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	<title>http://www.journalventilo.fr &#187; Musique</title>
	<link>http://www.journalventilo.fr</link>
	<description>** Toutes vos sorties, tous les 15 jours ** Marseille + Bouches du Rhône</description>
	<pubDate>Fri, 10 Feb 2012 13:24:50 +0000</pubDate>
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	<language>fr</language>
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		<title>Retour Nashville Pussy + Headcharger au Poste à Galène</title>
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		<pubDate>Wed, 08 Feb 2012 15:42:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>damien</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Musique]]></category>

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		<description><![CDATA[Les Chattes sur une scène brûlante
Au cœur d&#8217;une tournée européenne chargée,  les Américains du quatuor Nashville Pussy en ont profité pour faire hurler leurs guitares dans le Poste. Fondé dans les années 90 en Géorgie autour du couple Blaine Cartwright (guitare/chant) et Ruyter Suys (guitare), le groupe propose un alliage délicieux entre cavalcades électriques [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Les Chattes sur une scène brûlante</p>
<p>Au cœur d&#8217;une tournée européenne chargée,  les Américains du quatuor Nashville Pussy en ont profité pour faire hurler leurs guitares dans le Poste. Fondé dans les années 90 en Géorgie autour du couple Blaine Cartwright (guitare/chant) et Ruyter Suys (guitare), le groupe propose un alliage délicieux entre cavalcades électriques à la Motörhead, solos à la ACDC et sons sudistes teintés de blues à la Lynyrd Skynyrd… Autant dire un rock&#8217;n'roll pur sucre, efficace et survolté, sans fioritures ni expérimentations. <em>Sex, fun &#038; rock&#8217;n'roll</em>, telle est leur devise.</strong></p>
<p>Un lundi soir de février en pleine Sibérie marseillaise… Les amateurs se sont déplacés en masse pour venir secouer la tête dans l&#8217;ambiance chaleureuse du Poste. Un public hétéroclite, aussi bien composé de punks, de skinheads, de <em>psychobillys</em> que de metalleux s’entasse petit à petit au cœur de la fosse. En effet, depuis leur passage en 1998 dans feu <em>Nulle Part Ailleurs</em> sur Canal+, les Chattes de Nashville jouissent d&#8217;une certaine notoriété auprès du public français.<br />
Après une première partie un peu fade, assurée par le groupe normand Headcharger, sur lequel il n&#8217;est pas la peine de s&#8217;étaler, c’est enfin l’heure ! Casquette à grillage, moustache de biker et tee-shirt Judas Priest, Blaine Cartwright fait son apparition avec un look redneck de circonstance, tandis que l’icône sexy Ruyter Suys se lance dans des solos de guitare frénétiques devant un public déjà déchaîné. Comme possédée, elle secoue sa tignasse et son décolleté plongeant en déchirant l&#8217;atmosphère de ses riffs sauvages. Le groupe maltraite ses instruments, tandis que Blaine éructe de sa voix éraillée sur des titres tels que <em>Go To Hell, Why Why Why, I&#8217;m So High, Keep on fuckin&#8217;</em> ou Go Motherfucker Go. Aucune pause entre les chansons, sauf pour s&#8217;ouvrir une petite bière… Au final : un set d&#8217;une heure et demie de pure jouissance rock&#8217;n'roll face à une salle surexcitée. On sent tout de même poindre une baisse de régime par rapport à leur dernier passage au Cabaret Aléatoire, en 2006. C&#8217;est triste mais même les rockeurs vieillissent&#8230; Ne désespérez pas, loin de se laisser abattre, les quatre Sudistes offrent encore des shows de première classe. En fait, <em>Nashville Pussy</em> est une sorte de drogue dure. On est déjà en manque.</p>
<p>Daniel Ouannou</p>
<p>_Les Nashville Pussy étaient en concert avec Headcharger le 6 février au Poste à Galène (10 rue Ferrari, 5<sup>e</sup>).<br />
Rens. 04 91 47 57 99 / <a href="http://www.leposteagalene.com ">www.leposteagalene.com<br />
</a></p>
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		<title>L’interview : Moondawn</title>
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		<pubDate>Tue, 07 Feb 2012 17:25:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>damien</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Musique]]></category>

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		<description><![CDATA[
Pedro, alias Moondawn, a une actualité assez dense ces temps-ci. Après un concert au GRIM en décembre, un autre avec Eastern Committee au Point de Bascule fin janvier, il s’apprête à jouer à jouer à l’Enthröpy et à la Tapis Vert Gallery avant d’entamer une tournée française pour défendre son dernier maxi, Neoliberalisme Destroyed My [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.journalventilo.fr/wp-content/images/Moondawn.jpg"  alt="Moondawn.jpg""  style="border:none;margin-bottom:10px" title="" /></p>
<p><strong>Pedro, alias Moondawn, a une actualité assez dense ces temps-ci. Après un concert au GRIM en décembre, un autre avec Eastern Committee au Point de Bascule fin janvier, il s’apprête à jouer à jouer à l’Enthröpy et à la Tapis Vert Gallery avant d’entamer une tournée française pour défendre son dernier maxi, <em>Neoliberalisme Destroyed My Life</em>. En y développant une folk classieuse, dans une démarche éloignée de son groupe de rock argentin Los Alamos, il rassemble ses références musicales en une identité bien perceptible. Aussi à l’aise à la guitare qu’en interview, c’est dans le brouhaha du Longchamp Palace qu’il a accepté de nous répondre.</p>
<p>Le pseudo de Moondawn fait-il référence à Moondog ou à l’album de Klaus Schulze, sorti en 76 ?</strong><br />
J’ai un peu écouté Tangerine Dream, mais Klaus Schulze en solo ne compte pas vraiment parmi mes influences, c’est trop progressif pour moi. Quand je cherchais un pseudo pour mon projet, j’ai vu ce disque, <em>Moondawn</em>, chez les bouquinistes, et la photo du dos de la pochette m’a marqué, avec Schulze et ses énormes synthés. Mais j’adore Moondog, c’est un peu un clin d’œil, d’autant que le mot lui-même me plaisait, facile à prononcer pour tout le monde.</p>
<p><strong>Le titre de ton dernier maxi verse aussi dans la référence : la bio du guitariste John Fahey s’appelle <em>How Bluegrass Destroyed My Life…</em></strong><br />
Je lisais le bouquin pendant l’enregistrement et j’ai voulu rendre hommage à Fahey, que j’adore. Et surtout, sans que cela tourne au pamphlet, je voulais parler de la situation en Argentine en 2001, qui connaissait une grosse crise économique. A cette époque, j’économisais pour préparer une tournée en Europe et à cause de la crise, mes économies ne valaient plus rien. Je voulais en parler, mais sans que cela monopolise les paroles. </p>
<p><strong>Est-ce donc à cette époque que tu as commencé à composer ces morceaux ? </strong><br />
Non, c’était juste le moment où j’ai commencé à envisager de faire de la musique en solo. Les morceaux de cet album ont été composés à Marseille, où j’habite depuis trois ans. </p>
<p><strong>Comment se fait-il que tu aies atterri à Marseille ? </strong><br />
Un peu par accident en fait, je voulais quitter l’Argentine et découvrir une autre culture. Il semblait nécessaire de renouveler l’énergie. Ma femme étant française, nous avons vécu ensemble quatre ans en Argentine et sommes venus nous installer ici. </p>
<p><strong>Ta femme fait d’ailleurs partie de Eastern Committee. Avez-vous monté ce projet en Argentine ? </strong><br />
Au début, elle jouait de la flute et du clavier dans un autre groupe plus orienté post-rock, et moi dans Los Alamos. Petit à petit, on a commencé à faire de la musique ensemble à la maison. Mais c’est en France qu’on a vraiment travaillé pour que cela devienne un vrai groupe et faire des concerts. </p>
<p><strong>Los Alamos, ça avait l’air de bien marcher en Argentine. Des vidéos sur le Net vous montrent dans de grandes salles quasi combles… </strong><br />
Oui, on était l’un des groupes indépendants les plus importants du pays. On sortait des albums autoproduits et ça marchait pas mal. On jouait souvent devant mille personnes, et pour les « mauvais » concerts, dans les 300… Ici c’est différent, 250 personnes pour un groupe indépendant, c’est énorme ! </p>
