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Assos en danger

Plaisir solidaire

 

Winter is coming et les appels aux dons fleurissent dans le monde associatif marseillais qui connait, en cette rentrée, des difficultés multiples…

 

… En cause, non seulement la suppression des contrats aidés, dont nous avions déjà parlé, mais aussi la disparition soudaine de certaines subventions. Ce n’est plus un secret : pour un grand nombre d’associations, la période est difficile. De sérieuses déchirures, sinon de méchantes lacérations, endommagent le tissu associatif local. Un défi semble lui être lancé. Périlleux… mais survivre à l’hiver, c’est en sortir grandi. La conjoncture actuelle sera donc peut-être pour certaines associations l’occasion de modifications structurelles salutaires, et d’un ancrage plus profond encore dans une forme de « résistance ».

Parmi ces associations qui en appellent à notre solidarité, nous avons pris contact avec l’équipe du Mille Bâbords et de l’Asile 404. Les deux structures ont en effet (comme votre journal préféré) publié des appels à don sur le site HelloAsso, où l’on peut directement les soutenir…

 

Mille Bâbords

Clairement à bâbord de la vie politique, Mille Bâbords défend, sans prendre parti, une action et une pensée foisonnantes. L’association s’occupe « du » et non de « la » politique. Son mot d’ordre ? « Révolutionnaire ou réformiste, faisons quelque chose ensemble ! »

« Boîte à outils » autant qu’« association d’associations », l’histoire de Mille Bâbords est riche et vieille de presque une génération. Bibliothèque alternative, Mille Bâbords est d’abord un lieu où l’on peut venir s’informer. Ici, on peut consulter près d’une soixantaine de périodiques, se documenter, lire sur place ou emprunter des livres qui traitent de politique et qu’on ne trouvera pas ailleurs. Point de vue postal, Mille Bâbords est le siège social de quelques vingt-cinq associations engagées dans la vie sociale ou politique. Elles trouvent ici un local pour se réunir, organiser des débats, des conférences ou bien des projections lorsqu’elles en ont besoin. Et comment évoquer cette association sans parler de l’agenda politique qu’elle gère, et de ses quelques 2 500 abonnés ? « Les abonnements sont gratuits, mais imaginez si chaque abonné donnait un euro ! »

Une subvention a sauté cet été, de quoi engendrer d’importantes difficultés financières, d’où l’appel à don. Et bien que « subvention » n’ait ici jamais été synonyme de « compromission », la zone de turbulence actuelle est, peut-être, l’occasion d’aller vers une plus grande autonomie financière. « Aujourd’hui, le socle financier de l’association, ce sont les adhésions. L’appel à don est pour nous un bon moyen de gérer le très court terme, mais ce qu’il nous faut en réalité, ce sont des adhérents. » À bon entendeur…

 

Asile 404

L’Asile ? Un lieu alternatif et hyperactif situé rue d’Aubagne. Ici, on organise des concerts, des spectacles, des résidences, des expositions, des manifestations en tout genre et des expérimentations pluridisciplinaires. Des rendez-vous avec l’art et la musique sont lancés quasi quotidiennement. Incontournable pour le public, indispensable pour beaucoup d’artistes : impensable, donc, que l’existence de l’Asile soit en péril… et pourtant.

Ici, les artistes sont rémunérés, les membres de l’Asile y mettent un point d’honneur… Et bien accueillis, du reste. Les manifestations sont accessibles au plus grand nombre, les prix sont bas, sinon libres. « Les groupes sont choisis parce que leur musique est intéressante, non parce qu’ils attireront du public. » L’Asile 404 ne se contente pas de diffuser, mais produit, invite, met les locaux à disposition… L’offre est généreuse et l’économie, solidaire. Elle repose essentiellement sur les dons, sur les adhésions et sur les participations volontaires. Et si des « petites » difficultés financières de fin d’année ne sont donc pas d’une grande nouveauté, cette année, la dette s’avère un peu plus rude. Cela est probablement dû au choix de fermer moins tard, d’être un brin plus sage pour le voisinage — et non pas moins actifs.

L’appel à don est peut-être la suite logique d’une production artistique généreuse autant qu’un modèle économique viable. Le prix à payer pour conserver cette immense liberté artistique qui fait l’identité de l’Asile 404 ?

« C’est une question de modèle économique qui se pose à nous. Le crowdfunding est-il viable, ou bien devrons-nous trouver d’autres solutions, adopter un autre rythme ? Si nous survivons grâce aux dons, c’est une question que nous poserons à nos adhérents lors de l’AG prévue courant décembre. »

 

Frédéric Vaysse

Collecte par ici > www.helloasso.com/associations/quatre-sans-quatre/collectes/asile-quatre-sans-sous

Collecte par ici > www.helloasso.com/associations/mille-babords