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	<title>http://www.journalventilo.fr &#187; Cinéma</title>
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	<description>** Toutes vos sorties, tous les 15 jours ** Marseille + Bouches du Rhône</description>
	<pubDate>Fri, 10 Feb 2012 13:24:50 +0000</pubDate>
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	<language>fr</language>
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		<title>Musique(s), on tourne ! à la Cité de la Musique</title>
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		<pubDate>Tue, 07 Feb 2012 17:56:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>damien</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>

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		<description><![CDATA[La Musique du hasard
Très présente depuis quelques années dans le paysage local de la diffusion cinématographique, la structure Peuple &#038; Culture Marseille nous invite à la Cité de la Musique et au Polygone Etoilé pour deux soirées autour des rapports qu’entretiennent la musique et le cinéma.
Au sortir de la seconde guerre mondiale, le réseau Peuple [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La Musique du hasard</p>
<p>Très présente depuis quelques années dans le paysage local de la diffusion cinématographique, la structure Peuple &#038; Culture Marseille nous invite à la Cité de la Musique et au Polygone Etoilé pour deux soirées autour des rapports qu’entretiennent la musique et le cinéma.</strong></p>
<p><img src="http://www.journalventilo.fr/wp-content/images/cine%20Off%20The%20Road.jpg"  alt="cine%20Off%20The%20Road.jpg""  style="float:right;border:none;margin-left:10px" title="" />Au sortir de la seconde guerre mondiale, le réseau Peuple &#038; Culture commence à essaimer en France, bâtissant une utopie libertaire (devenue depuis bien réelle) visant à apporter le savoir, la connaissance des arts, le plaisir et l’utilité de la culture (terme aujourd’hui galvaudé et vidé de son sens) à un public trop longtemps abandonné par les arcanes de l’éducation. La plupart des pratiques artistiques y sont représentées, dont évidemment le cinéma. D’autres structures d’éducation populaire assumeront leur filiation directe à Peuple &#038; Culture, à l’instar des Groupes Medvedkine, via l’implication de cinéastes tels Chris Marker, Joris Ivens ou Jean-Luc Godard, au sein du CCPPO, dans le désir de (re)nouer le lien entre l’ouvrier et la culture. Près de soixante-dix ans plus tard, les modes d’échange ont bien sûr évolué, mais l’implication de Peuple &#038; Culture ne se dément pas, comme le prouve la fourmillante activité du réseau Marseille, pourtant créé récemment, en 2003. Un rapide coup d’œil sur le site nous permet de mesurer la densité des propositions, dont celles qui retiennent notre attention pour cette quinzaine : deux soirées autour, entre autres, de la vidéaste Manon de Boer (déjà rencontrée au détour du FID), et plus généralement de la porosité entre formes cinématographiques et formes musicales. La première, à la Cité de la Musique, est exclusivement consacrée à cette artiste d’origine néerlandaise (mais née en Inde), qui développe les voies possibles de la représentation musicale à l’écran, usant pour ce faire de différents médiums : la vidéo, l’installation plastique ou le portrait filmé. Cette approche visuelle reste assez rare, ou trop souvent malhabile. Capter l’instant de grâce où un musicien, un lecteur ou un danseur s’abandonne pleinement à son art est une gageure que relève avec brio Manon de Boer, qui a l’intelligence de ne jamais tomber dans la simple captation. On se souvient déjà que Peter Greenaway avait réalisé cette prouesse dans sa superbe tétralogie <em>Four American Composers</em>, où se croisaient Philip Glass, John Cage, Meredith Monk et Robert Ashley. Comme le rappelle la vidéaste, il est « <em>fascinant d’observer le visage de quelqu’un qui lit, qui joue de la musique ou qui pense, parce que ce sont des moments où les gens semblent oublier leur “visage social” étant si concentrés par leur activité intérieure ; des moments dans lesquels un espace mental se reflète sur le visage — la surface entre l’intérieur et l’extérieur.</em> » Quatre films seront proposés, autour des compositeurs George Van Dam, Frederic Rzewski ou John Cage. Une dizaine de jours plus tard, Peuple &#038; Culture s’invite au Polygone Etoilé afin d’approfondir cette proposition, via la projection du film de Laurence Petit-Jouvet, <em>Off The Road</em>, parcours empreint de liberté le long de toutes les routes américaines, en compagnie du grand Peter Kowald, contrebassiste free jazz de génie.</p>
<p>Texte : Emmanuel Vigne<br />
Photo : <em>Off The Road</em></p>
<p>Musique(s), on tourne ! : le 9 à la Cité de la Musique (4 rue Bernard Duboic, 1er) et le 18 au Polygone Etoilé (1 rue Massabo, 2e).<br />
Rens. 04 91 39 28 28 / <a href="http://www.peuple-culture-marseille.org">www.peuple-culture-marseille.org</a></p>
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		<title>Polar en Lumières au Cinéma Les Lumières</title>
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		<pubDate>Tue, 07 Feb 2012 17:53:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>damien</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>

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Polars X
Le cinéma Les Lumières, à Vitrolles, accueille pour la troisième année consécutive le bien nommé festival Polar en Lumières, exclusivement consacré à ce genre protéiforme, passionnant, qui a profondément marqué les arts du XXe siècle. Petit tour d’horizon.
