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juin 2010

[29 juin 2010] Festival International du Documentaire

Pour cette nouvelle édition, le FID gravit un pas supplémentaire vers le Panthéon des festivals internationaux de documentaires, en s’offrant le luxe de proposer une programmation exclusivement constituée d’œuvres projetées en première mondiale. Des promesses de la compétition officielle aux surprises des écrans parallèles, force est de reconnaître que s’annonce ici un très grand cru pour le FID. On appréciera parmi la sélection officielle une belle représentation du cinéma sud-américain, ainsi que du bassin méditerranéen. Au total, une trentaine de films concernant toutes les compétitions confondues (avec au sein du jury de beaux invités, d’Abderrahmane Sissako à F.J. Ossang), et de nombreuses œuvres présentées lors des écrans parallèles, telle cette brillante rétrospective Ritwik Ghatak, sémillant cinéaste indien d’après-guerre. Science et image viendront flirter sous influence lévi-straussienne, avec cet écran « Anthropofolies » où se côtoieront, parmi de nombreux autres cinéastes, Rouch, Godard ou Harmony Korine. L’équipe de Jean-Pierre Rehm nous posera également la question de la représentation de la musique à l’écran, thématique souvent casse-gueule, pour l’emporter haut la main avec une vingtaine d’œuvres des plus pertinentes. De nombreuses autres propositions feront alors de cet événement exceptionnel une parenthèse de cinéma formidablement dense et nourricière.

Emmanuel Vigne

Du 7 au 12/07. Rens. 04 95 04 44 90 / www.fidmarseille.org

[29 juin 2010] Images Contre Nature

Dix années n’ont pas terni cette fièvre de l’image qui anime la belle équipe de P’Silo, bien décidée aujourd’hui à voir l’aventure explorer d’autres espaces. Nouvelle édition, nouveau lieu investi (le Théâtre des Chartreux), nouveaux films, nouvelles propositions, et pourtant cette inexorable fidélité. Fidélité à la rigueur d’une programmation qui reste la colonne vertébrale du festival, fidélité à certains cinéastes (Emmanuelle Sarrouy, Jean-Paul Noguès, Augustin Gimel…), fidélité aux structures marseillaises partenaires. Les soixante-quatorze vidéos expérimentales qui vous sont proposées cette année, couvrant plus d’une vingtaine de pays, restent orchestrées par les six programmes habituels — une classification qui atteste déjà de l’intelligence du regard —, soient Espace, Identité, Mouvement, Perception, Sens et Temps. Dans ce cadre, le langage de l’image se décline jusqu’à l’extrême, s’ouvre aux questionnements, à l’âme, à ses champs du possible, à son infini hors champ. Images contre Nature est un voyage de rythme, de cadrage, de montage, de couleur, d’incrustation, de superposition, de traitement du son, un voyage au-delà de l’image même. Parmi toutes les surprises annexes que nous réserve cette édition, l’invitation offerte, sous forme de carte blanche, aux quatre structures de renom que sont Circuit Court, Heure Exquise, Les Instants Vidéo et Le peuple Qui Manque, témoignera de l’engagement toujours solide que manifeste l’équipe de P’Silo vis-à-vis des questions de création, d’archivage et de diffusion des œuvres vidéo.

Emmanuel Vigne

Du 13 au 17/07. Rens. 04 91 42 21 75 : www.p-silo.org

[29 juin 2010] Festival de Marseille : les installations

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Pluriartistique, le Festival de Marseille ne nous offre pas seulement l’occasion de découvrir des spectacles de danse à la croisée d’autres disciplines (musique, vidéo, performance…), il accueille également des installations et des projections vidéo qui tissent et déploient, différemment, les multiples rapports des corps à l’espace. Les vidéos de Marie Reinert explorent deux mondes du travail — celui des Archives départementales d’Ille-et-Vilaine dans Faire et celui d’un équipage ukrainien effectuant des traversées Marseille-Alger dans Roll-On, Roll-Off — d’une façon très singulière, tant la dynamique des corps au travail entre en correspondance étroite avec le lieu dans laquelle elle se déploie. Les frontières entre mouvement moteur et geste expressif, déplacement et chorégraphie, tout comme celles entre agencement factuel et signification symbolique d’un lieu se déplacent et interagissent au gré des mouvements de caméra et des rythmiques gestuelles et sonores. L’installation de l’artiste japonaise Yayoi Kusama nous laisse quant à elle sans voix, en nous invitant à pénétrer dans un lieu merveilleux où la sensation d’un espace infini (créé grâce à un jeu de lumières, de reflets et de miroirs) et le plaisir de la perte de repères spatiaux concourent à nous donner l’impression que le temps s’est arrêté dans ce lieu où l’on a simplement envie de rêver.

Texte : Elodie Guida
Photo : Infinity Mirror Room Fireflies on the Water de Yayoi Kusama

Marie Reinert - Roll-On, Roll-Off : jusqu’au 6/07. Palais de la Bourse (9, La Canebière, 1er).
Yayoi Kusama - Infinity Mirror Room Fireflies on the Water / Marie Reinert - Faire : jusqu’au 6/07 au Centre de la Vieille Charité (2 rue de la Charité, 2e).
Rens. 04 91 99 02 50 / www.festivaldemarseille.com

[29 juin 2010] Rencontres internationales de la Photographie d’Arles

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Festival de référence et d’envergure internationale, les Rencontres d’Arles ouvrent leurs portes pour la quarante-et-unième fois. Avec soixante expositions sur deux mois, présentées dans des lieux aussi prestigieux qu’insolites, parfois ouverts au public pendant la seule période du festival, c’est un tourbillon d’images, cristallisant émotions, réflexion ou discussion, qui nous est donné à voir, à expérimenter. Cette année, l’invité d’honneur, l’artiste plasticien argentin Léon Ferrari, présente pour la première fois en France ses œuvres, décriant les dictatures et exprimant son anticléricalisme. A travers des rencontres avec des artistes de renommée internationale, mais aussi des projections nocturnes au Théâtre antique, uniques au monde, le public est invité à débattre, admirer, voire montrer son propre travail (qui sera soumis à des yeux experts) ou faire un stage de photographie. Organisées en promenades (Argentine, rock, autour des prisons françaises…), les expositions permettront de prendre le pouls de la photographie contemporaine, afin de sentir, éprouver, apprendre, comprendre et finalement faire émerger sa propre émotion.

