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<em>Une Maison de Verre</em> au Musée Cantini Le Petit Ange rouge de Marseille de James Lee Byars & As far as the eye can see de Lawrence Weiner

Une Maison de Verre au Musée Cantini

La petite maison dans la verrerie

 

Pour fêter les trente ans du CIRVA — Centre International de Recherche sur le Verre et les Arts Plastiques —, le Musée Cantini reçoit une exposition qui rend hommage aux « personnificateurs » d’art. Une Maison de Verre est un parcours à la fois technique et esthétique qui nous ouvre les portes d’un chaleureux foyer.

 

Créé à Marseille en 1986, le CIRVA est constitué d’une équipe de designers, d’architectes et de verriers qui n’ont de cesse d’écouter la matière plutôt que de la contrôler.

Tout commence au rez-de-chaussée, selon les angles d’une exposition plus complète encore qu’il n’y paraît. L’aspect naturel de cette maison aux contours particuliers vient nous saisir d’emblée. Un visage en plâtre, comme taillé de près, s’échappe d’un épais nuage crayonné. Un bouclier de verre posé sur un amas de feuilles vient se transformer en un solide bustier protégeant un corps entièrement végétal. Des totems bigarrés, des bottes souillées par la marche et la vie, une pyramide multicolore et « designée » selon les règles du m’as-tu-vu nous donnent rendez-vous dans une univers parallèle. À chaque pièce, sa surprise : comme ce travail réalisé sur des moisissures, elles-mêmes trouvées sur différents supports, qui offre un résultat visuel délicieusement surréaliste. Ici, la putréfaction ressemble davantage à un nuage, une étoile, une planète, une fleur ouverte, une crêpe au sarrasin ou un agrume. L’imaginaire ne connaît pas de frontières.

Tantôt mathématique, tantôt poétique, le verre est ici considéré de façon inhabituelle. Au premier étage, des disques gravés ont été suspendus au plafond pour nous faire danser avec la terre. Dans la pièce voisine, une cage à oiseaux en verre soufflé et métal interroge les notions de liberté et d’emprisonnement. Un clin d’œil symbolique à notre société codée, rétrécie. Une société de la vacuité qu’il faudrait fuir à tout prix ? Avant de gagner le deuxième étage, on se laisser gentiment bercer par les effets vibratoires du verre, enregistrés de façon continue dans une pièce entièrement noire. Certains visiteurs n’ont pas souhaité s’y risquer…

L’exposition met aussi en avant l’empreinte du verre. Comme une trace du temps qui passe. Craquelé, poli, en relief, lisse, translucide ou opaque à souhait, le verre se joue de nous avec ses formes variées. Il n’arrête jamais vraiment de performer. Le potentiel de ce matériau nous fascine : est-il utile ? Artistique ? Fouillis ? Précis ? Il cumule les qualités, tout en restant dans l’ambiguïté.

Immergés dans cette maison aux cloisons ludiques, voire parodiques, il nous semble plus difficile d’affronter ensuite la réalité. D’un travail éprouvant, rigoureux, où l’imprévu vient souvent s’imposer, ressort une histoire joliment racontée. Un conte que les artistes du CIRVA maîtrisent sur le bout des doigts. En verre et contre tout.

 

Pauline Puaux

 

Une Maison de Verre : jusqu’au 24/09 au Musée Cantini (19 rue Grignan, 6e).
Rens. : 04 91 54 77 75 / www.marseille.fr/node/613

Pour en (sa)voir plus : www.cirva.fr