On se souvient de l’engagement du cinéma vitrollais lors des sombres années frontistes. Aujourd’hui, ce petit mais [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.journalventilo.fr/wp-content/images/cine-Les-Chants-de-Mandrin.jpg"  alt="cine-Les-Chants-de-Mandrin.jpg""  style="border:none;margin-bottom:10px" title="" /></p>
<p><strong>Polars X</p>
<p>Le cinéma Les Lumières, à Vitrolles, accueille pour la troisième année consécutive le bien nommé festival Polar en Lumières, exclusivement consacré à ce genre protéiforme, passionnant, qui a profondément marqué les arts du XX<sup>e</sup> siècle. Petit tour d’horizon.</strong></p>
<p>On se souvient de l’engagement du cinéma vitrollais lors des sombres années frontistes. Aujourd’hui, ce petit mais non moins charmant cinéma municipal accueille pour la troisième année le festival Polar en Lumières, qui s’est donné pour but d’explorer le genre via la littérature, le théâtre, la musique et, bien évidemment, le cinéma. La manifestation s’est dotée d’un parrain permanent en la personne de Serge Scotto (accompagné du chien Saucisse), et d’un invité spécial, Patrick Raynal, écrivain et scénariste, personnage incontournable du polar « made in France ». Comme cela reste souvent le cas dans ce type d’événement régional, les organisateurs ont le souci de jongler entre exigence cinéphilique et manifestation familiale ouverte à tous publics. La programmation oscille ainsi entre vraies découvertes et propositions plus anecdotiques. Le genre a pourtant offert au cinéma ses plus belles pages (on pense à <em>Kiss Me Deadly</em> d’Aldrich ou au <em>Grand Sommeil</em> de Hawks). Parmi les projections plus secondaires de cette troisième édition de Polar en Lumières, citons <em>Les Lyonnais</em> ou <em>Omar m’a tuer</em>, pas franchement indispensables, mais arrêtons-nous sur les petites perles de l’événement, à commencer par une soirée spéciale cinéma grec, et la diffusion de trois films inédits contemporains, piochés dans une cinématographie qui a parfois du mal à franchir les frontières. Autre surprise : l’équipe invite Philippe Carrese, écrivain, cinéaste, musicien et dessinateur (ouf !), souvent cité dans ces colonnes, pour l’avant-première de son dernier opus, <em>Cassos</em>, polar tourné à Berre l’Etang. Parmi les invités de marque, citons également la présence du trop rare Rabah Ameur Zaïmèche, qui confirme, avec son sublime <em>Les Chants de Mandrin</em>, son statut de très grand cinéaste au sein d’une production hexagonale souvent trop convenue. Au menu des réjouissances cinématographiques, le spectateur curieux aura également l’occasion de (re)voir <em>Le Poulpe</em>, présenté par Patrick Raynal, le récent (et troublant) <em>Beau rivage</em>, en présence de son réalisateur Julien Donada, ou l’excellent Hitchcock <em>The Lodger</em>, proposé en ciné-concert.</p>
<p>Texte : Emmanuel Vigne<br />
Photo : <em>Les Chants de Mandrin</em></p>
<p>Polar en Lumières : jusqu’au 12/02 au Cinéma Les Lumières (Arcades de Citeaux, Vitrolles). Rens. 04 42 77 90 77 / <a href="http://www.cinemaleslumieres.fr">www.cinemaleslumieres.fr</a></p>
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		<title>Une bouteille à la mer (France – 1h39) de Thierry Binisti avec Agathe Bonitzer, Mahmud Shalaby, Hiam Abbass…</title>
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		<pubDate>Tue, 07 Feb 2012 17:49:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>damien</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>

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Si loin, si proches
Tal Levine est une adolescente comme les autres qui vit à Jérusalem. Israélienne d’origine française, elle se pose des questions sur la guerre. Quand un kamikaze se fait exploser dans un café près de chez elle, Tal prend la plume pour s’adresser à un Palestinien imaginaire, racontant ses craintes et ses espoirs. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.journalventilo.fr/wp-content/images/cine-une-bouteille-a-la-mer.jpg"  alt="cine-une-bouteille-a-la-mer.jpg""  style="border:none;margin-bottom:10px" title="" /></p>
<p><strong>Si loin, si proches</strong></p>
<p>Tal Levine est une adolescente comme les autres qui vit à Jérusalem. Israélienne d’origine française, elle se pose des questions sur la guerre. Quand un kamikaze se fait exploser dans un café près de chez elle, Tal prend la plume pour s’adresser à un Palestinien imaginaire, racontant ses craintes et ses espoirs. Elle enferme sa lettre dans une bouteille qu’elle lance à la mer comme un S.O.S. Naim, jeune Palestinien du même âge, trouve la bouteille sur une plage de Gaza. Intrigué par la lettre, il décide d’envoyer un mail à la jeune fille. Commence alors une relation épistolaire entre les deux adolescents. Entre découverte, colère et sentiments, ils vont apprendre à se connaître et tisser des liens forts en dépit du mur qui les sépare. Sans jamais se rencontrer, Tal et Naim, alias « Gazaman », apprennent à grandir ensemble. Thierry Binisti, qui avait mis en scène Eric Cantona dans <em>L’Outremangeur</em>, s’attaque ici à un sujet particulièrement casse-gueule, le conflit israélo-palestinien. Avec cette adaptation du roman de Valérie Zenatti paru en 2005, <em>Une bouteille dans la mer de Gaza</em>, il évite intelligemment de traiter le sujet épineux de la guerre en se focalisant sur la relation des deux personnages. Bien que l’on sente le conflit qui imprègne les protagonistes en toile de fond, on se passionne volontiers pour cette histoire d’amour platonique et atypique. Grâce à la langue française (cocorico !) qu’il apprend pour séduire sa belle, Naim échappera à son destin, contrairement à Tal. La naïveté avec laquelle la guerre est traitée, jouant la carte des bons sentiments, fait de ce film un objet assez inoffensif. La magie réside dans la façon très fine de raconter la belle histoire qui lie les deux personnages en dépit du désaveu de leurs familles respectives. A défaut de déchaîner les passions, <em>Une bouteille à la mer</em> offre à voir une jolie rencontre et deux beaux comédiens&#8230; Et c’est déjà pas mal.</p>
<p>Daniel Ouannou</p>
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		<title>La Désintégration (France – 1h18) de Philippe Faucon avec Rashid Debbouze, Yassine Azzouz, Ymanol Perset…</title>
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		<pubDate>Tue, 07 Feb 2012 17:47:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>damien</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>

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Réactions enchaînent
! Sortie le 15/02 !