<p><strong>Los Alamos et Moondawn sont assez différents au niveau musical, mais aussi dans le message. Los Alamos paraît plus engagé politiquement, non ?</strong><br />
Il y a un côté plus rock dans Los Alamos, voire « festif », mais les textes peuvent parler de situations politiques complexes. Moondawn est plus intimiste, mais il y a ce facteur commun : le côté sombre de la société que j’observe. </p>
<p><strong>N’es-tu pas aussi un acteur de cette société ? </strong><br />
Oui, j’essaye de m’y insérer pour pouvoir la comprendre. J’ai toujours détesté les paroles des groupes qui parlent d’<em>heroic fantasy</em>, les mecs qui veulent chasser les dragons ou aller dans l’espace. C’est cool de vouloir aller dans l’espace, mais il faut avoir fait des études (<em>rires</em>). J’essaie d’écrire quelque chose de crédible et réaliste. </p>
<p><strong>Tu sembles avoir une culture musicale pointue et très éclectique. Comment gères-tu tes références en tant que musicien ? </strong><br />
Je ne pense pas choisir mes références, ce sont elles qui me choisissent. A partir du moment où je commence à composer, ça vient tout seul, et parfois, je me dis « Tiens, ça me fait penser à telle chanson »… Je citerais John Coltrane et son disque <em>Ascension</em> comme influence importante. Mais il y a des choses que j’évite, comme intégrer de la cumbia des années 60 ou du krautrock dans ma musique. Bien que j’adore les deux.</p>
<p><strong>On a souvent classé Moondown dans le « folk drone ». Ces deux styles sont pourtant très différents…</strong><br />
Le drone, on le trouve de partout. De toute façon, je l’envisage comme un genre à part entière. Par exemple, écoute (<em>bruit de ventilateur dans le bar</em>), ça, c’est du drone. Comme les travaux, les voitures, le train qui passe… J’aime bien mélanger cette conception des sons ambiants avec de la folk. J’ai aussi écouté pas mal de trucs assimilés au drone quand j’étais ado : Melvins, Black Sabbath… Spacemen 3, qui a fait quelques albums dans ce genre-là, est l’un de mes groupes préférés. Le live <em>Dreamweapon</em>, c’est quand même bien étrange. On dirait La Monte Young avec un groupe de rock. </p>
<p><strong>Comme le <em>Metal Machine Music</em> de Lou Reed. </strong><br />
Exact. Cette pochette, où l’on voit Lou Reed avec ses lunettes noires et sa veste en cuir, me fait rire. On dirait un disque de variété. J’adore l’histoire de cet album. Il paraît qu’à sa sortie, il était orné d’un sticker portant l’inscription « <em>Number of hits : none</em> ». </p>
<p><strong>Tu fais aussi partie du collectif marseillais Microphone Recordings. Comment s’est passée votre rencontre ?</strong><br />
Quand je me suis installé en France, je continuais de m’occuper de la partie musique d’un site argentin et je cherchais à connaître la scène locale pour pouvoir en parler et organiser des concerts. La première personne que j’ai rencontrée, c’était Philippe Petit, bien connu avec ses labels Pandemonium et Bip-hop. Il m’a conseillé d’aller au GRIM écouter Lightning Bolt qui y jouait la semaine suivante, mais également d’aller à l’Embobineuse voir Oh! Tiger Mountain… Je suis donc allé voir tous ces gens, on a organisé des concerts avec ma femme (<em>les soirées Sonic Boom à l’Enthröp</em>y), notamment avec O!TM, qui a attiré un monde incroyable. Ensuite, j’ai rencontré Johnny Hawaii&#8230; Maintenant, mon disque fait partie de leur catalogue. Quand on parle de Microphone Recordings, les gens savent de quels artistes il s’agit, donc c’est plutôt cool. </p>
<p><strong>Où en es-tu avec tes projets ? </strong><br />
En ce moment, je suis en train de copier des cassettes à la maison, j’en ai trouvé trente ! Je prépare une nouvelle sortie, <em>Dead to Bono, Back To Mono</em>, répertoriant dix ans d’enregistrements. Une face correspondant à 2001, l’autre à 2011.</p>
<p><strong>Bono est au courant ? Tu n’as pas peur d’un procès ? </strong><br />
Non. Au contraire, c’est lui qui m’a conseillé ce titre (rires) ! En fait, il a dit une grosse connerie la semaine dernière et ça m’a énervé. Il disait défendre la loi SOPA, qui est en train de passer aux Etats-Unis… Déjà que je trouvais le mec dégueulasse à la base… Il est multimilliardaire, il ne sait pas de quoi il parle. </p>
<p><strong>Justement, les albums de Los Alamos, Moondawn et Eastern Committee sont distribués gratuitement sur Bandcamp…</strong><br />
Effectivement, j’avais même mis mes albums en téléchargement sur Megaupload, mais maintenant, c’est foutu. Merci Bono !!! Ça me rappelle 2001, lorsque Metallica a intenté un procès contre Napster. Ça m’a rendu furieux. J’en ai jeté leurs albums à la poubelle ! Le téléchargement gratuit a permis aux petits artistes de se faire connaître de manière indépendante, et de démocratiser le rock.</p>
<p><strong>Revenons-en à tes sorties futures…</strong><br />
J’aimerais trouver un distributeur pour mes albums, pour qu’ils sortent en vinyle. J’ai envoyé des disques un peu partout, même au Japon ! D’ici le mois d’avril, j’ai dix dates prévues entre Paris, Lyon, Toulon… et après, je pars en Argentine avec Los Alamos. J’en profiterai aussi pour faire quelques dates en solo dans la périphérie de Buenos Aires. J’ai aussi un autre disque qui devrait sortir après la tournée si quelqu’un est intéressé. Ce sont six morceaux enregistrés pour <em>Neoliberalisme</em> lors des mêmes sessions au GRIM, et celui-là sera titré en espagnol, de façon critique envers l’église catholique : <em>Visiones de Una Iglesia en Llamas</em>. Mon pote Samy, qui a fait le mixage, trouve que ça ferait un super titre de black metal (<em>rires</em>) : <em>Visions of a Church in Flames</em> !</p>
<p><strong>Ça va faire de toi le Burzum argentin</strong><sup>1</sup>&#8230;<br />
(<em>rires</em>) En Argentine, il y a ce plasticien, León Ferrari, qui fait de la sculpture et des installations sonores. Son fils s’est fait tuer dans les années 70 par les militaires. Chose courante. L’année dernière, il a fait une expo à Buenos Aires avec des images de Jésus et de la Vierge. Une expo qui a beaucoup choqué, un peu comme le<em> Piss-Christ</em> de Serrano à Avignon. Et le maire a interdit l’exposition. Il faut savoir que le maire de Buenos Aires a un pouvoir très important, lié avec les extrémistes religieux. Même si l’Argentine est devenue une démocratie, il y a toujours des groupes de pression extrémistes. Ce sont des choses que l’on retrouve aussi dans d’autres démocraties… </p>
<p>Pour finir, quels concerts t’ont marqué ces derniers temps ?<br />
L’année dernière, j’avais vu Godspeed you! Black Emperor et ça a été une grosse claque. Plus récemment, j’ai adoré le concert d’High Wolf à l’Embobineuse pour le festival Nuit d’Hiver du GRIM, mais aussi William Tyler à l’Enthröpy, un concert avec plus de chiens que de personnes dans la salle ! (rires)</p>
<p>Propos recueillis par Nicolas Debade<br />
Photo : Julia Lopez</p>
<p>Rens. <a href="http://www.myspace.com/moodawnmusic">www.myspace.com/moodawnmusic</a></p>
<p>En concert avec Yann Sonic, Sunday Sunday !! et Cavale le 8 à l’Enthröpy (1 rue Consolat, 1er).<br />
Rens. <a href="http://www.enthropy.fr ">www.enthropy.fr </a><br />
En concert avec Le Groupe de Bamako, le 11 à la Tapis Vert Gallery (41 rue du Tapis Vert, 1er).<br />
Rens. 06 77 61 09 97</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_4211" class="footnote">Projet solo de black metal du Norvégien Varg Vikernes, condamné en 1994 pour incendie volontaire de quatre églises</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Confipop, premier chipmusicien marseillais</title>
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		<pubDate>Tue, 07 Feb 2012 17:11:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>damien</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Musique]]></category>

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		<description><![CDATA[
Le grand détournement
Il ne s’agit pas ici de s’extasier sur le fait de pouvoir sortir des albums et d’assurer des concerts rien qu’avec une Gameboy, bien que cela soit passionnant. Non, ce qui nous intéresse, c’est Confipop, premier chipmusicien marseillais. Pas si pop que ça.