Texte : Pascale Arnichand
Photo : Il Piccolo Vapore de Marcos Lopez

Semaine d’ouverture du 3 au 13/07 au Théâtre antique et expositions jusqu’au 19/09 dans toute la ville. Rens. 04 90 96 76 06 / www.rencontres-arles.com

[29 juin 2010] Art-O-Rama

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Pour sa quatrième édition, le salon international d’art contemporain reconduit la formule qui assoit chaque année un peu plus son intérêt et sa singularité dans le paysage artistique marseillais : une collaboration entre galeries internationales, artistes, collectionneurs et grand public. Les neuf galeries invitées cette année, pour la plupart récemment implantées, aménagent un espace en mettant à l’honneur un ou plusieurs artistes : l’occasion pour ces derniers de conférer une plus grande visibilité à leur travail et aux galeries de montrer leurs orientations. A côté de cela, une section Show Room est dédiée à la jeune création issue du territoire Marseille Provence, en réunissant quatre artistes dont un est choisi par les galeristes pour être l’invité l’année suivante. Pour cette édition, Pascal Martinez est mis à l’honneur : il présentera un travail inédit, qui puisera sûrement dans les éléments participant à la singularité de sa démarche artistique, tels que l’écriture et l’ambiguïté des autres médias interagissant avec son médium de prédilection, la photographie.

Texte : Elodie Guida
Photo : Sans titre de Boris Chouvellon

Du 11 au 19/09 à la Cartonnerie (Friche la Belle de Mai, 12 rue François Simon, 3e).
Rens. 04 95 04 95 36 / www.art-o-rama.fr

[29 juin 2010] Festival MIMI

Pour sa vingt-cinquième édition et malgré des coupes budgétaires « DRACstiques », l’AMI reconduit, dans l’enceinte magnifique de l’Hôpital Caroline, son festival des musiques innovatrices. Autant le dire de suite, en 2010, MIMI va en ravir plus d’un. En effet, outre une gigantesque succession d’installations/performances sur le site même du Frioul, MIMI bousculera cette année encore les genres, naviguant à vue entre des textures sonores sidérantes, au sein de folies douces (Sisygambis) et de folies furieuses (Addictive TV). On passera ainsi, et sans sourciller, d’un krautrock baroque (Faust) à du cannibalisme musical (Cannibales et vahinés), d’un psychédélique ethnique (Zun Zun Egui) à des désaccords d’intellos (Arnold Dreyblatt Ensemble). Et d’un concert à l’autre, d’une découverte à l’autre, d’un trip à l’autre, on réalise qu’on vit avec ces artistes et les organisateurs un moment important, durant lequel on se sera emparé totalement de la liberté d’expression, ce qui est de plus en plus rare…

LV

Du 7 au 11/07 sur l’Archipel du Frioul. Rens. 04 95 04 95 50 / www.amicentre.biz / www.myspace.com/festivalmimi

[29 juin 2010] Festival des Musiques Interdites

Pour sa cinquième édition, le Festival des Musiques Interdites, autrefois dédié aux artistes victimes des dictatures nazie et stalinienne, étend sa programmation à d’autres censurés célèbres. Ainsi, la soirée principale de cette édition sera consacrée à Charles Baudelaire, dont quelques pièces des Fleurs du Mal furent interdites et l’œuvre entière qualifiée d’ « outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs » en 1857, ce qui vaudra à l’auteur et son éditeur d’être condamnés par la justice du Second Empire. Saisie par le Président de la Société des Gens de Lettres, la Cour de Cassation réhabilitera le poète en 1949. Ces textes que Victor Hugo qualifia de « frisson nouveau dans la poésie », félicitant l’auteur « honoré de la plus haute distinction que puisse accorder ce régime » dans une lettre restée célèbre, seront servis par la voix de Sandrine Piau, accompagnée par Suzanne Manoff sur des mélodies de Fauré, Duparc et Debussy. Fabrice Luchini sera le récitant de cette soirée avec son génie de la musicalité des mots. Une autre soirée, plus en adéquation avec l’objectif initial du festival, sera consacrée à Aldo Finzi, victime des lois raciales de l’Italie mussolinienne, avec la création de l’opéra inachevé Shylock, suivie de Psaume, écrit en remerciement après que le fils du compositeur eut échappé à une rafle. En parallèle, une exposition, 1939-1945 Musique en Pologne sous l’occupation nazie, sera installée à l’Hôtel Splendid avant de voyager en Europe jusqu’en 2011.

