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  • Festival des Arts ÉphémèresSabotage de Nicolas Debanne

Festival des Arts Éphémères

Les preuves du temps

 

Pour sa huitième édition, le Festival des Arts Ephémères livre une nouvelle vision du temps en réunissant vingt-cinq artistes autour d’une même question : qu’est-ce que l’éphémérité ?

 

Deux joggeurs en pleine course… les pieds pris dans du béton. C’est L’Enlèvement des Sabines, de Cyndie Olivares. Recouvert de peinture blanche laquée, un mannequin de sport en plastique tend le bras vers une jeune femme coulée dans la même matière. Le mythe classique se voit ici cristallisé à son point de bascule. Avant, la femme fuit. Dans une seconde, elle sera rattrapée. La nouvelle édition du Festival des Arts Ephémères tient dans une phrase de Virginia Woolf, mot d’ordre des commissaires de l’exposition : « Donner le moment tout entier ». L’éphémère, cette année, figure donc la cristallisation d’un moment, celui juste avant que l’œuvre, pourtant destinée à survivre au temps, ne disparaisse. C’est le cas de Sabotage de Nicolas Debanne. Une œuvre de béton, en spirale, évoquant un morceau d’escalier. En béton, oui, mais remplie de sable, qui va donc s’effriter et disparaître. A peine créée, l’œuvre annonce déjà sa fin. Cette esthétique de la ruine sied parfaitement aux coins et recoins du parc de Maison Blanche, écrin de verdure où les œuvres s’insèrent avec un naturel désarmant.
Certaines semblent posées là, comme si elles y étaient depuis des siècles. C’est le cas des Vestiges de Clémentine Carsberg, structures de briques disposées en rond et recouvertes d’un papier peint de William Morris, designer du XIXe siècle. Les briques semblent neuves, les motifs sont intacts. Mais les structures en cercle sont cassées et le papier peint, dépassé. « Ce sont comme des traces d’architecture. Un site archéologique, mais qui viendrait du passé ou du futur ? » La réflexion de l’artiste éveille chez le visiteur des souvenirs d’enfance, une nostalgie de maisons aujourd’hui détruites. Un moment T, un moment clé, où la réflexion prend le temps de se faire, où l’artifice de la création devient élément de nature dans la nature. Un temps qui se suspend, une œuvre qui meurt, c’est le paradoxe volontaire de cette manifestation. Hors d’une société où tout va toujours plus vite, le temps de l’éphémère s’allonge. Et rend « de plus en plus vivante la force des courants d’air et la palpation des ailes de l’oiseau qui les fend, comme si cet air était tout en crêtes, tout en rides, tout en aspérités… »

Léa Soula

 

Festival des Arts Éphémères : jusqu’au 29/05 à la mairie Maison Blanche (150 boulevard Paul Claudel, 9e).
Rens. : www.marseille9-10.fr