Aujourd’hui, trop de gens font de la micromusic. Internet a fait [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.journalventilo.fr/wp-content/images/Confipop2.jpg"  alt="Confipop""  style="border:none;margin-bottom:10px" title="" /></p>
<p><strong>Le grand détournement</p>
<p>Il ne s’agit pas ici de s’extasier sur le fait de pouvoir sortir des albums et d’assurer des concerts rien qu’avec une Gameboy, bien que cela soit passionnant. Non, ce qui nous intéresse, c’est Confipop, premier chipmusicien marseillais. Pas si pop que ça.</strong></p>
<p>Aujourd’hui, trop de gens font de la micromusic. Internet a fait exploser les chiffres. Parcourez les grands sites du genre comme 8bc.org (8bitcollective) et constatez comme il est facile de s’y perdre. Du moins, composer sur Gameboy est à la portée de toutes les bourses. On s’en tire pour moins de cent euros. La persévérance, le travail et la volonté, c’est une autre affaire. Car s’il est facile de trouver un pseudo et de balancer trois morceaux composés à la va-vite sur le Net, il est plus délicat de lancer et de promouvoir un contre-courant musical à l’échelle locale. En ce domaine, Confipop en connaît un rayon : « <em>On n’a pas trop à se plaindre de l’accueil marseillais lorsque l’on souhaite organiser des soirées micromusic, on aimerait bien avoir accès à de plus grandes salles, mais c’est à nous de se bouger pour ça</em> », précise-t-il. Avec son association, le Micromusic Marseille Head Quarter, qu’il a lui-même fondé il y a six ans avec des amis comme Dubmood, il porte haut les couleurs de la culture 8bit régionale à coups de concerts (du Lounge à l’Espace Julien) et d’ateliers (notamment pour Aires Libres). « <em>Je ne suis pas un gamer à la base, je viens de la techno. La micromusic m’a attiré pour son esthétique très particulière. J’ai eu envie de travailler ces sonorités qui n’étaient pas trop exploitées à l’époque. Et puis beaucoup de musiciens techno font de la musique en se croyant libres alors qu’ils sont tributaires de machines trop adaptées, et que tout le monde possède. </em>» Ce qui n’est pas le cas lorsque l’on compose sur des logiciels pirates considérablement limités dans leurs fonctions, comme le séquenceur LSDJ, conçu pour fonctionner sur Gameboy sans les licences Nintendo, évidemment.  « <em>Il y a tellement peu de fonctions sur Gameboy que c’est à toi d’en faire quelque chose de bien, et non l’inverse.</em> » Mais tenons-nous en à Confipop, l’homme derrière la machine, autant influencé par les Spiral Tribe et Goto 80 que par les musiques pour « <em>enfants-adultes</em> » de Gangpol &#038; Mit et Jean-Jacques Perrey. On entrevoit d’ailleurs toutes ces influences dans ses morceaux, véritablement uniques, de joyeux OVNI même au sein du mouvement dont il fait partie, parfois malgré lui : « Je ne m’inclus pas vraiment dans un certain penchant du mouvement micromusic. Un penchant très pop, grandiloquent, souvent composé de gamers et d’autres nostalgiques des années 80. Après, chacun fait ce qu’il veut. Il en faut pour tous les goûts&#8230; Le seul danger, c’est que la hype pille des artistes moins connus du grand public et font de la tune en les samplant, comme Cristal Castles l’a fait avec le micromusicien Covox. » Par chance, ce n’est pas encore arrivé à notre ami marseillais. Et puis qu’ils aillent se faire voir, les voleurs à la mode : entre structures techno modernes et sonorités datant des débuts de l’ère digitale, la musique de Confipop lui permet surtout de faire la fête. « <em>Il y a du punk dans le fait de mettre une Gameboy dans sa poche et de partir jouer avec en concert. </em>» Du punk, et du fond : en se questionnant constamment sur les rapports entre art et technologie, il a développé toute une réflexion philosophique sur la décroissance, synthétisée dans ses consoles de jeux vidéo obsolètes (cinq euros aux Puces) et ses jouets modifiés à son image (<em>circuit bending</em>). « <em>Je ne tente pas d’enjoliver un son qui gratte. Bien au contraire, je veux gratter dans le numérique, dans la machine, pour l’exploiter à fond. </em>» Ses pratiques font de lui l’Antéchrist parfait de l’uniformisation technologique imaginée par Apple. Il tient d’ailleurs à nous montrer sur son ordinateur ce sur quoi il s’amuse depuis peu. Pas un jeu à proprement parler mais Extratone, un genre musical consistant, entre autres, à tailler dans le code des clips de Madonna, Britney Spears et autres popstars outrancières pour les démolir de façon jouissive, et en extirper les vérités qu’ils s’évertuent à conchier. Mais revenons-en à la micromusic, pour conclure : « <em>Ce qui me plaît tout particulièrement, c’est le fait que partout dans le monde, il y ait des passionnés qui, comme nous à Marseille, organisent des Microparties avec 100/150 personnes et font vivre une vraie sous-culture, intéressante, intelligente, moderne, qui réunit plein de choses, qui sait d’où elle vient et qui fait ça pour pas un rond.</em> » </p>
<p>Texte et photo : Jordan Saïsset	</p>
<p>Rens. <a href="http://www.confipop.com">www.confipop.com</a></p>
<p>En concert avec Debmaster et MFPinpinCoco le 16 à l’Embobineuse (11 boulevard Bouès, 3e).<br />
Rens. <a href="http://www.lembobineuse.biz">www.lembobineuse.biz</a></p>
<p><img src="http://www.journalventilo.fr/wp-content/images/Confipop.jpg"  alt="Confipop""  style="border:none;margin-bottom:10px" title="" /></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Short Cuts 293</title>
		<link>http://www.journalventilo.fr/2012/02/07/short-cuts-293/</link>
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		<pubDate>Tue, 07 Feb 2012 17:03:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>damien</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Musique]]></category>

		<category><![CDATA[Short Cuts]]></category>

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Yann Sonic + Sunday Sunday!! + Moondawn + Cavale > le 8 à l’Enthröpy
Ok, c’est le jour de la sortie de Ventilo, mais comme aujourd’hui vous n’avez rien de prévu, il ne vous reste qu’à réserver votre soirée à l’Enthröpy. Au programme : deux extrapolations folk. Moondawn (cf. p. 6 pour l’interview) et Cavale (projet [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.journalventilo.fr/wp-content/images/short-cuts-293.png"  alt="short-cuts-293.png""  style="border:none;margin-bottom:10px" title="" /></p>
<p><strong>Yann Sonic + Sunday Sunday!! + Moondawn + Cavale > le 8 à l’Enthröpy</strong><br />
Ok, c’est le jour de la sortie de <em>Ventilo</em>, mais comme aujourd’hui vous n’avez rien de prévu, il ne vous reste qu’à réserver votre soirée à l’Enthröpy. Au programme : deux extrapolations folk. Moondawn (cf. p. 6 pour l’interview) et Cavale (projet solo du chanteur de N-Twin), l’indie-rock à tendance lo-fi de Sunday Sunday!! (à ne pas confondre avec Conger!Conger!) ou la noise expérimentale de Yann Sonic. Il y en aura pour tous les goûts dans cette soirée offrant à voir ce que le scène rock DIY locale fait de mieux.<br />
<a href="http://www.enthropy.fr">www.enthropy.fr</a><br />
ND</p>
<p><strong>François &#038; the Atlas Mountains (Incisifs #2) > le 9 au Théâtre des Salins (Martigues)</strong><br />
Révélation française de la rentrée au rayon « indie », François Marry et ses trois compagnons de jeux viennent de franchir un certain palier : donner une progéniture à Dominique A, en le faisant copuler avec la crème de la scène pop moderne. Forcément métis, l’enfant se love dans un duvet de guitares ligne claire, de percussions exotiques et de groove alangui. Pour peu qu’il ne braille pas une fois arrivé sur scène, n’hésitez pas à lui donner beaucoup d’écoute.<br />
<em>E Volo Love</em> (Domino)<br />
PLX</p>
<p><strong>Egrégore + eRikm + Etienne Jaumet (Reevox) > le 10 au Cabaret Aléatoire</strong><br />
Le festival Reevox, imaginé par le GMEM et le Cabaret, est à l’image de cette soirée à deux visages. Expérimental, avec le Marseillais eRikm, qu’il n’est plus utile de présenter derrière ses platines compulsives, et Egrégore, appétissant projet en forme de « <em>symbiose entre le son et l’image</em> ». Dancefloor, avec la moitié de Zombie Zombie, accro à la <em>Kosmische Musik</em>, à la techno et aux vieux synthés. In fine, ce n’est plus un parcours, mais bien la course aux étoiles.<br />
<a href="http://www.gmem.org">www.gmem.org</a><br />
JSa</p>
<p><strong>Caravaggio + Acid Washed + Bruit Fantôme (Reevox) > le 11 au Cabaret Aléatoire </strong><br />
Soirée de Clôture du festival Reevox où cohabitent différentes façons d’appréhender l’électronique. On commence avec Caravaggio, groupe qu’on ne peut cantonner à un style, voguant entre free-jazz, metal progressif et électroacoustique… La soirée évolue avec Acid Washed et son électro mélangeant vieux synthés analogiques et nouvelles techniques de traitements sonores, un peu dans la même veine qu’Arnaud Rebotini. Cristallisée par un set de Bruit Fantôme, la soirée s’achèvera ensuite en une grande faille spatiotemporelle.<br />
<a href="http://www.gmem.org">www.gmem.org</a><br />