Une cité dans la banlieue de Lille comme il en existe des dizaines en France. Ali, un étudiant sans histoire, Hamza, un « Gaulois » converti à l’islam, et Nasser, un jeune qui flirte avec la délinquance, vont faire la connaissance de Djamel, trentenaire charismatique et manipulateur. Utilisant la frustration [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.journalventilo.fr/wp-content/images/cine-La-Desintegration.jpg"  alt="cine-La-Desintegration.jpg""  style="border:none;margin-bottom:10px" title="" /></p>
<p><strong>Réactions enchaînent</strong></p>
<p>! Sortie le 15/02 !</p>
<p>Une cité dans la banlieue de Lille comme il en existe des dizaines en France. Ali, un étudiant sans histoire, Hamza, un « Gaulois » converti à l’islam, et Nasser, un jeune qui flirte avec la délinquance, vont faire la connaissance de Djamel, trentenaire charismatique et manipulateur. Utilisant la frustration provoquée par une exclusion sociale qui semble sans issue, Djamel va endoctriner les trois garçons dans une radicalisation religieuse et politique, les poussant à s’engager dans le djihâd&#8230;<br />
Présenté à la Mostra de Venise l’an dernier, le treizième long-métrage de Philippe Faucon aborde un sujet particulièrement sensible. On pense à <em>We Are Four Lions</em> de l’Anglais Chris Morris. Mais la comparaison s’arrête là, car ici, point de comédie. Dans une mise en scène épurée, dénuée de musique et filmée au plus près des acteurs, il installe une tension omniprésente dans un milieu ghettoïsé où la société extérieure semble lointaine et déconnectée. A la manière d’un gourou, Djamel manipule ses proies avec un discours bien rodé, les éloignant progressivement de leurs espoirs, de leur famille et même de leur mosquée. Epaulé au scénario par le journaliste controversé Mohamed Sifaoui, auteur du documentaire<em> J’ai infiltré une cellule islamiste</em>, Philippe Faucon a pris le parti de faire un film assez court afin de resserrer et densifier son histoire. Mais ce qu’il gagne en rythme, il le perd peut-être à cause de certaines ellipses qui rendent quelque peu caricaturale la métamorphose des personnages. Le film s’avère par ailleurs très bien servi par ses acteurs. Professionnels (dont Rashid Debbouze, frère de…) ou amateurs, ils donnent une réelle épaisseur et une rare profondeur aux personnages via des dialogues percutants tombant souvent justes.<br />
Ce film-choc aux accents de polar porte un regard cru sur l’exclusion sociale, le désespoir et l’exploitation qui peut en être faite. </p>
<p>Daniel Ouannou</p>
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		<title>Cycle Eléments terre au Château de la Buzine</title>
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		<pubDate>Wed, 25 Jan 2012 10:37:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>damien</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>

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Regain
La Ville rajoute un écran supplémentaire aux salles marseillaises, en rénovant dans le onzième arrondissement le Château de la Buzine, mythique domaine acquis par Marcel Pagnol dans les années quarante. Petit tour d’horizon de la programmation à venir.