Frédéric Marty

Du 9 au 11/07 à l’Opéra de Marseille. Rens. 04 92 55 20 44 / www.musiques-interdites.eu

[29 juin 2010] Les festivals jazz

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Voici une sélection éminemment subjective des spots les plus pourvoyeurs de cette pulsation fondamentale qu’est le swing. Première station, Vitrolles : l’équipe du Charlie Jazz Festival nous a concocté une manifestation éco-responsable et citoyenne avec fanfares vrombissantes (Samenakoa, Wonderbrass) et pointures sous les platanes (le délicieux trompettiste italien Enrico Rava, le world-jazz de Shashird Lao, la divine Mina Agossi…). Des plateaux somp-tueux enrobés dans le bel écrin graphique de Jérémy Soudan (ne loupez pas ses projections sur les murs du Moulin). A Marseille, Jazz des Cinq Continents propose en particulier le Freedom Band de Chick Corea avec l’énorme Christian Mac Bride, compagnon de route de moult rappeurs, à la contre. On sait le leader dévot de l’église de scientologie… mais est-ce une raison suffisante pour zapper son batteur, l’imparable Roy Haynes, derrière ses fûts de-puis les 40’s ? La présence d’Esperanza Splalding, jolie chanteuse/contrebassiste à la pulse afro-latine redoutable, fera chalouper le plateau de Longchamp. La joyeuse équipe du dépar-tement musique de l’Alcazar renouvellera quant à elle le programme Alcajazz avec une expo et une conférence sur Django, ainsi qu’une rencontre autour de l’instrument jazz suprême, la batterie (avec, entre autres, Manu Katché). Un must. A ne pas louper évidemment : le concert d’ouverture gratuit du Magik Malik Orchestra et des élèves et profs de la Cité de la Musique sur le cours d’Estienne d’Orves. Avant d’atterrir à Nice, Ron Carter sera quant à lui au Châ-teau de Beaupré, convié à nous faire déguster un grand millésime musical par l’association Art-Expression, bras armé du pianiste Roger Mennillo. De Nice, on retiendra la prestation de l’immense José James, connu pour ses belles inclinations rappologiques, sur un répertoire coltranien. Méchantes pulses à la Seyne : le festival Jazz Fort Napoléon fera exploser les no-tes bleues par l’alignement de valeurs montantes comme le quartet d’Emile Parisien ou de « petits maîtres » comme Curtis Fuller, le tromboniste aux accents gospel ou, peut-être plus encore, Charles Mac-Pherson, émouvant altiste parkérien gardien de la flamme sacrée du be-bop. Porquerolles retrouvera Archie Shepp, plus que jamais résolu à faire résonner son blues dans des créations toujours renouvelées. Principale étape vauclusienne pour la première quinzaine d’août, le festival de l’AJMI à la Tour d’Aigues propose un véritable hommage à Django (avec le prodigieux Yorgui Laeffler), mais aussi Andy Emler Megaoctet, LE sextet phocéen de Christophe Le Loil, sans oublier un hommage à Billie Holiday par le couple Lau-reDonnat/Lilian Bencini. Enfin, retour dans le 83 pour d’intimes instants manouches sous les étoiles grâce à Jazz à Tout Var, avec force prodiges de la Selmer 503 (la guitare de Django) et l’enjoué clarinettiste néo-orléanais Evan Christopher pour son savoureux Django à la créole… De beaux bouquets de swing en perspective !

Laurent Dussutour

• Charlie Jazz Festival : du 2 au 4/07 à Vitrolles. Rens. 04 42 79 63 60 / www.charliefree.com
• Jazz des Cinq Continents : du 19 au 24/07 à Marseille. Rens. 04 95 09 32 57 / wwww.festival-jazz-cinq-continents.com
• Jazz à Beaupré : les 16 & 17 à Saint-Cannat. Rens. 04 42 57 21 56 / www.art-expression.net/fr/saison_ete.html
• Nice Jazz festival : du 17 au 24/07. Rens. www.nicejazzfestival.fr
• Jazz Fort Napoléon : du 24 au 30/07 à la Seyne-sur-mer. Rens. www.jazzfortnapoleon.com
• Jazz à Porquerolles : du 12 au 18/07. Rens. www.jazzaporquerolles.org
• Jazz à la Tour : du 11 au 15/08 à la Tour d’Aigues. Rens. 04 90 07 50 33 / www.chateau-latourdaigues.com
• Jazz à Tout Var : du 15 au 27/08. Rens. www.myspace.com/jazzatoutvar

[29 juin 2010] Festival International d’Art lyrique

Depuis 1948, le Festival d’Aix est un rendez-vous incontournable pour les amateurs d’opéra du monde entier. Il devient aussi celui de tous les amoureux de musique, au-delà de la forme traditionnelle. Car la nouvelle direction du festival, avec à sa tête Bernard Foccroulle, a su donner un nouveau souffle à l’évènement, l’enrichissant de concerts et de propositions participatives, réellement ouvertes sur tous les publics, faisant de l’accessibilité un credo qu’il est nécessaire de saluer.
En ouvrant par une Parade(s) des plus colorées, fruit d’un travail de longue haleine avec des jeunes, le festival a donné le ton de l’édition « mosaïque » : celle-ci sera riche en propositions chorégraphiques, associant Thierry Niang au Retour d’Oscar Strasnoy (et revisitant pour notre plus grand enchantement le Domaine du Grand Saint Jean, lieu magique du festival) ou encore l’immense et fidèle Trisha Brown au Pygmalion de Rameau. Elle sera aussi baroque et toute en émotion avec la tragédie Alceste de Gluck, arabo-andalouse avec le très attendu concert du maître Jordi Savall, et bien évidemment fidèle à la tradition mozartienne en présentant le fameux Don Giovanni, mis en scène cette année par Dimitri Tcherniakov et dirigé par Louis Langrée.
Mais l’évènement le plus attendu est sans aucun doute la présence inédite de l’immense metteur en scène canadien Robert Lepage, mondialement réputé pour ses marionnettes et qui créera là un Rossignol et autres fables de Stravinsky des plus magiques et envoûtants.