ND</p>
<p><strong>AVANT_RIAM > le 11 à l’Espace Julien</strong><br />
Ayant décalé ses RIAM en octobre et ne voulant pas nous laisser que les yeux pour pleurer, l’association Technè propose les Avant_RIAM. En attendant impatiemment Murcof &#038; Philippe Petit (le 6 mars), elle joue la carte de l’électro colorée, entre le beatmaker hip-hop/electronica 9th Cloud, Débruit et son hip-hop électro-ethnique, ainsi que les nouveaux venus Idéal Corpus, plus grime fluo que baile funk. Mais également celle de l’expérimentation, avec Plapla Pinky, ou lorsque « <em>Timbaland rencontre Stockhausen </em>» !<br />
<a href="http://www.riam.info">www.riam.info</a><br />
JSa</p>
<p><strong>Vision - Electronic Music Event > le 11 au Dock des Suds</strong><br />
Le Dock des Suds est un habitué des gros rendez-vous qui réunissent techno, house, dubstep et electronica en une même mêlée. Entre la Nuit Rouge, la Distropunx Party, We Are Together ! et cette nouvelle soirée, signée Vision Music, les insomniaques amateurs de bains de foule sont plutôt bien servis. Inutile de dérouler le line-up de l’évènement : trop long. Contentons-nous de préciser l’investissement de trois scènes et de plusieurs after… De quoi danser sans problème jusqu’à dix heures du mat’.<br />
JSa</p>
<p><strong>Ijahman Levi + I Wayne + Fantan Mojah > le 14 à l’Espace Julien</strong><br />
Pour une fois que l’on peut éviter le sempiternel resto/chandelles de la Saint Valentin… L’Espace Julien propose un joli plateau reggae avec notamment Ijahman Levi qui, du haut de ses trente-six albums et en continuant de bâtir sa légende débutée il y a bientôt quarante ans, demeure le pape du reggae roots. Accompagné de I Wayne, figure du new roots, et Fantan Mojah, rejeton de la David House de Capleton, ils viendront nous rappeler à quel point il est difficile de ne plus fumer dans l’Espace Julien.<br />
<a href="http://www.espace-julien.com">www.espace-julien.com</a><br />
DO</p>
<p><strong>Frédéric Nevchehirlian &#038; Infinite Livez > le 14 à Seconde Nature </strong><br />
En fin d’année dernière, nous avions dit tout le bien que nous pensons du dernier projet en date de Frédéric Nevchehirlian. La sortie de son album, une mise en musique de textes de Prévert, nous avait même permis de le rencontrer et de nous livrer à une interview que vous pouvez retrouver sur notre site Internet&#8230; Ce soir, il partagera une affiche détonante avec le Britannique Infinite Livez, prodige électro signé chez Ninja Tune, autant à l’aise avec un micro que derrière les platines.<br />
Frédéric Nevchehirlian - <em>Le Soleil brille pour tout le monde ?</em> (L’autre Distribution)<br />
SV</p>
<p><strong>Hangtime Awards 2011 > le 17 au Cabaret Aléatoire</strong><br />
A l’origine des Hangtime Awards, Mars Blackmon, animateur de l’émission <em>Hangtime</em> sur Radio Grenouille. Le principe : le public choisit les artistes qu’il veut voir programmés dans la catégorie groove/soul/funk. Les vainqueurs sont donc à l’affiche, activistes human beat box, funk et hip-hop US. A noter tout particulièrement la venue de Mr President (carrément old school) qui, une fois nommé « Best first album », s’est retrouvé dans « l’obligation » de monter son premier… live. Il n’y aura donc pas plus exclusif.<br />
<a href="http://www.radiogrenouille.com">www.radiogrenouille.com</a><br />
JSa</p>
<p><strong>Matt Elliott > le 19 à L’Embobineuse </strong><br />
Quel est le point commun entre la délicatesse de ce songwriter d’exception et un lieu ostensiblement trash comme l’Embobineuse ? Mystère… Il n’en demeure pas moins que si vous avez envie de découvrir en avant-première la teneur mélodique de <em>The Broken Man</em>, nouvel album de Matt Elliott au minimalisme affiché, il vous faudra franchir les portes de l’Enfer. Celui que l’on préfère.<br />
<em>The Broken Man</em> (Ici d’ailleurs)<br />
Nas/im</p>
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		</item>
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		<title>Pop culture</title>
		<link>http://www.journalventilo.fr/2012/01/25/pop-culture-2/</link>
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		<pubDate>Wed, 25 Jan 2012 13:39:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>damien</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Musique]]></category>

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		<description><![CDATA[
Apopcalypse
2012. Le cerveau toujours embrumé par quelques avalanches d’informations, prenons le temps de nous questionner sur l’avenir de la pop culture… et des petits oiseaux. 
Dans son brillant ouvrage Ocean of Sound, publié en 1995, David Toop propose une réflexion sur l’aspect immersif de la musique. Pour résumer, l’ambient, qui a connu une seconde vague [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.journalventilo.fr/wp-content/images/Retromania.jpg"  alt="Retromania.jpg""  style="border:none;margin-bottom:10px" title="" /></p>
<p><strong>A<em>pop</em>calypse</p>
<p>2012. Le cerveau toujours embrumé par quelques avalanches d’informations, prenons le temps de nous questionner sur l’avenir de la pop culture… et des petits oiseaux. </strong></p>
<p>Dans son brillant ouvrage <em>Ocean of Sound</em>, publié en 1995, David Toop propose une réflexion sur l’aspect immersif de la musique. Pour résumer, l’ambient, qui a connu une seconde vague au début des années 90, n’y est pas vraiment évoqué en tant que genre, mais plutôt en tant que type d’écoute. « <em>L’envie de transcender le corps est un thème dominant dans toute conversation relative à l’avenir technologique </em>», commente l’auteur…<br />
Retour en 2012. Immergés, nous le sommes. A l’ère du tout numérique, cela ne fait aucun doute. Mais dans quoi ? Il est en effet compliqué de déterminer les contours d’un présent dominé par l’immatérialité. Tant mieux ? Tant pis ? A ce sujet, <em>Rétromania - Comment la culture pop recycle son passé pour s’inventer un futur</em>, à paraître début février chez <a href="http://atheles.org/lemotetlereste/">Le Mot et le Reste</a> (maison d’édition marseillaise), fait d’ores et déjà figure de référence. Le critique musical Simon Reynolds y développe une réflexion acérée sur ce dans quoi nous sommes finalement tous plus ou moins plongés, artistes, auditeurs, connectés, enfants de la culture pop. Un grand coup de pied dans la fourmilière de la « digiculture » (qui fait suite au « <em>régime analogique</em> », précise-t-il dans un article publié dans le dernier <em><a href="http://www.chronicart.com/">Chronic’Art</a></em>), obsédée par son propre passé. Où en est-on avec la pop culture à l’heure d’Internet ? Système d’archivage atemporel, flux constant d’informations, profusion, décontextualisation… Comment interpréter et recevoir, aujourd’hui, ce qui a été déjà composé/écrit/pensé hier ? Alors, bien entendu, on se sent tous concernés et chacun y va de son petit commentaire. Le sujet est passionnant. Mais attention aux impasses, comme il l’explique en prenant MySpace pour exemple : « <em>Tout le monde parle, personne n’écoute.</em> » Prenons le temps donc.<br />
Par exemple, dans un tout autre domaine, des chercheurs ont récemment pris le temps d’analyser plus de mille chants de troglodytes maculés, pour enfin découvrir que ces petits oiseaux duettistes prennent eux-mêmes le temps d’apprendre la partition de leur partenaire&#8230; Prenons le temps, l’immersion n’en sera que plus transcendantale. Laissons à Hiroshi Yokoi, créateur de la première radio par satellite, le soin de conclure (dans <em>Ocean of Sound</em> toujours) : « <em>Je pense que les personnes liées à l’activité des médias ont une obligation importante à remplir. Celle de saisir pleinement l’esprit de cette période. Et en même temps d’employer leur pouvoir d’imagination et leurs compétences pratiques pour créer une vague de rêve.</em> » </p>
<p>Jordan Saïsset  </p>
<p><img src="http://www.journalventilo.fr/wp-content/images/couv_retromania.jpg"  alt="couv_retromania.jpg""  style="float:left;border:none;margin-right:10px" title="" />Simon Reynolds - <em>Rétromania - Comment la culture pop recycle son passé pour s’inventer un futur</em> (Le Mot et le Reste), disponible en librairie dès le 9/02.</p>
<p>David Toop - <em>Ocean of Sound - Ambient music, mondes imaginaires et voix de l&#8217;éther</em> (Kargo).</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Revue des sorties musicales sélectionnées</title>
		<link>http://www.journalventilo.fr/2012/01/24/revue-des-sorties-musicales-selectionnees/</link>
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		<pubDate>Tue, 24 Jan 2012 17:41:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>damien</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Musique]]></category>

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Faim de monde ?
Vous l’avez probablement remarqué, ce numéro est — exceptionnellement — exempt de Short Cuts. Mais ne vous laissez pas abattre, et dévorez cette brève revue des sorties musicales sélectionnées par nos soins. 