Du bâtiment en ruine laissé à l’abandon depuis plusieurs décennies, mais habité encore par l’ombre de Pagnol, est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.journalventilo.fr/wp-content/images/cine-Buzzine-Fahrenheit-451.jpg"  alt="cine-Buzzine-Fahrenheit-451.jpg""  style="border:none;margin-bottom:10px" title="" /></p>
<p><strong>Regain</p>
<p>La Ville rajoute un écran supplémentaire aux salles marseillaises, en rénovant dans le onzième arrondissement le Château de la Buzine, mythique domaine acquis par Marcel Pagnol dans les années quarante. Petit tour d’horizon de la programmation à venir.</strong></p>
<p>Du bâtiment en ruine laissé à l’abandon depuis plusieurs décennies, mais habité encore par l’ombre de Pagnol, est né cette année l’un des plus ambitieux projets phocéens. Au cœur d’un cadre exceptionnel, le Château de la Buzine a pour vocation de reprendre le rêve de l’Aubagnais là où l’aventure s’était terminée : faire de la demeure un lieu privilégié, dédié au cinéma. Dont acte avec la création, sur 4 000 m2, d’une salle quasi-luxueuse, d’un musée dédié aux cinématographies méditerranéennes et, entre autres, d’une bibliothèque. Véritable Phœnix du septième art, ce projet marseillais, parfois critiqué, sort du bois et dévoile une programmation plutôt ambitieuse, proposant un cycle de projections construit autour des quatre éléments, soit un parcours initiatique permettant à la Buzine de revenir aux fondamentaux du cinéma. L’événement démarre en janvier par l’élément Terre, directement suivi par le Feu, l’Air et l’Eau. Chaque séquence est l’occasion de renouer avec des œuvres marquantes, parfois inégales, l’intention n’étant nullement ici d’explorer le cycle dans ses moindres circonvolutions. L’objectif est clair : le lieu est destiné au plus vaste public possible. D’où cet équilibre toujours périlleux entre exigence cinéphilique et propositions destinées au plus grand nombre. On ne boudera pas son plaisir à (re)voir en salle le chef d’œuvre de Christian Philibert, <em>Les Quatre Saisons d’Espigoule</em>, ou le sublime deuxième film de Terrence Malick, <em>Les Moissons du ciel</em> (tous deux programmés lors de la sélection Terre). Parmi les autres films incontournables de cette programmation, citons, bien sûr, <em>Stromboli</em> ou <em>Fahrenheit 451</em> (cycle Feu), <em>Les Climats</em> (cycle Air), <em>La Fille du puisatier </em>— l’hommage à Marcel Pagnol était de rigueur — ou le chant du cygne de Federico Fellini, <em>Et vogue le navire </em>(cycle Eau), présenté ici par l’écrivain Pierre Murat. Les projections seront accompagnées de conférences, rencontres et ciné-concert, qui résonneront dans les larges salles de cet édifice chargé d’histoire(s).</p>
<p>Texte : Emmanuel Vigne<br />
Photo : <em>Fahrenheit 451</em> </p>
<p>Cycle Eléments terre : jusqu’au 30/03 au Château de la Buzine (56 traverse de la Buzine, 11e). Rens. 04 91 45 27 60 / <a href="http://www.chateaudelabuzine.com">www.chateaudelabuzine.com</a></p>
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		<title>Intégrale Maurice Pialat à la Cité du Livre</title>
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		<pubDate>Wed, 25 Jan 2012 10:33:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>damien</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>

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		<description><![CDATA[
Vivre libre
L’Institut de l’Image, à Aix-en-Provence, confirme en ce début d’année la qualité de ses programmations, remarquée depuis ces dernières années : en proposant une intégrale Maurice Pialat, son équipe met en lumière une des plus belles œuvres de l’histoire du cinéma.
Il est une conviction aujourd’hui partagée par tous : Maurice Pialat fut l’un des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.journalventilo.fr/wp-content/images/cine-L-Enfance-nue-.jpg"  alt="cine-L-Enfance-nue-.jpg""  style="border:none;margin-bottom:10px" title="" /></p>
<p><strong>Vivre libre</p>
<p>L’Institut de l’Image, à Aix-en-Provence, confirme en ce début d’année la qualité de ses programmations, remarquée depuis ces dernières années : en proposant une intégrale Maurice Pialat, son équipe met en lumière une des plus belles œuvres de l’histoire du cinéma.</strong></p>
<p>Il est une conviction aujourd’hui partagée par tous : Maurice Pialat fut l’un des plus grands cinéastes de l’histoire. Son cinéma témoigne d’une intelligence hors normes, d’une finesse inouïe du regard, maître mot d’une œuvre qui n’a eu de cesse de plonger au cœur des personnages, au plus près des sentiments, sans artifices, avec une douce brutalité. Il ne filmait pas le monde original, mais originel, et laissait béantes les failles de la nature humaine. L’Institut de l’Image nous permet de (re)découvrir la force sans pareille des œuvres de Pialat, via une intégrale de ses longs-métrages, à laquelle s’ajoutent les films turcs réalisés pour le gouvernement entre 1963 et 1965. Son cinéma est un cinéma de révolte jamais aveuglé. On le disait vivement inspiré des frères Lumière. Il est vrai que les hommes et les femmes importaient plus que le temps, que son cinéma occulte parfois. Car ses personnages refusent de se laisser figer par ce temps, ou même de le fuir. Ils n’ont de cesse d’être vivants, contre la tentation du désespoir. On connaît la dureté, l’intransigeance du personnage, aussi sévère envers lui-même que ses pairs. Il reste des images fortes, notamment celles de Cannes, mais Pialat a accordé quelques rares interviews qui ont permis de pénétrer l’homme sans jamais vraiment l’atteindre. Son premier film, déjà, fut un coup de maître. <em>L’Enfance nue</em> témoigne d’une lucidité incroyable