Joanna Selvidès

Du 1er au 21/07 à Aix-en-Provence. Rens. 04 42 17 34 34 / www.festival-aix.com

[29 juin 2010] Festivals pop

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Du côté des musiques actuelles, la ligne éditoriale de Ventilo a toujours été claire : parler de tout, mais pas de n’importe quoi. D’ailleurs, plutôt que de parler de musiques « actuelles », terminologie débile au possible, nous préférons parler de musiques « populaires », en opposition aux musiques présentées comme « savantes » et s’adressant à un public averti (le classique, le contemporain, le jazz, les musiques improvisées, etc). De « populaire » à « pop », il n’y a bien sûr qu’un pas. Qu’est-ce que la musique pop en 2010 ? C’est quasiment tout le reste. Ça n’est donc pas seulement Mika : c’est Pink, c’est -M- ou c’est Bob Sinclar. Au secours ! Tous ces artistes sont programmés cet été dans des raouts comme le « Festival » de Nîmes ou les Voix du Gaou (Six Fours), des événements qui n’existent que pour attirer le plus grand nombre et lui soutirer un maximum de blé. Fuyez ! Et reformulons : qu’est-ce que la bonne musique pop en 2010 ? C’est celle qui avance avec son temps, qui revêt mille et une couleurs, qui vous surprend et vous tire de la léthargie ambiante. A cette question, plusieurs festivals sudistes, qui ont trouvé une vraie cohérence dans la diversité de leur programmation, tentent d’ailleurs patiemment d’apporter une réponse. Le premier que nous soutenons est le MIDI Festival, qui prend chaque année un peu plus d’envergure (il en est à sa sixième édition). Sous le soleil exactement, mais sur les hauteurs de Hyères, dans la pinède de la Villa Noailles, il s’est progressivement imposé comme un mètre étalon dans le domaine de la pop moderne, indépendante et affranchie de toute barrière d’ordre stylistique. Vous voulez des noms ? C’est inutile : vous ne connaissez pas la plupart des artistes invités. Toro y Moi, Memory Tapes ou The Strange Boys pour les plus connus (ah). Egyptian Hip Hop, Kindness et Wu Lyf pour ceux qui le seront, peut-être, demain. De la découverte pure, riche de bribes éparses de folk, de rock, de punk, de musique synthétique, de psychédélisme… et tout ceci, sens dessus dessous. Avec Lee Ranaldo (Sonic Youth) en figure tutélaire, et une soirée additionnelle en compagnie d’Andrew Weatherhall (pape du « crossover ») sur une plage située non loin. Ce vrai travail de défrichage, hédoniste et salutaire, présenté dans un environnement idyllique et à taille humaine, correspond en tous points à ce que nous attendons d’un bon festival pop en été. Au même moment, un nouveau venu dans la cartographie des festivals du genre tentera de faire son trou dans les Carrières de Barbentane, non loin d’Avignon : le Mistraâl Indie Music. Là aussi, cadre enchanteur (scène taillée dans la roche au pied des Alpilles) et programmation de bon goût, quoique plus classique, vous attendent. Pour retrouver la « couleur » musicale du MIDI Festival, il vous faudra patienter jusqu’en août : le festival Pantiero, sis sur la terrasse du Palais des Festivals de Cannes, brasse lui aussi le meilleur de la pop sous toutes ses facettes (avec une date exclusive dans le sud de The Rapture). Autre solution : pousser jusqu’en Corse, patrie du très coté Calvi On The Rocks, ultra-branché mais de bon goût (Carl Craig, Matias Aguayo, Midnight Juggernauts, Superpitcher…), ou encore en Espagne avec l’incontournable Festival International de Bénicassim, manifestation maousse qui concentre un nombre impressionnant de temps forts (Gorillaz, PiL, Peter Hook joue Joy Division, Vampire Weekend, une nuit Hacienda…). Le soleil et la plage y sont toujours au rendez-vous, même si des colonies d’Anglais s’y sentent chaque fois un peu plus chez eux. Qu’importe. Toute l’essence de la musique pop y est synthétisée : quelque chose de lumineux, d’atemporel, de révolutionnaire, de générationnel. Quelque chose comme un été sans fin.

Texte : PLX
Photo : Pierre Yves Arnoux

Calvi On The Rocks : du 2 au 7/07 à Calvi (Corse). Rens. www.calviontherocks.com
FiberFIB : du 15 au 18/07 à Bénicassim (Espagne). Rens. www.fiberfib.com
MIDI Festival : du 23 au 25/7 à Hyères. Rens. http://midi-festival.com
Mistraâl Indie Music : du 22 au 24/07 à Barbentane. Rens. www.mistraal-festival.com
Pantiero : du 11 au 14/08 à Cannes. Rens. www.festivalpantiero.com

[29 juin 2010] Festival international de piano de la Roque d’Anthéron

La Roque d’Anthéron fête ses trente ans. Un bel âge pour un évènement de prestige. En invitant les pianistes les plus talentueux du monde dans de somptueux cadres naturels et patrimoniaux, offrant ainsi des conditions d’écoute exceptionnelles, le festival donne l’occasion à nos oreilles étourdies de se frotter à des répertoires allant du jazz (avec entre autres Chick Corea) au romantique (avec des concerts de pianoforte), en passant par le baroque (orgue et clavecin), la musique symphonique et la musique contemporaine — notamment avec la soirée d’anniversaire de Pierre Boulez. Parmi les pianistes de renom à ne pas manquer, on ira entendre Anne Queffélec, récompensée par la Victoire de la meilleure interprète de musique classique en 1990, le si agile et sensible Nelson Freire et, surtout, l’immense Marta Argerich, reconnue par ses pairs et la critique internationale comme l’une des pianistes les plus virtuoses des temps modernes. Voilà une programmation qui, conjuguée aux charmes des lieux, nous promet de belles soirées d’été.