Luke Vibert sera l’invité de l’Embobineuse début février, aux côtés de Poborsk et Sue Ellen Tribe. Luke Vibert… Ce nom [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.journalventilo.fr/wp-content/images/Luke-Vibert.jpg"  alt="Luke-Vibert.jpg""  style="border:none;margin-bottom:10px" title="" /></p>
<p><strong>Faim de monde ?</p>
<p>Vous l’avez probablement remarqué, ce numéro est — exceptionnellement — exempt de Short Cuts. Mais ne vous laissez pas abattre, et dévorez cette brève revue des sorties musicales sélectionnées par nos soins. </strong></p>
<p>Luke Vibert sera l’invité de l’Embobineuse début février, aux côtés de Poborsk et Sue Ellen Tribe. Luke Vibert… Ce nom rappelle pas mal de choses. Les années 90 et le trip-hop, les breaks, le sampling, l’âge d’or de Warp et Ninja Tune, l’acid bien sûr, Aphex Twin, Ceephax Acid Crew (le 16 mars !), Squarepusher, mais aussi les Moog et Jean-Jacques Perrey. Bref, résumer sa carrière paraît compliqué en peu de lignes. Trop d’influences, trop de pseudos, trop de disques. Un artiste majeur. Ecouter <em>Sci-Fi Staircase</em> de Wagon Christ (un de ses pseudos, donc) serait une bonne entrée en matière. Sept minutes suspendues entre space Moog, routine acid TB-303, basses vrombissantes et breaks sautillants. Mais cela reste réducteur, donc venez à l’Embobineuse pour mieux saisir de quoi il retourne vraiment. D’autant que l’on pourra s’y rencontrer, l’équipe de <em>Ventilo</em> profitant de l’occasion pour y fêter les dix ans du journal (oui, encore). Petit retour dans le passé (du futur), le 27 janvier, pour Sonic Boom, apéro musical animé par Dj Autobahn (indie folk, psyché, krautrock suffisent à nous convaincre) chez nos amis du Lollipop Music Store. Rendez-vous dominical est donné le 5, où les uns se rendront au Poste à Galène pour la folk cotonneuse de Jono McCleery (écurie Ninja Tune, encore) aux côtés du très soul/jazz Nostalgia 77, tandis que les autres iront à la Galerie Tapis Vert pour la troisième édition des Noise Meeting, afin de rencontrer des « <em>représentants de la scène noise au sens le plus large du terme</em>. » Sans oublier, bien sûr, le tout nouveau festival Reevox (voir ci-contre), dernier né du GMEM, qui nous donne trois rendez-vous sur la quinzaine. A propos de quinzaine, prenons un brin d’avance sur celle du prochain numéro pour découvrir Moondawn (si ce n’est déjà fait), projet solo d’un des deux membres d’Eastern Committee, artiste folk sorti du label marseillais Microphone Recordings (Oh ! Tiger Mountain, Johnny Hawaii, Deschamps…), un album de très bon augure en poche. Il jouera le 8 à l’Enthröpy aux côtés de Sunday Sunday !!, Cavale et YannSonic. Adieu, et à dans deux semaines. </p>
<p>Texte : Jordan Saïsset<br />
Photo : Luke Vibert</p>
<p>• Luke Vibert + Poborsk + Sue Ellen Tribe + 10 ans Ventilo ! : le 4/02 à l’Embobineuse (11 Boulevard Boués, 3e). Rens. 04 91 50 66 09 / <a href="http://www.lembobineuse.biz">www.lembobineuse.biz</a></p>
<p>• Sonic Boom : le 27/01 au Lollipop Music Store (2 Blvd Théodore Thurner, 6e). Rens. 04.91.81.23.39 / <a href="http://lollipopmusicstore.fr">http://lollipopmusicstore.fr</a></p>
<p>• Jono McCleery + Nostalgia 77 feat. Josa Peit : le 5/02 au Poste à Galène (103, rue Ferrari, 5e). Rens. 04 91 47 57 99 / <a href="http://www.leposteagalene.com">www.leposteagalene.com</a></p>
<p>• Noise Meeting #3 : Sébastien Bouhana + Charlotte Benedittini + Damien Sorrentino : le 5/02 à Tapis Vert (41 Rue Tapis Vert, 1er). Rens. <a href="http://41tapisvert.wordpress.com">41tapisvert.wordpress.com</a></p>
<p>• Moondawn + Sunday Sunday !! + Cavale + YannSonic : le 8/02 à l’Enthröpy (1 rue Consolat, 1er). Rens. <a href="http://enthropy.fr">enthropy.fr</a></p>
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		<title>Par hasard, pas rasé de Philippe Duquesne et Camille Grandville au Théâtre de la Criée</title>
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		<pubDate>Tue, 24 Jan 2012 17:35:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>damien</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Musique]]></category>

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Comment lui dire adieu
Figure emblématique des Deschiens, Philippe Duquesne se frotte au répertoire de Gainsbourg et s’y pique avec jubilation.
Camille Grandville, qui a mis en scène Par hasard et pas rasé, le décrit comme un spectacle musical ou, plus précisément, un « cabaret musical ». De cabaret, il en est question, quand Francky et son [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.journalventilo.fr/wp-content/images/Par-hasard-pas-rase.jpg"  alt="Par-hasard-pas-rase.jpg""  style="border:none;margin-bottom:10px" title="" /></p>
<p><strong>Comment lui dire adieu</p>
<p>Figure emblématique des Deschiens, Philippe Duquesne se frotte au répertoire de Gainsbourg et s’y pique avec jubilation.</strong></p>
<p>Camille Grandville, qui a mis en scène <em>Par hasard et pas rasé</em>, le décrit comme un spectacle musical ou, plus précisément, un « cabaret musical ». De cabaret, il en est question, quand Francky et son orchestre, à savoir trois musiciens et deux choristes, s’approprient une scène de province comme des professionnels de bals. La petite troupe entame alors les répétitions, les balances et échange quelques bons mots, quelques verres puis les notes arrivent&#8230;<br />
De la musique, donc, et les paroles de Gainsbourg qui claquent sur les planches.<br />
Au fil de la représentation, Duquesne rencontre Gainsbourg et devient même Gainsbarre avec sa chemise en jean sur le dos, sa clope au bec et son air mal rasé. Cette incarnation n’est pas du déguisement, il devient «<em> le fantôme du grand Serge</em> », avant tout grâce à une gestuelle, un timbre de voix et le talent qui est le sien.<br />
L’auditoire ne peut, au fil de la représentation, se retenir de fredonner, de battre le rythme avec ses pieds, sa tête ou ses mains et applaudir sans retenue Francky, alias Gainsbourg, alias Gainsbarre, et son orchestre.</p>
<p>Texte : Christelle Giudicelli<br />
Photo : Philippe Delacroix </p>
<p><em>Par hasard, pas rasé </em>de Philippe Duquesne et Camille Grandville : jusqu’au 28/01 au Théâtre de la Criée (30 Quai Rive Neuve, 7e). Rens. 04 96 17 80 00 / <a href="http://www.theatre-lacriee.com">www.theatre-lacriee.com</a></p>
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		<title>Bilan Concerts 2011</title>
		<link>http://www.journalventilo.fr/2011/12/14/bilan-concerts/</link>
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		<pubDate>Wed, 14 Dec 2011 15:12:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>damien</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Musique]]></category>

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		<description><![CDATA[
Godspeed you! Black Emperor > Le 28/01 à l’Espace Julien
Fin janvier, en pleine période creuse : une file d’attente interminable devant l’Espace
Julien. Ce soir, les gourous du rock alternatif canadien, figures de proue du label Constellation, donnent un concert unique dans le grand sud. On se déplace de loin, car ils témoignent d’une contestation sourde [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.journalventilo.fr/wp-content/images/bilan-musique-2011.png"  alt="bilan-musique-2011.png""  style="border:none;margin-bottom:10px" title="" /></p>
<p><strong>Godspeed you! Black Emperor > Le 28/01 à l’Espace Julien</strong><br />
Fin janvier, en pleine période creuse : une file d’attente interminable devant l’Espace<br />
Julien. Ce soir, les gourous du rock alternatif canadien, figures de proue du label Constellation, donnent un concert unique dans le grand sud. On se déplace de loin, car ils témoignent d’une contestation sourde qui résonne foutrement avec son époque. Des morceaux de vingt minutes en moyenne, traversés de déflagrations et couplés à des projections qui appuient la dimension apocalyptique de l’ensemble : on connaît. Mais tant qu’il y aura des groupes pour dire non avec autant d’intelligence et d’humanité, il y aura de l’espoir. « Hope », après deux heures et demie de fracas sonique, il fallait l’écrire.</p>
<p><strong>Morton Subotnick &#038; Lillevan > Le 6/02 au GMEM, dans le cadre des RIAM</strong><br />
Du haut de ses 78 ans, Subotnick est probablement l’un des pères de la techno. C’est en tout cas le premier à avoir introduit des « rythmes réguliers » dans des improvisations purement électroniques, tirées de la célèbre Buchla 200 (un synthé modulaire conçu à partir de ses suggestions par son ami, Don Buchla). La plus célèbre,<em> Silver Apples of the Moon</em> (1967), était donc à l’origine de cette performance. Quel choc de (re)découvrir sur scène la portée novatrice d’un tel chef d’œuvre, transcendant plusieurs générations d’amateurs de musique électronique ! Bien plus qu’un voyage dans le temps, une renaissance.</p>
<p><strong>Thee Oh Sees > Le 9/05 à La Machine à Coudre, dans le cadre du festival B-Side</strong><br />
Figure actuelle emblématique du rock garage, le quatuor californien a su se mettre la Machine dans la poche. En premier lieu, c’était l’occasion de les rencontrer dans l’intimité d’une petite salle chaleureuse (ils ont l’habitude d’évoluer dans de plus grands espaces : le Primavera Sound Festival, All Tomorrow’s Parties…), puis de constater que cette recette, certes classique (les Cramps en tête), fait toujours terriblement mouche. On ne peut maintenant que vous orienter vers leur dernier album, <em>Castlemania</em>, sorti juste après leur passage dans une ville qui ne les oubliera pas de sitôt.</p>