sur la société, les rapports entre les êtres et l’état de la jeunesse dans cette fin des années soixante. Il y dirige des acteurs non professionnels, qui démontreront déjà son immense capacité à laisser le comédien (reconnu ou inconnu) posséder son personnage. Il enchaîne alors avec un téléfilm sublime, en sept parties, pour l’ORTF (un peu comme si France 2 commandait une série diffusée en prime time à Léos Carax..) : <em>La Maison des bois</em>. Suivront alors une dizaine d’œuvres toutes incontournables et projetées lors de cette intégrale, dont <em>Sous le soleil de Satan</em>, Palme d’or en 1987. Ce film vient particulièrement rappeler le goût de Pialat pour la peinture, à l’instar d’un Kurosawa qu’il admirait. Cet homme fut donc, à l’image de son cinéma, libre et sans fard, refusant d’adhérer à tout mouvement et tout groupe (il exprimait de grandes réserves vis-à-vis des grands noms de la Nouvelle Vague). Un être de l’absolue liberté.</p>
<p>Texte : Emmanuel Vigne<br />
Photo : <em>L’Enfance nue</em></p>
<p>Intégrale Maurice Pialat : jusqu’au 31/01 à la Cité du Livre (8-10 rue des Allumettes, Aix-en-Provence). Rens. 04 42 26 81 82 / <a href="http://www.institut-image.org">www.institut-image.org</a></p>
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		<title>Les Nouveaux Chiens de garde - Documentaire (France – 1h44) de Gilles Balbastre et Yannick Kergoat</title>
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		<pubDate>Wed, 25 Jan 2012 10:29:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>damien</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>

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Cave Canem
Quand, en 1997, Serge Halimi fait paraître son essai Les Nouveaux Chiens de garde, la gauche vient d’arriver au pouvoir et le libéralisme financier n’est plus seulement considéré comme une idéologie, mais comme « La grande vérité ». En expliquant la collusion entre pouvoir politique, pouvoir économique et grands médias, Halimi lance un pavé [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.journalventilo.fr/wp-content/images/cine-Les-Nouveaux-Chiens-de-garde.jpg"  alt="cine-Les-Nouveaux-Chiens-de-garde.jpg""  style="border:none;margin-bottom:10px" title="" /></p>
<p><strong>Cave Canem</strong></p>
<p>Quand, en 1997, Serge Halimi fait paraître son essai <em>Les Nouveaux Chiens de garde</em>, la gauche vient d’arriver au pouvoir et le libéralisme financier n’est plus seulement considéré comme une idéologie, mais comme « La grande vérité ». En expliquant la collusion entre pouvoir politique, pouvoir économique et grands médias, Halimi lance un pavé dans la mare. Selon lui politiques, grands patrons et journalistes mangent à la même gamelle, et ces derniers, grassement payés par les différentes prestations qu’ils exercent pour des entreprises privées, sont chargés de nous convaincre qu’il n’y a plus qu’une seule alternative : accepter le libéralisme. En s’inspirant des travaux de Pierre Bourdieu et des <em>Chiens de garde</em> de Paul Nizan (1932), l’auteur tire à boulets rouges sur les plumitifs. Avec ses 250 000 exemplaires vendus, Serge Halimi ouvre une brèche et crée un nouveau courant : la critique des médias. L’association ACRIMED, le journal <em>PLPL</em> ou les travaux du documentariste Pierre Carles sont directement issus de ce mouvement. Quinze ans après, les journalistes Gilles Balbastre et Yannick Kergoat, membres d’ACRIMED, décident de faire passer l’essai du papier à la pellicule. Et c’est peu dire que le sujet passionne.<br />
Lundi 16 janvier, la fine fleur de la presse indépendante marseillaise,<em> Le Ravi</em> et <em>CQFD</em>, organisent au Variétés une projection/débat autour du film. Même si on est depuis longtemps au fait des fricotages entre médias et pouvoir, voir ces journalistes se vautrer dans le cynisme et la compromission a quelque chose de jubilatoire. Les exemples ne manquent pas… Michel Field, l’ancien trotskyste, faisant de la pub pour Casino. Isabelle Giordano qui anime une conférence pour l’organisme de Crédit Sofinco, facturée 12 000 euros, et qui invite ensuite le patron dans son émission. Arnaud Lagardere se faisant cirer les pompes en direct sur France 2 par son employé Jean-Pierre Elkabbach (à qui personne ne demande plus de se taire). Et tout ce beau monde de se retrouver pour converser tous les derniers mercredis du mois au fameux <em>Dîner du Siècle</em>…<br />
Mais les journalistes ne seraient rien s’ils n’étaient pas aidés par  de nombreux « experts ». Pas ceux de Manhattan ou de Las Vegas, non, plutôt une trentaine d’économistes, qui pour la plupart arrondissent leurs fins de mois dans conseils d’administration des grands groupes industriels, se partagent plateaux télé et colonnes de journaux pour défendre des idées aussi diverses que « <em>Il faut travailler plus, il faut démanteler l’Etat, il faut réduire les charges</em> ». Voir Jacques Attali, Alain Minc ou Michel Godet, qui comptent un millier de passages télé à eux trois en une seule année, se gargariser de la santé et de l’autorégulation du système financier mondial trois mois avant la crise des <em>subprimes</em> fait doucement sourire (jaune). Cette séquence donne à entendre les commentaires du trop rare Frédéric Lordon, sûrement l’économiste le plus intelligent de France.<br />
