femmes indécemment « stringuées » mais chimériques, comme apparues dans le songe d’un jour d’été (Antoine Carbonne), un biker des cités qu’une potentielle chute ne semble pas effrayer ou encore ces Air Max pointant vers l’avenir avec sérénité (Melchior Tersen). « Nike » les tourments et vive la légèreté ?

Autre surface, autres surprises. Quid des supports utilisés ? Une fois encore : mul-ti-pli-ci-té. Comme cette émulsion photographique sur marbre d’Alice Guittard, qui grise les corps pour les rendre plus grisants. Ou encore ce « bling boat » en suspension, réalisé à partir de feuilles d’or et qui se faufile subtilement dans le décor. Monochromes ou bigarrées, dilettantes ou plus structurées, les œuvres communiquent et communient pour mieux nous habiter.

Au fil de l’année écoulée, le galeriste a rencontré, partagé, s’est ému voire entiché d’artistes amateurs ou confirmés. Et cette épopée culturelle qu’il souhaite faire perdurer vient d’ailleurs directement s’inspirer du patrimoine de notre cité (la moquette d’un bleu azuréen et les murs blancs immaculés campent parfaitement l’horizon méditerranéen). C’est aussi au groupe IAM que l’on pense, puisque son titre La Saga, enregistré avec le Wu Tang Clan, offre certaines clés quant à la persévérance de l’artiste et sa volonté propre de créer : « J’écris des vers pour mes pairs », « Telle une flèche filer droit sur la cible ». À l’instar de cet hymne bien marseillais, l’objectif de l’exposition est d’inciter le génie à sortir de sa carapace : « In the beginning there was darkness, then came light ». De l’obscurité à la lumière, il n’y a qu’un pas. Le volume un de cette Saga transgénérationnelle nous prouve que l’art, loin d’être difficile d’accès, rayonne en parsemant la beauté.

Dernière minute : Double V Gallery vient d’être désignée lauréate du 1er prix du salon Camera-Camera, récompensant le meilleur projet curatorial de l’évènement, dont la première édition se tenait à l’hôtel Windsor de Nice le dernier week-end de novembre.

Pauline Puaux

 

La Saga : jusqu’au 23/12 à la Double V Gallery (28 rue Saint Jacques, 6e).
Rens. : 06 65 10 25 04 / www.double-v-gallery.com