<p><strong>Cowboys From Outerspace + Holy Curse > Le 26/05 à La Machine à Coudre</strong><br />
La soirée devait être sans surprise, réunissant deux groupes marseillais qui se produisent fréquemment dans le coin. De quoi passer un agréable moment, le comptoir de la Machine à portée de coude. Mais la grâce opère toujours quand on s’y attend le moins. Les Cowboys entament un set rock’n’roll endiablé dont ils ont le secret, emballant le public par leur redoutable d’efficacité. Quant aux Holy Curse, dont c’était là le dernier concert, ils nous ont laissé une impression de gâchis de ne pas avoir découvert plus tôt leur rock catchy, puissant, entêtant. Bref, une véritable claque.</p>
<p><strong>Shellac + Helen Money > Le 24/05 à l’Espace Julien</strong><br />
En première partie, la violoncelliste Helen Money démarre hélas à l’heure de l’ouverture des portes devant une salle encore vide, nous immergeant dans une ambiance à la Twin Peaks&#8230; Puis vient le tour de Shellac — le groupe du fameux Steve Albini, dont la réputation n’est plus à faire (il a produit Nirvana, les Pixies, PJ Harvey, NIN…) — qui nous gratifie d’un set étonnant, attendu par les Marseillais depuis près de vingt ans. Le trio explore sa discographie, passé maître dans le genre rugueux, brut et direct. Comme une énorme claque donnée par un bûcheron.</p>
<p><strong>Beirut > Le 12/07 au Théâtre antique d’Arles</strong><br />
Tout était pourtant réuni pour passer une soirée magique : une virée entre amis, une douce nuit d’été, un décor merveilleux, un public au rendez-vous, des filles court-vêtues et la venue de Beirut, tous cuivres dehors. Mais voilà, c’était sans compter avec les moustiques, ces insectes gonflants, volants et piquants, qui passèrent au supplice toute l’assistance, sans exception, venant s’échouer sur la foule, tels des kamikazes d’Al-Mosqita. Cela dit, on a adoré le concert, hum, entre deux averses&#8230; Une soirée magique ? Tu p<em>Arles</em> !</p>
<p><strong>Portishead + Mogwai > Le 19/07 aux Arènes de Nîmes</strong><br />
On passera sur la prestation moyenne des post-rockers de Mogwai (certes desservis par le jour et le vent) pour s’en tenir à celle des Bristoliens. De leur dernier passage dans le coin (au Dôme en… 1998 !), ils nous avaient laissés le souvenir d’une puissance scénique rare, portée par la bouleversante Beth Gibbons. Rebelote cette année dans le cadre enchanteur des Arènes de Nîmes, parfait écrin pour accueillir les subtiles pépites trip-hop des éminences grises du genre. L’occasion de (re)découvrir toutes les richesses du mésestimé <em>Third</em> et, surtout, de frissonner à l’écoute de ces merveilles sonores, dont la noirceur le dispute à l’éclat.</p>
<p><strong>Kruder &#038; Dorfmeister > Le 23/07 au Théâtre antique d’Arles</strong><br />
Depuis leurs fameuses <em>K&#038;D Sessions</em> (1998), les Autrichiens Kruder &#038; Dorfmeister s’étaient payé le luxe de partir chacun en solo, récoltant régulièrement les dividendes de cette pierre angulaire du « downtempo ». Leur supposé album ? L’arlésienne des années 2000. Quelle surprise, donc, de les voir annoncés pour un « live »&#8230; Et quel choc ! En lieu et place du show pépère attendu, les deux hommes ont montré toute l’étendue de leur savoir-faire sonore, du groove le plus moelleux à la bossa-house la plus scotchante. Un son extraordinaire (en plein air !), appuyé par une scénographie avec mur de leds (hallu totale) : le futur était à nos portes.</p>
<p><strong>Cheveu + Motto > Le 28/10 au Poste à Galène, dans le cadre du festival Chhhhhut</strong><br />
En première partie, le duo basse-batterie de <em>mathcore</em> Motto envoie sévère, depuis le milieu de la fosse où il s’est installé. Quant au style difficilement définissable — un mélange improbable des genres — des joyeux drilles de Cheveu, il fait étrangement l’unanimité. Une bonne partie du public se met à gesticuler compulsivement sans trop comprendre pourquoi, comme si la désinhibition s’associait à la parade amoureuse d’un lamantin dans un ballet russe. Une fois la transe terminée, chacun rentre chez soi, pour enfin réaliser qu’il s’est ce soir-là passé quelque chose de spécial. </p>
<p><strong>Honest Jon’s Chop Up > Le 30/10 au Dock des Suds, dans le cadre de la Fiesta</strong><br />
C’était l’événement de la vingtième Fiesta des Suds : une date unique en France du projet initié par Damon Albarn (Blur/Gorillaz) avec de nombreux musiciens majoritairement issus de la « world » (dont la divine chanteuse malienne Fatou). Au final, sans doute à cause du manque de rodage, on a davantage eu l’impression d’assister à une présentation de ces différents univers qu’à une véritable fusion. Celle-ci, appuyée par la formidable section rythmique de Tony Allen et Flea, ne s’est en fait produite que sur la fin du concert, donnant à entendre ce fantasme de musique « totale », érigé sur la pulsation afro originelle. Mais dans l’intention¬, l’un des concerts de l’année, sans hésitation.</p>
<p><strong>Crédits photos :</strong><br />
Pirlouiiiit - Concertandco.com<br />
David Heang - www.soul-kitchen.fr<br />
www.touhid.fr<br />
Pierre Gondard</p>
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		</item>
		<item>
		<title>L’interview  - Philippe Robert</title>
		<link>http://www.journalventilo.fr/2011/12/12/l%e2%80%99interview-philippe-robert/</link>
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		<pubDate>Mon, 12 Dec 2011 11:08:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>damien</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Musique]]></category>

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		<description><![CDATA[
Philippe Robert… ce nom vous dit sûrement quelque chose. Si vous vous intéressez à la littérature musicale du moins, vous l’aurez probablement déjà croisé en rayons ou en bas d’un article. Après avoir collaboré pour de nombreux titres de la presse écrite française spécialisée (des Inrocks à Mouvement, pour ne citer que les plus connus), [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.journalventilo.fr/wp-content/images/PHILIPPE-ROBERT.jpg"  alt="PHILIPPE-ROBERT.jpg""  style="border:none;margin-bottom:10px" title="" /></p>
<p><strong>Philippe Robert… ce nom vous dit sûrement quelque chose. Si vous vous intéressez à la littérature musicale du moins, vous l’aurez probablement déjà croisé en rayons ou en bas d’un article. Après avoir collaboré pour de nombreux titres de la presse écrite française spécialisée (des <em>Inrocks</em> à <em>Mouvement</em>, pour ne citer que les plus connus), il se consacre depuis quelques années à la rédaction d’ouvrages, en proposant des discographies sélectives élaborées en parcours initiatiques, au cœur des musiques d’hier et d’aujourd’hui, tous styles confondus. Invité début décembre au Daki Ling pour animer une séance d’écoute collective organisée par le GRIM et l’AMI, afin de marquer la sortie de son nouveau bouquin <em>Folk et renouveau, une balade anglo-saxonne</em> paru aux éditions marseillaises Le Mot et le Reste, nous nous sommes longuement entretenu avec lui.</p>
<p>Peux-tu te présenter comme tu te présenterais à des personnes que tu viens de rencontrer ?</strong><br />
J’ai beaucoup de mal avec ça. Déjà, j’ai un boulot à côté, qui me prend beaucoup de temps, donc le principal de mon activité, ce n’est pas d’écrire des livres, même si c’est ce qui m’intéresse le plus. Je ne vis pas de l’écriture et je ne me présente pas comme un auteur. J’en ai un peu vécu à l’époque où je travaillais dans la presse, mais je ne me suis également jamais considéré comme un journaliste, tout au plus comme un collaborateur free-lance. Pour ceux dont je me souviens de tête, j’ai bossé pour <em>Les Inrockuptibles, Vibrations, Jazz Magazine, Mouvement, Revue &#038; Corrigée, Guitare &#038; Claviers, Batteur Magazine</em>… Et puis j’ai surtout travaillé pour des fanzines plus ou moins connus comme Octopus, des choses plus underground comme Ortie. J’ai commencé avec les fanzines, mon propre titre bien sûr, <em>Numéro Zéro</em>, mais aussi celui de Marie-Pierre Bonniol, <em>Supersonic Jazz</em>, anciennement installé à Marseille. J’ai peut-être été professionnel à une époque, donc, mais je n’ai jamais revendiqué ce statut, tout comme je ne revendique pas, aujourd’hui, le statut d’auteur. J’écris des livres pour partager des choses et y voir plus clair dans ma discothèque, principalement. Et je préfère plutôt discuter avec les gens que de me présenter de quelque manière que ce soit.</p>
<p><strong>Comment présenterais-tu ton dernier livre, <em>Folk &#038; renouveau, une balade anglo-saxonne</em> ?</strong><br />
