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  • Les expositions des Rencontres du 9e ArtThe Absence of Eddy Table de Dave Cooper
  • Les expositions des Rencontres du 9e ArtMarco Tóxico
  • Les expositions des Rencontres du 9e ArtBastokalypse de M.S. Bastian et Isabelle L
  • Les expositions des Rencontres du 9e ArtThe Absence of Eddy Table de Dave Cooper
  • Les expositions des Rencontres du 9e ArtJakob Hinrichs

Les expositions des Rencontres du 9e Art

Le fond et les formes

 

Jusqu’à fin mai, les Rencontres du 9e Art disséminent couleurs et figures pop au hasard des lieux culturels d’Aix-en-Provence : petite présentation de quelques expositions qui donnent le ton.

 

Après le tentaculaire Vivre à FranDisco l’an passé, les grands espaces de la Fondation Vasarely permettent une nouvelle expérience immersive avec l’impressionnant Bastokalypse. Cette fresque de 52 mètres offre un panorama cataclysmique, dans lequel sont convoquées des dizaines de références à notre univers culturel, toutes ayant une dimension morbide ou macabre, créant un ensemble cohérent, unies par le trait pop et le noir et blanc de l’ensemble. On y distingue donc, pêle-mêle, des figures diverses comme Mickey, Jack Skellington, le Minotaure, des membres du Klu Klux Klan… Ainsi que des références à des œuvres majeures de l’histoire de l’art : Le Jardin des Délices de Bosch, Guernica de Picasso, Le Cri de Munch, La Vague de Hokusai… Autant d’éléments qui tissent un ensemble complètement apocalyptique. Malgré la noirceur du propos et la scénographie, le tout ne provoque pourtant pas tant de malaise que l’on aurait pensé tant les figures, à mi-chemin entre un comic underground et un Walt Disney trash, revêtent un aspect familier et presque enfantin. Les scènes montrées semblent alors être des résurgences de notre inconscient collectif, un étalage des pulsions et des angoisses à demi cachées de notre univers culturel ambiant. Affichées de la sorte, unifiées, elles sont tenues à distance : on peut ainsi se permettre de se les réapproprier.

M.S. Bastian et Isabelle L. – Bastokalypse : jusqu’au 20/05 à la Fondation Vasarely (1 avenue Marcel Pagnol).
Rens. : www.fondationvasarely.fr

 

Dans la même veine, l’univers de Dave Cooper à la Cité du Livre laisse encore moins indifférent. Là encore, les espaces permettent une exposition monumentale et foisonnante, articulée autour de la projection de son court métrage The Absence of Eddy Table. L’univers tend vers le grotesque, les sourires sont proches de rictus, l’expression des émotions, exacerbée. Les couleurs sont très présentes, mais particulièrement travaillées : le trait très (trop) expressionniste est contrebalancé par les ambiances des palettes chromatiques.
Au final, malgré un aspect proche d’un conte de fées burlesque, l’ensemble s’avère en fait assez imprévisible et, de fait, angoissant. De plus, l’exposition est agrémentée d’un fonds d’archives assez conséquent qui permettront au spectateur (littéralement) subjugué de finir de s’imprégner de l’univers onirique — voire cauchemardesque — de Dave Cooper.

Dave Cooper – The Absence of Eddy Table : jusqu’au 27/05 à la Galerie Zola (Cité du Livre, 8-10 rue des Allumettes).
Rens. : www.citedulivre-aix.com / www.davegraphics.com

 

On grimpe encore d’un pas dans l’absurde avec le travail de Marco Toxico, dans lequel l’illustrateur bolivien exprime quelque chose de résolument fantastique, produit protéiforme aux inspirations multiples. L’impression psychédélique qui domine est à la fois due à l’aspect monstrueux et hybride des figures, leurs couleurs criardes et surnaturelles, ainsi qu’au fond souvent géométrique. Le résultat, tout aussi grimaçant que les figures de Cooper ou de Bastokalypse, possède un style à la fois spécifique et inventif.

Marco Toxico a été exposé jusqu’au 22/04 à l’Ecole Intuit Lab (17 rue Lieutaud).
Rens. : www.ecole-intuit-lab.com / http://mtoxico.wixsite.com/portafolio

Plus graphique, l’exposition autour des œuvres de Jakob Hinrichs aura de quoi séduire les amateurs de formes avant-gardistes mais douces. Le trait de l’artiste a quelque chose de délicat et l’ambiance, malgré les sujets parfois tourmentés, garde toujours quelque chose de léger. Ses aplats colorés et parfois transparents l’ancrent dans un style proche de la sérigraphie, tandis que ses compositions lui confèrent une parenté avec le constructivisme. On sent, d’autre part, l’importance accordée à la typographie : un intérêt fort accordé au rapport entre l’image et le texte qui exprime les liens avec le graphisme. Un mélange d’influences qui fixent le dessinateur dans son époque.

Jakob Hinrichs : jusqu’au 28/05 à la Galerie de l’Office de Tourisme (300 avenue Giuseppe Verdi).
Rens. : www.aixenprovencetourism.com / http://illustration.jakobhinrichs.com

Estelle Wierzbicki

 

Pour en (sa)voir plus : www.bd-aix.com