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<em>Jack London dans les mers du Sud</em> au Centre de la Vieille Charité Marquisiens posant à côté du gramophone des London, Île de Nuku Hiva, Marquises, 1907

Jack London dans les mers du Sud au Centre de la Vieille Charité

From London to Marseille

 

Jack London pourrait être le pseudonyme d’un agent secret. Il s’agit pourtant du vrai nom du célèbre écrivain américain, qui a laissé plus d’une cinquantaine d’œuvres derrière lui, souvent inspirées de ses voyages. L’un des plus marquants est probablement celui qu’il a effectué avec sa femme à bord du Snark. La Vieille Charité nous explique aujourd’hui pourquoi, avec cet embarquement immédiat pour les mers du Sud.

 

Une aventure peut tout autant désigner un événement impromptu qu’un projet risqué, ou encore une liaison amoureuse sans lendemain. Hormis cette dernière dimension, l’épopée de Jack London dans les mers du Sud correspond bien à ces différentes définitions.

La vie de cet écrivain aventurier fut certes courte (il est décédé à l’âge de quarante ans), mais néanmoins riche en œuvres littéraires fictionnelles et péripéties bien réelles. Toute légende ne naît-elle pas d’un fond de vérité ? Très profond, en l’occurrence. Un petit détour biographique permet ainsi de mieux comprendre ce qui a fait l’auteur. Après une enfance modeste, Jack London enchaîne dès 1890, à l’âge de quatorze ans, les petits boulots et se découvre une passion pour la mer au contact de la Baie de San Francisco, et pour les livres auprès d’une bibliothécaire d’Oakland… Après avoir été pêcheur, ouvrier et vagabond, il reprend des études littéraires et entame une série de voyages qui inspireront ses œuvres les plus connues. Ici, la nature est reine en forêt dans le Grand Nord canadien (L’Appel de la Forêt, Croc Blanc) ou en mer (Le Loup des Mers, L’Aventureuse, Les Mutinés de l’Elseneur).

Les années 1906-1907 occupent une place à part, avec l’épopée à bord du navire le Snark, de San Francisco à Sydney, qui fait l’objet de la présente exposition.

Dès l’entrée, la couleur bleu turquoise et les accrochages en bois donnent le ton. Il sera certainement question de mer et de bateau… La progression de salle en salle se fait au rythme d’un journal de bord pour le visiteur. Les pages qu’il tourne sont ici de splendides photographies en noir et blanc, des extraits de notes manuscrites, des maquettes de bateau, et des objets évoquant le marin (sextant, cloche de bateau), l’écrivain (machine à écrire), et l’anthropologue (statuts, armes, et accessoires).

Les nombreuses photographies sont saisissantes. À première vue, elles sont là pour témoigner des merveilles naturelles rencontrées entre plages idylliques et forêts mystérieuses, et pour mettre en évidence la diversité des populations et traditions locales d’une île à l’autre. La vision des embarcations sur les flots mouvementés et de leurs voiles tendues rappelle ensuite le haut degré de technicité et d’aplomb nécessaire ; une impression renforcée par le regard fier et les gestes assurés de l’auteur navigateur sur les photographies. Mais un regard plus attentif percevra également l’histoire d’un amour sincère entre Jack et sa femme Charmian, épouse et matelot de première classe, à en juger les nombreuses illustrations du couple London et de leurs sourires omniprésents.

Avec Jack London, nous vivons ainsi autant des bonheurs individuels et partagés que les difficultés d’une telle traversée. Elles traduisent bien la notion d’aventure avec un départ retardé par le tremblement de terre de San Francisco en 1906, un bateau qui prend l’eau, des maladies à répétition, un équipage qui change maintes fois de bras, et un écrivain autodidacte qui doit aussi apprendre seul les techniques de navigation… Une véritable aventure humaine.

 

Guillaume Arias

 

Jack London dans les mers du Sud : jusqu’au 7/01/2018/ au Centre de la Vieille Charité.

Rens. : www.musees.marseille.fr