Joanna Selvidès

Du 23/07 au 22/08. Rens. 04 42 50 51 15 / www.festival-piano.com

[29 juin 2010] Aires libres 2010

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Depuis leurs débuts en 2005 à Marseille, les Aires Libres ont imposé dans divers coins de la région PACA un concept fort : donner une dimension artistique à une simple balade dominicale, une dimension familiale à un rendez-vous de branchés, une dimension éco-citoyenne à un pique-nique entre amis. Le retour à la nature, l’amour de la musique, la gratuité et son corollaire — le droit à la culture pour tous, les nouvelles technologies, le centre et la périphérie, l’avant-garde et l’arrière-pays, les premiers gamins qui arrivent : tout cela est au cœur du projet imaginé par Sébastien Manya (et feu le journaliste Yann Quélennec) avec la participation de nombreuses forces vives du milieu artistique local. Pourtant, dans un contexte de crise qui frappe en premier lieu les manifestations de ce type, la sixième édition d’Aires Libres ne comptera au final qu’une seule étape. L’équipe a en effet concentré ses efforts sur le Domaine de l’Etang des Aulnes, avec une programmation musicale ambitieuse qui comptera notamment Tim Sweeney (Dj new-yorkais affilié au label DFA) et Âme (excellent duo deep-house berlinois). Le détail des activités artistiques sera prochainement révélé (ateliers pour les plus jeunes, installations paysagères, visites guidées du site…), avec un accent mis sur le volet social et solidaire (accueil de familles issues des quartiers défavorisés, ateliers menés en amont dans les collèges…) initié l’an dernier. Reste que cette manifestation n’a pas encore pu obtenir tous les moyens de ses ambitions, totalement à la hauteur de l’échéance de 2013. Car si les Aires Libres ont été fondées sur des valeurs proches de l’utopie, leur contenu et leur succès sont en revanche très concrets.

PLX

Aires Libres, saison 6 : le 5/09 sur le Domaine départemental de l’Etang des Aulnes (Saint-Martin-de-Crau). Rens. www.aires-libres.com / www.aires-libres.net

[29 juin 2010] Focus - Le Sound System Solaire

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On le sait, l’heure est plus que jamais au développement durable, à l’optimisation de nos réserves naturelles et aux économies d’énergie. Celle du photovoltaïque est justement en plein essor, et dans ce contexte, un projet à vocation artistique tel que celui du 3S — le Sound System Solaire ¬— mérite amplement que l’on s’y attarde. Qu’est-ce donc ? Un module sonore (ou multimédia) qui fonctionne à l’énergie solaire directe ou avec des batteries chargées selon le même processus. A l’origine plutôt militant, il a été conçu par Cédric Carles (Atelier 2Cé), un designer industriel aux multiples casquettes qui travaille essentiellement pour des associations dans le champ de l’éducation à l’énergie. Mais depuis 1999, d’autres prototypes sont apparus pour vite être happés par la sphère culturelle : leur vocation démonstrative a laissé place à une dimension plus ludique et festive, puisqu’ils se promènent de festival en festival (sous l’impulsion de notre collaborateur nas/im, qui prend dès lors le contrôle des platines), pour des animations musicales ou des ateliers parfaitement autonomes, que ce soit au bord de l’eau ou sur les plus hautes cimes de nos montagnes. Le Sound System Solaire est en effet démontable et modulable, s’adapte à tous les terrains et prend peu de place. A l’heure où les événements culturels prennent de plus en plus le chemin de l’éco-conception (cf. Aires Libres), le 3S, qui devrait être prochainement développé dans la région, s’impose donc comme un projet emblématique de la nécessaire couverture en besoins énergétiques des événements culturels.

PLX

Le 30 juin sur l’île du Frioul dans le cadre du vernissage des installations du festival MIMI, à partir de 18h
Rens. mimix13@wanadoo.fr / www.solarsoundsystem.org

[29 juin 2010] Caressez le Potager

Pour le troisième week-end de juillet, laissez-vous « tramer » jusqu’aux Caillols, enlevez vos chaussures et prenez racine au Parc de la Mirabelle pour trois jours d’un festival familial qui fleure bon la danse, le théâtre, le cinéma, la musique, les arts plastiques et la bonne bouffe !
Dès 16h, après avoir admiré les sculptures de jardin et l’expo Six milliards d’autres de Yann Arthus Bertrand, c’est à vous de jouer : venez fabriquer votre jardin imaginaire ou encore apprendre à confectionner vos propres cosmétiques. Vers 18h30, on se raconte des histoires d’ici et d’ailleurs, avant de passer à table. Au menu, de bons petits plats bio concoctés par des jardiniers-cuisiniers. Hé ! Tendez l’oreille : un concert jazz, blues et rock régale aussi vos esgourdes. Après une petite pépinière d’images, ça guinche ! Un spectacle mêlant tango et théâtre a même été confectionné pour l’occasion. Et si vous ne savez toujours pas danser, on vous apprend le tango, le vrai, l’argentin, celui qui fait bouger les quilles. Avant de fermer les paupières, on se fait une toile tous ensemble, la tête dans les étoiles et les pieds dans l’herbe, avec des courts et des longs : Six Milliards d’autres, Les Baumettes se font la belle, les films d’animation de Marie-Jo Long, etc. A la fin de ce beau week-end, un grand bal hybride mêlera concours de danse, animaux nus et remise de prix dérisoires. Cerise sur le gâteau : vous ne repartirez pas les mains vides, en emportant l’une des mille et une graines plantées pour le décor du festival.