Tout d’abord, je n’ai pas écrit ce livre tout seul, mais avec Bruno Mellier, un ami de longue date, que j’avais interviewé pour <em>Revue &#038; Corrigée</em>, car il est musicien. Il organise désormais, entre autres, le festival Les Musiques innovatrices à Saint-Etienne. Mon premier bouquin, <em>Rock, Pop, un itinéraire bis en 140 albums essentiels</em>, toujours chez Le Mot et le Reste, faisait déjà la part belle au folk. Puis j’ai sorti plusieurs livres, et Yves Jolivet, le fondateur de la maison d’édition, m’a proposé d’écrire un livre sur le folk. Et même si à l’époque j’aurais préféré écrire un livre sur le psychédélisme, l’idée a finalement germé. Ce qui était important pour Bruno et moi, c’est que ce ne soit pas un livre de plus sur le folk ; la notion de « renouveau » est d’autant plus importante que le folk, si on le regarde bien, tout au moins au XXe siècle — on commence le bouquin en 1927 —, n’est qu’une succession de renouveaux et d’allers-retours, notamment entre les Etats-Unis et le Royaume-Uni.</p>
<p><strong>A propos, malgré le fait que le folk soit traditionnellement anglo-saxon, penses-tu qu’il y avait, à l’époque, une culture folk française ? </strong><br />
Oui, bien sûr. Il y a des groupes de folk français historiques, issus des années 70. Il y a même un livre assez peu connu qui, il me semble, a été édité par la Librairie Parallèle à Paris, recensant tous les disques de folk sortis en France à cette époque-là. Et puis il ne faut pas oublier que nous avons un magazine nommé<em> Rock &#038; Folk</em>, et s’il s’appelle comme ça, c’est, entre autres, grâce à Jacques Vassal, qui tenait sa rubrique « Fou du folk », faisant écho de ce qui se passait en France mais pas seulement. Ok, dans<em> Rock &#038; Folk</em>, le gros de l’artillerie c’était des articles consacrés à Bob Dylan et Leonard Cohen, mais à côté de ça, Jacques Vassal pouvait parler de Malicorne, La Bamboche ou autres. En ce qui nous concerne, nous ne voulions pas trop élargir le sujet, qui nous paraît trop vaste, et puis nous ne sommes pas assez compétents en matière de folk français. Il y a très peu de spécialistes dans ce domaine. D’ailleurs, j’aimerais beaucoup livre un livre sur ce mouvement. En plus, si la majorité des vinyles de folk anglo-saxons ont été réédités, même les plus obscurs, ce n’est pas du tout le cas des français. Beaucoup coûtent désormais une fortune et sont réservés aux collectionneurs. </p>
<p><strong>Tu parles souvent de ta propre collection de disques, et tu construis, à travers tes livres, des parcours assez personnels…</strong><br />
Oui. Après, je n’ai pas beaucoup de recul là-dessus. Avec Bruno, on s’est retrouvés sur beaucoup de choses. Mais je ne pense pas que l’on soit des spécialistes du folk. On est passionnés par cette musique comme on l’est pour d’autres. On avait donc envie de proposer un parcours certes subjectif mais pas seulement. Il fallait donc également parler des disques qui ne sont peut-être pas ceux que l’on préfère mais ceux qui nous paraissent tout de même indispensables. Très franchement, je ne suis pas un grand fan de Nebraska de Bruce Springsteen, mais je pense que c’est un disque honnête, honorable, qui se devait d’être enregistré à l’époque. On a défendu tous les disques sans problèmes. </p>
<p><strong>Ce qui est particulièrement impressionnant dans tes livres, c’est le fait de brasser tous les styles : le folk, la soul, la pop, le rock, jusqu’au drone en passant par le noise, etc. As-tu « traversé » tous ces genres dans une même période ou as-tu connu des phases ? </strong><br />
Tout cela est simultané. Déjà quand j’étais au lycée, j’écoutais du rock et du jazz, et je n’ai jamais opposé l’un à l’autre. Presque tous mes potes écoutaient du rock, mais pour ma part, c’est le free jazz qui m’a ouvert à d’autres horizons. J’écoutais aussi de la musique minimale comme, entre autres, Philip Glass, La Monte Young, l’Art Ensemble of Chicago, Lou Reed… Les choses découlent les unes des autres. Quand tu t’intéresses à la musique, la diversification de ton écoute se fait fort logiquement. C’est Duke Ellington qui disait qu’il n’y a pas de mauvais genre en soi, il y a juste la bonne et la mauvaise musique. Il y a de très bons disques et des daubes dans tous les genres. Et puis je crois que les choses se décloisonnent de plus en plus, fort heureusement. Il n’y a qu’à voir la programmation d’un festival comme All Tomorrow’s Parties en Angleterre, qui choisit chaque année un curateur différent à charge de la programmation, à l’instar de Portishead une année où j’y suis allé. Et cette année donc, j’avais été surpris d’y voir des artistes comme Boris, Earth, Sunn O))) et toute cette vague. Cela restait cohérent parce que, finalement, le côté sombre de Portishead vient probablement de l’écoute de ces artistes-là. Et tu rends compte qu’à Bristol, il y a des groupes psychédéliques très intéressants comme The Heads, qui se retrouvent programmés aux côtés d’artistes comme Silver Apples, etc. Et tout cela fonctionne. Quand tu lis le sommaire du magazine <em>Wire</em> par exemple, c’est très intéressant d’avoir un article sur le psychédélisme turc et un peu plus loin un autre consacré à l’électroacoustique. Je trouve cela salvateur. Après, chacun aborde la musique comme il veut. Certains se cantonnent à une époque, d’autres à un musicien… mais ça n’a jamais été mon truc. </p>
<p><strong>Penses-tu que le rapport à l’objet disque se soit perdu avec la dématérialisation de la musique ? Dématérialisation qui aura tout de même permis à un grand nombre d’auditeurs de « se cultiver » à l’aide de bibliothèques interminables de MP3 téléchargés…</strong><br />
Je suis un peu vieux jeu, car à mon domicile, l’écoute de la musique passe par le support. J’aime bien les pochettes etc. Bien sûr, il y a un côté fétichiste dans tout cela, mais c’est la musique qui prime. Je ne suis pas non plus un collectionneur. Je n’ai rien contre le CD ni contre la dématérialisation. Je pense que le CD aura permis d’avoir accès à beaucoup de choses auxquelles on n’aurait jamais eu accès auparavant. J’éprouvais beaucoup de frustrations face à ces vitrines remplies de vinyles que l’on ne pouvait ni se payer, ni écouter tant les vendeurs craignaient la moindre éraflure. Je trouve donc très bien le fait que des labels aient pu les rééditer en CD, à des prix accessibles. Ce qui compte, c’est l’accès à la musique. J’aime l’objet disque mais si la possibilité d’accès à la musique, c’est la dématérialisation, il n’y a pas de souci.</p>
<p><strong>Quand on voit que le vinyle s’est refait une place, comment imaginer le futur de la musique ?</strong><br />
Oui, la cassette audio aussi. Après, concernant le futur, je n’en sais trop rien. Il est surtout question d’économie. C’est-à-dire que pour certaines musiques, l’économie la plus facile passe soit par le CD-R, la cassette audio, ou bien par la dématérialisation totale via le Myspace, le blog. Je suis plutôt du genre à acheter des livres et des disques, parce que j’aime ça. J’aime chiner aussi… Je trouve que le rapport à l’ordinateur manque de sensualité. Mais attention, je ne dénigre rien. Sauf, parfois, quand des amis me disent : « <em>Hier soir, j’ai téléchargé l’intégralité de l’œuvre de Luc Ferrari.</em> » Ils l’écoutent en deux jours, pour rétorquer : «<em> Celui-là il est bien, celui-là moins, celui-là un peu mieux…</em> » Je ne vois pas très bien comment on peut se faire un avis aussi rapidement sur l’œuvre de quelqu’un. C’est important de constater une évolution dans l’écoute d’un disque. Je ne sais pas si tout avoir d’un bloc, très vite, n’est pas plus préjudiciable qu’autre chose. Je n’ai pas d’opinion arrêtée sur la chose, mais j’aime bien l’idée de parcours. </p>
<p><strong>Tu écoutes de la musique à ton domicile ou en concert, mais accompagne-t-elle également tes déplacements ? </strong><br />
Je n’ai jamais écouté de musique en voiture. En voiture, j’écoute le moteur, réellement, ou bien je discute avec mon passager. Je n’écoute jamais de la musique au casque non plus, et je ne me suis jamais servi d’un walkman.<br />
<strong><br />
Revenons-en à tes livres, qui se révèlent assez impressionnants : lorsqu’on y lit la chronique d’un artiste que l’on pensait connaître sur le bout des doigts, on apprend toujours quelque chose…</strong><br />
Tout cela est lié à la lecture, qui permet de glaner des informations à droite à gauche. Il est évident que je n’ai pas rencontré tous les artistes dont je parle, un certain nombre, mais pas tous. Avant d’écrire un livre, je me nourris beaucoup. Je lis et écoute énormément de musique. </p>
<p><strong>A propos de l’évolution des styles, arrives-tu aujourd’hui à avoir assez de recul pour voir où on en est, ou bien est-ce quelque chose de très difficile ? </strong><br />
C’est quelque chose de très difficile, et de surprenant aussi. Au moment où, avec Jean-Sylvain Cabot, nous avons écrit le deuxième tome sur le metal, il était clair qu’il se passait quelque chose de l’ordre de l’expérimentation dans la sphère de ce genre. Quelque chose de nouveau. Je pense à tous ces groupes que l’on peut associer au drone, comme Sunn O))). Et je trouvais donc important d’écrire un livre sur le metal parce que cette évolution était véritablement intéressante. Mais rien n’était prévisible. Le folk qui devient l’acid folk en intégrant des musiques psychédéliques, ce n’est pas nouveau. Mais par contre, le fait qu’il intègre le krautrock, voire le free jazz, voire de l’improvisation totale, est très récent. Et tu m’aurais dit ça en 1990, je ne dis pas que j’y aurais pas cru, mais je n’y aurais pas pensé. Cela démontre, en premier lieu, que le rock est une musique toujours vivante et que le jour où il ne bougera plus, ce sera fini (rires). Mais je suis très enthousiaste. Il n’y a pas un jour où je n’écoute pas de musique, il n’y a pas un jour où je n’achète pas de disques, et je découvre tous les jours des choses très intéressantes. </p>