Le film se termine devant une salle enthousiaste. Le public semblait, il est vrai, conquis d’avance. Car, comme le fait remarquer un spectateur, «<em>Malheureusement, ici, il n’y a que les gens qui lisent, le peuple n’est pas là.</em> » Grincement de dents&#8230; Les intervenants mettent un bémol à la diatribe anti-journalistes développée dans le film. Michel Gairaud, rédacteur en chef du <em>Ravi</em>, rappelle que si la publicité dicte les choix éditoriaux des journaux, c’est bien parce qu’avec la désertion des lecteurs, elle est la principale pourvoyeuse de fonds. Pour Gilles Lucas de <em>CQFD</em>, la soumission des journalistes au pouvoir est comparable à la soumission d’un ouvrier aux contraintes capitalistes, tout le monde se tait pour ne pas perdre son boulot. Le débat se termine sur la judicieuse proposition d’un spectateur : « <em>De nos jours, la principale source d’information est l’image, il faudrait que l’école éduque aussi les élèves au décryptage de cette image.</em> »<br />
<em>Les Nouveaux Chiens de garde</em> est un film partisan c’est sûr&#8230; Mais à l’inverse de ceux qu’il dénonce, il avance à visage découvert</p>
<p>Daniel Ouannou</p>
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		<title>Millenium – Les hommes qui n’aimaient pas les femmes (Etats-Unis/Grande Bretagne/Suède/Allemagne – 2h38) de David Fincher avec Daniel Craig, Rooney Mara…</title>
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		<pubDate>Tue, 24 Jan 2012 19:19:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>damien</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>

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(Presque) Dans le mille
Etait-il bien nécessaire de proposer une autre version pour grand écran de la trilogie culte du défunt Stieg Larsson, trois ans après celle de Niels Arden Oplev ? La question se pose. Mais l’adaptation de Fincher, qui n’est plus un débutant depuis Alien 3 (1992), se démarque bien de la précédente, ne [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.journalventilo.fr/wp-content/images/cine-millenium.jpg"  alt="cine-millenium.jpg""  style="border:none;margin-bottom:10px" title="" /></p>
<p><strong>(Presque) Dans le mille</strong></p>
<p>Etait-il bien nécessaire de proposer une autre version pour grand écran de la trilogie culte du défunt Stieg Larsson, trois ans après celle de Niels Arden Oplev ? La question se pose. Mais l’adaptation de Fincher, qui n’est plus un débutant depuis <em>Alien 3</em> (1992), se démarque bien de la précédente, ne serait-ce que par sa fin, radicalement différente. Mais aussi par le choix judicieux de Rooney Mara pour incarner Lisbeth Salander, informaticienne marginale qui aide le journaliste Blomkvist dans son enquête sur la mystérieuse disparition d’Harriet Vanger. Ce n’est pas un hasard si le réalisateur a abandonné le sous-titre original, <em>Les hommes qui n’aimaient pas les femmes</em> (gardé par les distributeurs français), pour proposer le sien, <em>The Girl With The Dragon Tattoo (La fille avec le tatouage de dragon)</em>. Marqué par un passé familial et sentimental douloureux, autant que sa peau tatouée, la jeune femme passe en un instant de l’introversion à une grande violence vengeresse. Avec une certaine ingéniosité, Fincher pratique un jeu de ping-pong entre passé et présent. Les épreuves que traverse Salander aujourd’hui répondent aux évènements dramatiques d’hier, tandis que battements et tic-tac sonores marquent l’écoulement du temps à l’approche de la vérité et font écho à des flashbacks polaroïdés sans parole. Les plans d’ensemble sont aussi utilisés à bon escient pour mieux rendre compte de l’effet <em>Cluedo</em> du petit hameau constitué par les membres de la famille Vanger, chaque maison, pont ou cabane représentant une pièce du puzzle. Pour autant, Fincher, perfectionniste, rend une copie un peu trop léchée pour traduire parfaitement la noirceur de l’œuvre de Larsson. Reste deux heures trente que le spectateur ne voit pas passer — plutôt rare dans le cinéma contemporain.</p>
<p>Guillaume Arias</p>
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		<title>Bilan Cinéma 2011</title>
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		<pubDate>Wed, 14 Dec 2011 16:46:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>damien</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>

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Black Swan (Etats-Unis – 1h43) de Darren Aronofsky
Longtemps perçu comme un réalisateur atypique et pas bankable, un peu arty (?, Requiem for a Dream) ou drôle à l’insu de son plein gré (The Fountain), Aronofsky a depuis redressé la barre. Via The Wrestler, dans un premier temps, qui racontait le combat de trop d’un catcheur [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.journalventilo.fr/wp-content/images/bilan-cinema-2011.png"  alt="bilan-cinema-2011.png""  style="border:none;margin-bottom:10px" title="" /></p>
<p><strong><em>Black Swan</em> (Etats-Unis – 1h43) de Darren Aronofsky</strong><br />
Longtemps perçu comme un réalisateur atypique et pas <em>bankable</em>, un peu arty (<em>?, Requiem for a Dream</em>) ou drôle à l’insu de son plein gré (<em>The Fountain</em>), Aronofsky a depuis redressé la barre. Via <em>The Wrestler</em>, dans un premier temps, qui racontait le combat de trop d’un catcheur et, en creux, les dégâts de la chirurgie esthétique de Rourke, et <em>Black Swan</em>, cette année, son sommet (provisoire). Si ce petit bijou noir traite le même sujet que <em>The Wrestler</em>, la passion destructrice, il s’accomplit dans sa version psychotique et hystérisée, où le réalisme laisse place au fantastique, outrancier, baroque, dans la lignée des films de Polanski ou De Palma.</p>
<p><strong><em>Drive</em> (Etats-Unis – 1h40) de Nicolas Winding Refn</strong><br />