Coline Trouvé

Du 22 au 24/07 au Parc de la Mirabelle (12e). Rens. 06 83 85 44 03 / www.dusud.com

[29 juin 2010] Le festival d’Avignon 2010

Ecriture et musique seront les fils conducteurs de la soixante-quatrième édition du Festival d’Avignon. Cette année, deux artistes y sont associés : le metteur en scène suisse Christoph Marthaler, familier des opéras et des œuvres de répertoire, mais toujours dans une démarche résolument contemporaine, et l’auteur Olivier Cadiot, qui fait du tempo la pierre angulaire de son écriture, issue de la poésie sonore et capturant le réel. On pourra ainsi participer au bal du 14 juillet proposé par Rodolphe Burger sous le fameux pont ou assister à un concert dessiné dans la Cour d’Honneur. Les ponts entre musique et écriture se feront également via des opéras-théâtres, des « Ecrits Rock » avec le compositeur Pascal Dusapin ou encore grâce à la chorégraphe Anne Teresa de Keersmaeker, dont la prédilection pour les relations entre musique et danse a fait la réputation…
Mais l’écriture sur les plateaux de théâtre n’est pas en reste et retrouve une place d’honneur grâce aux fidèles du festival comme Guy Cassiers pour sa dernière création d’après un texte de Robert Musil, Stanislas Nordey et Falk Richter, Ludovic Lagarde sur les textes de son complice… Olivier Cadiot. On retrouvera aussi avec enthousiasme et grand bonheur la jeune génération montante, à la fois désopilante et violente : Philippe Quesne, Gisèle Vienne, Boris Charmatz… Enfin, le In d’Avignon, c’est l’occasion de prendre les chemins de traverse, pour constituer son propre parcours et découvrir des formes plus inattendues, en osant s’aventurer dans la Vingt-cinquième heure et les programmes du Théâtre des Idées. Et ainsi prendre le pouls de la création en devenir, dans une ébullition fertile en découvertes et en incontournables. Tous sur le pont !

Joanna Selvidès

Du 7 au 27/07. Rens. 04 90 14 14 60 / www.festival-avignon.com

[29 juin 2010] Retour sur le Festival de Marseille

Festival de Marseille

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Après dix premiers jours intenses, on ne peut que se réjouir du fait que l’expression « arts multiples » revendiquée depuis l’an passé par le Festival de Marseille ne relève pas d’une seule stratégie de communication. Car si les propositions sont chorégraphiques, les autres arts nourrissent bel et bien les formes présentées. Si la musique s’est fait une belle place (avec notamment l’Orchestre des Jeunes de la Méditerranée pour le spectacle de Ginette Laurin), les immenses surprises furent poétiques, empreintes des arts visuels. Rendant hommage à Merce Cunningham, Rauschenberg et John Cage, le subtil solo de Foofwa d’immobilité, (Re)musings, loin de tout cérémonial, s’est ainsi révélé d’une fraîcheur déconcertante.
L’homme nu, à la plastique parfaite, le corps peint de taches de couleurs primaires dégoulinant magnifiquement sur le sol au fur et à mesure de la danse, nous a enchantés par la grâce de ses mouvements, de ses chantonnements, de son humour délicat.
Enfin, la création de Christian Rizzo, L’Oubli, le toucher du bois, s’est également révélée d’une alchimie sensible, et nous a offert un moment rare dans la danse. Six interprètes masculins — et une femme — font et défont l’espace-mémoire, caressant musicalement le plancher, jouant des ombres et des lumières, sans jamais chercher à dire, toujours sur le fil de l’évocation, dans le silence des formes. Le moment fut magique, et l’on vibrera encore longtemps en se remémorant l’émotion esthétique qu’a suscitée cette expérience troublante.
Aujourd’hui, les réjouissances continuent et le festival poursuit son itinérance en nous offrant moult délectations en perspective, avec la création de Liquid de Christophe Haleb, ainsi que des propositions prenant l’intimité exposée comme point de départ, notamment avec la prochaine création de Jérôme Bel, ou encore la pièce plus « mouvementée » de Ginette Laurin. La présence de Jonah Bokaer nous permettra de découvrir une danse transatlantique et esthétique, tandis que la soirée sous influence orchestrée par Jean Marc Montera, musicien improvisateur et initiateur du GRIM, nous emmènera dans des constellations musicales nippones qui promettent une belle fureur.

Texte : Joanna Selvides
Photo : liquide © Cyrille Weiner

Jusqu’au 6/07. Rens. 04 91 99 02 50 / www.festivaldemarseille.com

[29 juin 2010] Edito 265

Les dix choses à ne pas faire cet été

  • Passer ses vacances en Louisiane
  • Essayer une Vuvuzela
  • S’appeler Raymond, Jean-Pierre ou Roselyne
  • Aider une vieille dame à planquer ses économies à l’étranger
  • Postuler comme trader à la Société Générale
  • Prévoir d’aller à la Garden Party de l’Elysée
  • Travailler dans le service public
  • Etre humoriste dans le service public
  • Penser à la retraite
  • Oublier son Ventilo

[16 juin 2010] Harlem - Hippies (Matador/Naïve)

Galette-Harlem.jpgEn traversant l’Atlantique, le rock’n’roll a été débarrassé de sa virilité par quelques adolescents anglais qui, sans le savoir, donnaient naissance à la pop music. Sur les traces des pionniers du Mersey beat, les Texans de Harlem, archétype du groupe indé US, jouent, chantent et crient avec une insouciance contagieuse, ravivant en nous les souvenirs heureux des premières heures des Beatles. Couplet/refrain, couplet/refrain, le bonheur tient à peu de choses lorsque les notes et les sourires sonnent jeunes et justes. La simplicité élevée au rang d’art majeur.

nas/im

[16 juin 2010] Todd Terje - Remaster of the universe (Permanent Vacation/La Baleine)

Galette-Todd-Terje.jpgDans la famille nu-disco, il y a le producteur par lequel tout a commencé : Lindström. Il y a ensuite le Dj virtuose, aux playlists extra-larges : Prins Thomas. Et il y a enfin Todd Terje, le roi de l’edit, cette technique essentielle (dans ce registre) qui consiste à mettre en valeur tel ou tel élément d’un titre original. Remaster of the universe rend totalement hommage au talent du Norvégien, qui ne joue que ses remixes ou productions sur le premier CD mixé de cette compilation (le second est non mixé, avec d’autres fantastiques relectures). Dans le genre, un sommet.