<p><strong>Selon toi, faut-il être un état d’esprit pour écouter un disque ?</strong><br />
Non. Pour ma part, il n’y a pas de disque du matin, de disque du soir, de disque d’été, de disque d’hiver, etc. Je me suis posé la question, mais j’ai du mal avec tout ça. J’ai également du mal avec l’idée que l’on puisse être triste après avoir écouté un disque mélancolique. Par exemple, on peut dire, à l’inverse, que ce disque est un soleil. On peut aussi dire du noise qu’il est violent, agressif. Il m’arrive pourtant d’en écouter pour m’endormir. Je trouve que le noise est une musique psychédélique, et dans tous les cas, je suis plutôt dans l’écoute immersive, qui abolit tout pathos. </p>
<p><strong>Tu maintiens cette distance pour toutes les formes d’art ?</strong><br />
Complètement. En ce qui concerne le cinéma par exemple, je suis totalement incapable de procéder par identification quant à l’histoire ou à la psychologie des personnages. D’ailleurs, j’ai beaucoup de mal avec les acteurs que l’on peut voir d’un film à l’autre… Quand je regarde un film, je regarde un film, quand j’écoute un disque, j’écoute de la musique. Certes, je m’intéresse à l’histoire de ceux qui ont composé cette musique, mais cela ne modifie en rien ma perception. D’ailleurs, je ne m’intéresse à l’histoire du disque qu’après m’être intéressé à la musique. </p>
<p><strong>Tu as des albums cultes ?</strong><br />
Oui, mais j’en ai trop pour les citer. La musique que j’ai le plus écoutée dans ma vie doit être le jazz. J’ai d’ailleurs un projet de livre sur le free jazz…</p>
<p><strong>Es-tu musicien ?</strong><br />
J’ai essayé et j’y ai mis tout mon cœur, mais ça n’a pas suffi pour avoir un résultat convaincant. J’ai par exemple joué ici (ndlr : à Montévidéo). Une expérience personnellement vécue comme une catastrophe, car j’étais bloqué par le trac. J’ai voulu, à un moment de ma vie, jouer de la musique, je l’ai fait, et j’ai pensé qu’il valait mieux que je m’arrête. Ça peut me manquer parfois, mais pas tant que ça. Je préfère très nettement écouter la musique des autres plutôt que d’en faire moi-même. Cela changera peut-être un jour, mais aujourd’hui c’est très clair.</p>
<p>Propos recueillis par Nicolas Debade </p>
<p>Disponibles en librairie, aux éditions Le Mot et Le reste :<br />
<em>Folk &#038; renouveau - Une balade anglo-saxonne</em> (avec Bruno Meillier)<br />
<em>Great Black Music - Un parcours en 110 albums essentiels</em><br />
<em>Hard’n’heavy 1966-1978 - Sonic Attack </em>(avec Jean-Sylvain Cabot)<br />
<em>Hard’n’Heavy 1978-2010 - Zero tolerance for silence</em> (avec Jean-Sylvain Cabot)<br />
<em>Musiques expérimentales  - Une anthologie transversale d’enregistrements emblématiques<br />
Post-Punk, No Wave, Indus &#038; Noise, chronologie et chassés-croisés<br />
Rock, Pop  - Un itinéraire bis en 140 albums essentiels</em> (préface de Gilles Tordjman)</p>
<p>Rens. 09 75 28 42 27 / <a href="http://www.atheles.org/lemotetlereste">www.atheles.org/lemotetlereste</a></p>
<p>Playlist de la séance d’écoute collective Nirvana #4 (proposée au Daki Ling par le GRIM et l’AMI, en guise de prélude au festival Nuit d’Hiver #9), consacrée à l’acid folk et au free folk :<br />
1- Sandy Bull - <em>Blend</em><br />
2- Pat Kilroy -<em> The Magic Carpet et Star Dance</em><br />
3- Robbie Basho -<em> Cathedral et Fleur de Lis</em><br />
4- Robbie Basho - <em>Wine Song (Sweet Wine Of Life)</em><br />
5- Perry Leopold - <em>The Absurd Paranoid</em><br />
6- James Blackshaw - <em>River Of Heaven</em></p>
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		<title>L’Interview : 1995</title>
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		<pubDate>Wed, 23 Nov 2011 11:20:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>damien</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Musique]]></category>

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		<description><![CDATA[
Ils viennent de Paris, ils ont la vingtaine et un talent certain. Les cinq MC’s (Alpha Wann, Areno Jaz, Nekfeu, Sneazzy West et Fonky Flav) et le beatmaker (DJ Lo’) de 1995 n’en sont qu’à leur premier EP, mais font déjà le buzz. Explications.
Comment vous situez-vous vis-à-vis de l’ancienne génération ?
Dans l’ensemble, on a énormément [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.journalventilo.fr/wp-content/images/1995.jpg"  alt="1995.jpg""  style="border:none;margin-bottom:10px" title="" /></p>
<p><strong>Ils viennent de Paris, ils ont la vingtaine et un talent certain. Les cinq MC’s (Alpha Wann, Areno Jaz, Nekfeu, Sneazzy West et Fonky Flav) et le beatmaker (DJ Lo’) de 1995 n’en sont qu’à leur premier EP, mais font déjà le buzz. Explications.</p>
<p>Comment vous situez-vous vis-à-vis de l’ancienne génération ?</strong><br />
Dans l’ensemble, on a énormément de respect pour ce qu’ont fait les anciens (Lunatic, Les Sages Po, etc.) et les classiques intemporels qu’ils ont produits. On a également beaucoup observé leur parcours, tant au niveau musical que commercial, afin d’éviter de commettre les mêmes erreurs que certains d’entre eux.<br />
<strong><br />
Vous sonnez très 90’s, et vous avez d’ailleurs déclaré avoir nommé votre groupe 1995 en hommage au <em>Paris sous les bombes de NTM</em>, sorti cette année-là. Ces références affichées sont-elles lourdes à porter ?</strong><br />
Oui et non. On tourne effectivement un regard vers cette période parce qu’elle a posé certaines bases dont on s’inspire, mais nos influences sont souvent beaucoup plus modernes. La plupart des gens qui ne s’intéressent pas forcément au rap imaginent que « sample = old school », mais c’est faux. Notre côté « old school » se retrouve plus, selon nous, dans notre spontanéité et la volonté de se surpasser plutôt que d’entrer dans un format commercial usé.</p>
<p><strong>Quelles sont les particularités de votre génération, dite « Internet », qui est née avec un clavier entre les mains ?</strong><br />
C’est difficile pour nous de répondre à cette question, mais il y a effectivement une différence qui se creuse ces dernières années avec les génération précédentes : il est aujourd’hui possible de faire un disque de A à Z, de le vendre et de le promouvoir sans l’aide de personne. C’est vrai que nous avons beaucoup utilisé Internet, mais plutôt de façon naturelle que par calcul marketing : on utilise Facebook dans la vie de tous les jours, le rap fait partie de notre vie de tous les jours, donc on utilise Internet pour partager notre musique ! </p>
<p><strong>Vous samplez Shurik’n, ça vous fait quoi de venir à Marseille ? Est-ce que cette ville vous évoque encore quelque chose en termes de hip-hop ?</strong><br />
IAM, la Fonky Family, s’il ne fallait citer qu’eux, sont des légendes dans le rap français, avec un nombre de classiques de fou ! On a tous <em>blasté</em> leurs morceaux, et c’était naturel de glisser des petites références dans notre disque. Avec le recul, on a samplé plutôt du rap marseillais, c’est vrai, mais là encore, ce n’était pas un calcul. En ce qui concerne le concert, comme d’habitude, on a hâte de monter sur scène, d’autant que le public marseillais a sa petite réputation. On croise les doigts pour que ça soit le feu ! (rires)</p>
<p><strong>Comment vivez-vous l’effervescence actuelle autour d’un renouveau du rap dont vous seriez l’un des porte-drapeau ? </strong><br />
C’est évidemment très flatteur que les médias s’intéressent à nous. Espérons que ça dure, même si ce qui nous motive avant tout, c’est de monter sur scène.</p>
<p><strong>Vous avez organisé votre tournée seuls, des labels importants vous ont approchés et pourtant, vous n’avez pas encore annoncé de signature officielle&#8230; Avez-vous peur de perdre cette manifeste indépendance et votre fraîcheur en signant sur une major ?</strong><br />
En effet, nous avons une forte volonté de rester indépendant, c’est pourquoi nous avons monté notre label Undoubleneufcinq, qui nous permet de produire notre musique sans contrainte. Nous sommes en pourparlers avec des majors, mais cela demande manifestement des sacrifices que nous ne sommes pas encore prêts à faire&#8230;</p>
<p><strong>Dans son nouvel album, Joey Starr s’interroge sur l’état du <em>Hip-hop</em>, déplorant l’absence de relève. Qu’en pensez-vous ? Comment vous voyez-vous dans cinq ans ? </strong><br />
Il a sûrement dû l’écrire avant qu’on sorte notre disque. <em>(rires)</em> Plus sérieusement, Internet permet justement de se rendre compte que la relève est bien là, avec des dents plus longues que jamais. Si les producteurs avaient un peu de courage et beaucoup plus de curiosité, ils n’attendraient pas qu’un groupe soit médiatisé pour lui proposer une signature. Il y a énormément d’artistes qui partagent la même passion pour la musique que nous, il suffit d’ouvrir les yeux et surtout les oreilles&#8230; </p>
<p>Propos recueillis par Virna Setta et Margaux Miracle-Solé</p>
<p>1995 : le 26/11 au Cabaret Aléatoire (Friche la Belle de Mai, 41 rue Jobin, 3e).<br />
Rens. 04 91 47 57 99 / <a href="http://www.leposteagalene.com">www.leposteagalene.com</a> / <a href="http://www.myspace.com/undoubleneufcinq">www.myspace.com/undoubleneufcinq</a></p>
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