Petit ami d’Eva Mendes, fraîchement élu l’homme le plus sexy de la planète, accessoirement leader du groupe pop Dead Man’s Bones, Ryan Gosling aura également marqué l’année en illuminant les trois films dans lesquels il a joué, <em>Blue Valentine, Crazy, Stupid, Love</em> et <em>Drive</em>, qui nous aura scotchés au plus haut point. Véritable choc esthétique et leçon de mise en scène (récompensée à Cannes), <em>Drive</em> dresse aussi le sublime portrait de l’anti-héros contemporain, flottant et fonceur, incertain et sentimental, de Vic Mackey à Jason Bourne, de Jack Bauer à Dom Cobb. Un chef-d’œuvre de plus à mettre l’actif du réalisateur de <em>Valhalla Rising</em>…</p>
<p><strong><em>Hors Satan</em> (France – 1h49) de Bruno Dumont</strong><br />
Le cinéma de Bruno Dumont atteint film après film une forme plus approfondie encore de transfiguration visuelle, cherchant à éliminer le moindre espace de langage superflu, jusqu’à parvenir au dénuement le plus total. A l’instar d’<em>Hadewijch</em>, il se dégage de ce dernier opus une puissance mystique, sans qu’il y ait pourtant la moindre trace de religiosité. Les errements des personnages, dans ce paysage morne du nord de la France, se passent tellement de commentaires que le film en devient quasi-muet, à l’exception de quelques souffles de vent venant rappeler cette désolation. C’est plus que l’essence même de l’être que filme le cinéaste, c’est l’essence du cinéma.</p>
<p><strong><em>Il était une fois en Anatolie</em> (Turquie/Bosnie – 2h37) de Nuri Bilge Ceylan</strong><br />
Le cinéaste turc signe l’un de ses meilleurs films, troublante ronde de nuit aux confins de l’Anatolie. Mettant en retrait le parti pris très esthétique de ses deux derniers opus, le réalisateur fait preuve d’une grâce visuelle épurée et se joue de la temporalité dans un langage cinématographique particulièrement inspiré. La fluidité du regard, ajoutée à une densité romanesque hors du commun, permet dans cet espace-temps de développer un climat particulièrement chargé, où se mêlent l’humour (voire la bouffonnerie), le tragique, le réalisme, voire le spirituel. La plus belle leçon de cinéma de cette fin d’année.</p>
<p><strong><em>L’Apollonide</em> (France – 2h02) de Bertrand Bonello</strong><br />
Ses précédents films (<em>Le Pornographe</em> et <em>The Doll is Mine</em> en tête) nous avaient déjà interpellés sur les talents du cinéaste, plutôt bien placé au cœur d’une production hexagonale franchement désolante. <em>L’Apollonide</em> enfonce le clou. Le film orchestre une partition ciselée, où les déclinaisons du thème de la prostitution sont multiples. Au cœur de cette maison close, le désespoir côtoie le raffinement, la morale se frotte au cauchemar. Bonello fait preuve d’une maestria touchant au sublime, sans abandonner le film dans ses décors pourtant somptueux. La fragilité des êtres se dessine avec une élégance rare, sans que le regard ne porte le moindre jugement. </p>
<p><strong><em>Melancholia</em> (Danemark/Suède/France/Allemagne – 2h10) de Lars von Trier</strong><br />
Malgré les remous qui ont suivi une conférence de presse cannoise plus stupide que méchante, il n’est qu’une chose à retenir : Lars Von Trier est décidemment l’un des plus grands cinéastes de notre époque. Il signe ici une œuvre crépusculaire, qui résonne de manière troublante avec l’époque. Le film est d’ailleurs à décrypter à la lumière d’<em>Antichrist</em>, son opus précédent. Difficile de ne pas voir, dans ce mariage secoué par l’annonce d’une fin du monde, la propre dépression dont souffre le cinéaste, comme l’impossible échappée à toute forme de bonheur. Le symbolisme pictural ne plombe jamais le film, le portant au contraire dans des espaces d’expression rarement foulés.</p>
<p><strong><em>Pina</em> (Allemagne/France – 1h43) de Wim Wenders </strong><br />
Entre Wim Wenders et Pina Bausch, le désir de réaliser une œuvre commune fomentait depuis de nombreuses années. Mais le cinéaste ne se sentant pas prêt, le temps a filé, jusqu’à la disparition récente de la chorégraphe-danseuse. Alors que <em>Les rêves dansants de Pina Bausch</em> se focalisaient sur les danseurs, <em>Pina</em> est tout entier dédié au personnage, avec un souci esthétique particulier. Une démarche prenant toute son importance dans la version 3D qui, une fois n’est pas coutume, élève remarquablement le travail du réalisateur. Au-delà de l’aspect documentaire, Wenders s’interroge également sur le corps en mouvement au cinéma, jusqu’à l’hommage aux maîtres du genre.</p>
<p><strong><em>The Artist </em>(France – 1h40) de Michel Hazanavicius</strong><br />
Du <em>Grand Détournement </em>aux <em>OSS 117</em>, en passant par des collaborations avec Les Nuls, Michel Hazanavicius a su creuser son sillon dans la comédie française. L’emballement médiatique sur la Croisette avait de quoi laisser sceptique : en quoi un film muet, noir et blanc de surcroît, pourrait-il s’avérer captivant, ses effets plastiques mis à part ? Une question à laquelle le réalisateur répond avec brio, par une histoire certes entendue (grandeur et déchéance croisées de deux stars), mais qui confirme le talent comique — et physique — de ses acteurs principaux, et, surtout, dans laquelle le silence joue un rôle à part entière, grâce à une écriture habile.</p>
<p><strong><em>The Tree of Life</em> (Etats-Unis – 2h18) de Terrence Malick</strong><br />
Il est surprenant de constater que les meilleurs films de l’année ont pour beaucoup le même intérêt pour la symbolique, la transfiguration, voire le mysticisme. Le dernier film de Malick opte pour une interrogation assumée de la place de l’homme sur terre. Doublé d’un panthéisme familier dans son œuvre, <em>The Tree of Life</em> se construit en triptyque, dont le meilleur, et le plus important, reste cette tranche de vie d’une famille américaine moyenne dans les 50’s, qui répond aux deux autres et leur donne sens. Si le film a largement divisé, c’est bien parce que le paradigme développé ici ne fait appel qu’à la subjectivité des sens, et à sa propre vision du monde.</p>