PLX

[16 juin 2010] Flying Lotus Vs Jimmy Edgar

Galette-Flying-Lotus.jpgFlying Lotus – Cosmogramma (Warp/Discograph)
Jimmy Edgar – XXX (!K7/La Baleine)

Deux jeunes prodiges américains qui se sont taillés une solide réputation grâce à leurs travaux électro « abstract » pour le label Warp — terrain traditionnellement trusté par les Anglais. Ils passent ici à la vitesse supérieure avec leurs nouveaux albums, futuristes en diable. Neveu d’Alice Coltrane basé à Los Angeles, Flying Lotus nous sort un concept-album à écouter d’une traite, une longue suite qui précipite Sun Ra dans le Londres de demain : mystique. Pour sa part, Jimmy Edgar donne dans le space-électro-funk : Detroit-Minneapolis en moins d’une heure.

PLX

[16 juin 2010] Wovenhand - The threshingfloor (Glitterhouse/Differ-Ant)

Galette-Wovenhand.jpgSurprise du mois dans les bacs folk/rock, David Eugene Edwards et sa bande oublient le temps de cet album la pesanteur religieuse, quasi-mystique, qui hantait leurs disques précédents. On n’a plus l’impression d’être à l’Eglise, mais plutôt au pub, en compagnie d’un vieux trio qui rappelle à chaque note les origines celtes du country/folk américain. Une sorte de transe sudiste qui rappelle étrangement ce que Dupain a pu faire de l’héritage provençal. Un album léger et surprenant, comme sa magnifique pochette. Certainement une parenthèse dans la discographie de Wovenhand.

nas/im

[16 juin 2010] Oneohtrix Point Never - Returnal (Editions Mego)

Galette-Oneohtrix-Point-Nev.jpgSavant fou synthétique à situer dans la tradition cosmique de Klaus Schulze et consorts, Daniel Lopatin est sorti de l’obscurité l’année dernière grâce à une fascinante double compilation de son abondante production depuis 2006. Désormais signé sur le très pointu label autrichien Mego, cet énigmatique Américain offre avec Returnal un nouvel échantillon de sa synth-music lyrique et transcendentale, versant dans le noise comme dans l’ambient, et sortie tout droit de l’estomac des claviers analogiques qu’il collectionne avec fétichisme.
Thomas Corlin

[16 juin 2010] V/A - Sixteen f**king years of G-Stone recordings (G-Stone/Module)

Galette-Sixteen-f--king-yea.jpgC’est une évidence : le meilleur du downtempo est désormais loin derrière nous. Il y a donc eu les Sofa Surfers, Thievery Corporation et… Kruder & Dorfmeister, les maîtres. Avec bien sûr leurs projets annexes, Tosca et Peace Orchestra, tous deux signés sur leur label G-Stone, installé à Vienne. Celui-ci fête ici ses seize ans d’activisme pro-fumette avec une double compilation regroupant grands classiques et inédits. Inégale, elle nous rappelle surtout qu’en la matière, rien ne remplacera jamais les K&D Sessions ou l’intégrale de Tosca (et ses précieux albums de remixes).

PLX

[16 juin 2010] Dimitri from Paris Get down with the philly sound (BBE/La Baleine)

Galette-Dimitri-from-Paris.jpgNé à Philadelphie de la fertile imagination de deux producteurs, Gamble & Huff, le philly sound est certainement le style le plus méconnu, et pourtant le plus influent. Sans lui, pas de disco, pas de house music. Bref, nous sommes ici à la source de la musique de club, exubérante, systématique et lascive. Revisité à travers les re-edits plutôt respectueux de Dimitri From Paris, nous replongeons avec délices au cœur de cette fausse naïveté mélodique qui, sous un tapis de cordes et une pulsation organique, cache quelques perles de danse et de profondeur.

nas/im

[16 juin 2010] Roman Flügel – Live at Robert Johnson vol. 5 (Live at Robert Johnson/Module)

Galette-V_A-Roman-Flugel.jpgPrévue pour n’être déclinée qu’en quatre volumes, la série de compilations mixées Live At Robert Johnson va finalement perdurer (avec Dixon et Ata aux commandes des prochaines). Pour cet heureux tournant, il fallait marquer un grand coup. Sur la scène électro, Roman Flügel est un pilier : moitié d’Alter Ego, co-fondateur des labels Playhouse et Klang, il a réussi aussi bien dans la house que l’electronica. Ce mix en atteste : aussi panoramique que le Radio Caroline de Miss Kittin, mais plus couillu, il prouve qu’un auditoire érudit se doit d’être surpris pour être conquis.

JPDC

[16 juin 2010] Denise Renée, Claude Pradel-Lebar, John M. Cunningham, Adrian Kelly, Pierre et Victor Vasarely - La Fondation Vasarely - De l’op art à la cité polychrome du bonheur (Images en Manoeuvres/Fondation Vasarely)

millefeuille-La-Fondation-V.jpgJuchée sur une petite colline dans une zone résidentielle d’Aix-en-Provence, la Fondation Vasarely, à cause de conflits et faute de créer l’évènement, tombait peu à peu dans l’oubli. Ce premier livre revient sur la genèse et les ambitions de ce projet autofinancé : « Combattre les nuisances visuelles, embellir l’environnement artificiel et réaliser la Cité polychrome du bonheur. » L’occasion de prendre la mesure du lieu, de ses qualités architecturales, de la complexité de sa conception et de la portée de l’œuvre de Vasarely : son travail sur la perception optique peut toucher chacun d’entre nous, quelle que soit sa culture — qui n’a pas été marqué par ses volumes sur les afficheurs Decaux ? Si la mission actuelle de la Fondation reste floue, on saluera, outre un magnifique musée « space age » aux œuvres monumentales, son ouverture à un festival comme Seconde Nature (voir Expos), suite logique des ambitions du maître.

dB

[16 juin 2010] Sonia Chiambretto - Zone d’Education Prioritaire (Actes Sud)

millefeuille-Zone-Education.jpgVoilà, ne cherchez plus, vous y êtes ! Laissez-vous guider, « vous êtes en sécurité », vidéo-surveillance oblige : enfermé dehors ou dedans, qu’importe ! Bienvenue au Lycée ! L’essentiel de votre mission consistera à vous orienter au sein de ce territoire qu’on nomme « zone d’éducation prioritaire ». Pour ce faire, vos « anges gardiens », Bone, Kate et les autres, se chargent de votre initiation car ici tout est affaire de rites, d’ethnies et de décryptage : CDI, cours C/B, seconde 9 versus 4 A, « Spaces, Rockers, Pétasses, Tchoules… ». Pas de panique, l’immersion se fait rapidement et en deux temps, trois répliques, on est dans le bain. A mi-chemin entre théâtre et slam, Sonia Chiambretto nous embarque dans une frénésie verbale comico-réaliste : on y rit bien au-delà des clichés habituels, on s’étonne aussi de la lucidité cinglante de toutes ces voix entremêlées aux prises avec l’actualité. En un mot, une visite commentée insolite : pour un peu, on jouerait les prolongations…

AFH

[16 juin 2010] Quignon - Trois jours en été (Actes Sud/L’An 2)

millefeuille-Trois-jours-en.jpgDeux adolescents sont en vacances. L’un ne cesse d’aller chez l’autre, s’y imposant, menant son camarade par le bout du nez, n’hésitant pas à le malmener, notamment en le conduisant dans des situations limites et l’y laissant seul sans le moindre scrupule.
Ce premier album fait l’effet d’un coup de poing. Bastien Quignon parvient magnifiquement à rendre palpable la chaleur plombante comme l’ennui qui poussent à tuer le temps de manière répétitive ou, au contraire, en cherchant de nouvelles voies, quitte à ce qu’elles conduisent à faire des conneries. Ce récit peut évoquer les films Mes petites amoureuses (1974) de Jean Eustache ou A nos amours (1983) de Maurice Pialat, dont il possède la force. Le dessin, quelque part entre Baru, Gipi et Tripp, est bien maîtrisé et recrée avec une grande justesse les ambiances estivales.

BH

[16 juin 2010] Manu Larcenet - Bill Baroud - Intégrale (Fluide Glacial)

millefeuille-Bill-Baroud.jpgAvant Larcinet (celui qui publie avec Ferri des daubes bien pourries chez Dargaud), il y avait Larcenet (celui qui publiait des BD savoureuses chez Fluide). Pour nous le rappeler, Fluide Glacial a eu l’excellente idée de ressortir l’intégrale des quatre volumes de Bill Baroud. Cet espion débile — à qui il arrive nombre d’aventures aux limites de l’absurde le plus absurde — a dans sa besace de quoi faire pâlir le lieutenant Drebin, imbécile en chef des Y a-t-il… ?. Chaque album de Bill Baroud comporte donc une série d’histoires brèves et drôlissimes, racontées avec ingéniosité, humour et panache. On rit vraiment à gorge déployée et plus on en lit, plus on se dit que Larcenet a perdu quelque chose en route. Autant de spontanéité, de surréalisme, d’humour ne peuvent pas avoir disparu comme ça. Et si on demandait à Bill de mener l’enquête ?

LV

[16 juin 2010] La République Marseille - Œuvre documentaire en sept films (France - 2008) de Denis Gheerbrant (éd. Montparnasse)

dvd-la-republique-marseille.jpgEst-ce d’avoir été directeur de photographie sur le sublime Heure exquise de René Allio qui a décidé Denis Gheerbrant à venir tourner vingt-cinq ans plus tard à Marseille ? Quelle qu’en soit la raison, le cinéaste offre à la ville une pièce maîtresse de cinéma ! Est-ce parce que Marseille est si protéiforme qu’un film seul ne suffit pas à en dessiner les contours ? Jean-Louis Comolli et Michel Samson ont à peine abordé la question politique de la cité en sept films et douze heures de programme. Il faut du temps — valeur suprême — à Marseille. Et le temps, c’est de la pellicule. De la pellicule et du réel. Laisser le temps que l’humain s’imprime sur la bande. C’est à ce voyage extraordinaire que nous convie Denis Gheerbrant, immense documentariste, dans une œuvre fleuve qui, sans nul doute, fera date dans le cinéma marseillais. Denis Gheerbrant a déambulé presque deux années dans la cité, décidant de prendre seul en charge les contraintes du tournage. Sans aucune prétention d’hégémonie cinématographique, il rappelle image par image, avec une poésie folle, sans aucun idéalisme hypocrite, ce qu’est la République, propriété d’un peuple. Le grand écart entre les mois, les années passées dans les rues de Marseille et le minimalisme des conditions de tournage permettent d’embrasser sept univers, parmi tant d’autres, d’une ville à nulle autre pareille. Parce qu’au fond, c’est l’acte de vivre et de filmer qui perdure. Comme le rappelle le cinéaste : c’est cela, un film, de bout en bout un geste, un seul et même geste.

EV/CC

A l’occasion de sa sortie en DVD, l’intégrale de l’œuvre sera projetée à la Friche le 19/06 à 15h, en présence du réalisateur.

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