<p><strong><em>Une séparation</em> (Iran – 2h03) d’Asghar Farhadi</strong><br />
Asghar Farhadi n’a pas son pareil pour représenter les (res)sentiments qui habitent ses personnages, et les raisons, plus ou moins rationnelles, qui les poussent à s’entre-déchirer. Le succès surprise du film, à la fois critique et public, tient sans doute au fait qu’il traite d’un sujet universel (une séparation, doublée d’un drame inextricable) avec pudeur, et une grande justesse dans le jeu des acteurs. La caméra se substitue à l’œil du spectateur, qui vit les drames des protagonistes et partage l’incompréhension qui les habite. Une œuvre subtile et poignante, qui ne laisse pas indifférent. Une divine comédie humaine.</p>
<p><strong>Mais aussi…</strong></p>
<p><em>L’Exercice de l’Etat<br />
Polisse<br />
Never Let Me Go<br />
Tomboy<br />
Black Power Mixtape<br />
Donoma<br />
Gasland<br />
La guerre est déclarée<br />
The ballad of Genesis and Lady Jaye<br />
Scream 4<br />
Too much pussy<br />
True Grit<br />
Waste land</em></p>
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		<title>Les RISC – Rencontres internationales Sciences et Cinéma 2011</title>
		<link>http://www.journalventilo.fr/2011/11/23/les-risc-%e2%80%93-rencontres-internationales-sciences-et-cinema-2011/</link>
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		<pubDate>Wed, 23 Nov 2011 13:03:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>damien</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>

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		<description><![CDATA[
La science dérive
L’équipe de Polly Maggoo investit la très belle salle de la Maison de la Région pour proposer la cinquième édition des Rencontres Internationales Sciences et Cinéma. Petit tour d’horizon.
Depuis cinq éditions, Polly Maggoo explore la rencontre d’un autre type entre deux disciplines, qui trouvent leur origine à la même source. Né sous les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.journalventilo.fr/wp-content/images/cine-RISC-La-java-bleue.jpg"  alt="cine-RISC-La-java-bleue.jpg""  style="border:none;margin-bottom:10px" title="" /></p>
<p><strong>La science dérive</p>
<p>L’équipe de Polly Maggoo investit la très belle salle de la Maison de la Région pour proposer la cinquième édition des Rencontres Internationales Sciences et Cinéma. Petit tour d’horizon.</strong></p>
<p>Depuis cinq éditions, Polly Maggoo explore la rencontre d’un autre type entre deux disciplines, qui trouvent leur origine à la même source. Né sous les mains inspirées de scientifiques de tout poil, le cinéma, en devenant le divertissement universel que l’on connaît, a oublié l’une de ses fonctions premières : interroger le vivant, offrir une reproduction projetée de ce que l’œil observe, sans parfois le voir. Avant de devenir spectacle, le cinéma avait déjà inventé son langage par le biais des scientifiques, comme en témoignent les travaux d’Eadweard Muybridge ou Etienne-Jules Marey. Il était donc tout naturel qu’un évènement interroge tous les points de convergence existant entre cinéphile et chercheur. L’un des axes de cette nouvelle programmation est de toucher du doigt la condition de l’homme mortel. Ou comment se dessinent toutes les réactions comportementales face à la disparition pure et simple de notre existence. La croisée des chemins entre expression artistique de la mort et cheminement scientifique se révèle alors passionnante, jamais rébarbative, ni sordide. En laissant à la maladie une place non négligeable dans cette édition, l’équipe de Polly Maggoo prend le risque de développer un thème souvent tabou dans le domaine de l’image. Les finesses d’approche ne manquent pas, pourtant, comme dans les très beaux films de Sophie-Charlotte Gautier et Anne Loubet (<em>La java bleue</em>, sur Alzheimer), d’Hervé Nisic (<em>Correspondances</em>) ou d’Emmanuel Finkiel (<em>Je suis, histoire d’un AVC</em>). De maladie et de mort, il en est aussi question dans le chef-d’œuvre de Peter Watkins, La bombe, brûlot anti-nucléaire de 1965, dont la relecture résonne évidemment avec l’actualité. Le cinéaste décrit avec une froideur toute démonstrative les conséquences d’un combat nucléaire sur la population, usant du docu-fiction pour mieux pénétrer l’abomination de cette apocalypse. L’atome est également au cœur du film de Benoît Bourreau, <em>Le chant des particules</em>, qui revient sur les travaux vertigineux des accélérateurs de particules, destinés à percer l’origine de l’univers. Mais c’est dans le champ de l’image, aux frontières de l’expérimental, que le cinéma scientifique atteint une forme inédite de poésie, à l’instar de <em>Parallax</em> d’Inger Lise Hansen, qui se joue de la gravité au moyen d’une caméra 16mm, pour offrir une technique d’animation à la puissance onirique inouïe. Car la perception des sens est une interrogation dans les deux disciplines, comme en témoigne le film de Sabine Bally, sur Albert Hofmann, le père du LSD, décédé voilà trois ans. Au total, plus d’une trentaine de films venant nous rappeler les définitions même de la poésie scientifique.</p>
<p>Texte : Emmanuel Vigne<br />
Photo : <em>La java bleue</em> de Sophie-Charlotte Gautier et Anne Loubet</p>
<p>Les RISC – Rencontres internationales Sciences et Cinéma : jusqu’au 27/11 à la Maison de la Région (31 La Canebière, 1er).<br />
Rens. 04 91 91 45 49 / <a href="http://www.pollymaggoo.org">www.pollymaggoo.org</a></p>
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