Archives par mois
décembre 2008

[17 déc 2008] Enhancer - Désobéir (Nowhere / Discograph)

galette-enhancer.jpgDe Enhancer, on retient le côté arrogant et branchouille du petit prodige qui digère ses influences plus vite que les autres. Ici, plus matures et conscients des dangers du consumérisme, ils se sont forgés une conscience écologique sociale et civique, à mille lieux de la fusion white-trash hédoniste. D’où l’intervention de Xavier Renou du collectif Désobéissance Civique, à l’image d’Olivier Besancenot sur le dernier Joey Starr. À la croisée des chemins, Enhancer nous gratifie d’une petite bombe bling-bling à la TTC (SUPERficiel, diablement efficace), avant un Nos regrets, bilan émouvant sur leur courte vie. Un album définitivement crossover où l’on croise entre autres Soprano (Psy 4 de la Rime) et Gérard Berliner sur fond de guitares et rimes bien senties.

dB

[11 déc 2008] Welcome Wagon - Welcome to Welcome Wagon (Asthmatic Kitty/Differ-Ant)

galette-welcome-wagon.jpgOn ne plaisante pas avec Dieu. Lorsque Sufjan Stevens en personne décide de prendre en main le destin de ses enfants, de ramener des brebis égarées sur le droit chemin, on se concentre et on écoute : religieusement. Ainsi de Welcome Wagon, duo mixte composé d’un pasteur, le révérend Thomas Vito Aiuto, et de sa femme Monique qui déboulent (de Noël) avec un tout premier album merveilleux, produit et arrangé par le tout puissant Stevens. Prolongeant une certaine idée de la « musique religieuse », comme l’entendaient Johnny Cash/June Carter ou Ike & Tina Turner, avec de vrais morceaux d’amour dedans, Welcome to… s’acoquine également avec la country, le folk et, plus rare, le miracle. Soit un disque divin qui ne sentira jamais le sapin.

HS

[11 déc 2008] David Carretta – Rodeo Disco (Space Factory/Modulor)

galette-david-carretta.jpgAvec Jack, il est le premier à avoir placé Marseille sur la carte électronique internationale, au milieu des 90’s. Il est également le premier à avoir sorti un disque sur Gigolo, le label de Dj Hell, à la même époque. Méconnu du grand public, David Carretta est donc un homme qui compte, et le fait qu’il soit désormais installé à Toulouse ne change rien à l’affaire. Ce dandy moustachu était là bien avant l’électroclash, il lui a survécu : son nouvel album est sans doute le plus réussi, une synthèse très personnelle de toutes ses obsessions (l’EBM, l’italo-disco, Kraftwerk, Moroder, la S-F…). C’est à la fois sombre et kitsch, martial et cosmique, ça sent le cuir et les menottes – mais avec une plume dans le cul et un peu de poussière d’étoiles. Pour public averti, donc.

PLX

[11 déc 2008] Kanye West - 808’s & heartbreak (Roc-A-Fella/Barclay)

galette-kanye-west.jpgLe ballon dégonflé en forme de cœur qui illustre la pochette du quatrième album de Kanye West annonce la couleur : le roi Midas du hip-hop va mal et tient à nous le faire savoir. Renversé dans sa vie privée par un tsunami de mauvaises nouvelles (décès maternel et rupture d’avec la petite amie historique), West a décidé de se relever illico presto, sous peine de sombrer, en avançant la sortie du successeur au joyeux et coloré Graduation. Si, comme annoncé, ce disque ne fait pas dans la gaudriole, le bling-bling et autres samples pompiers, il n’en demeure pas moins étrangement efficace, malgré l’absence de hits évidents, une production profil bas et une dépression diffuse. Le roi est mort (de chagrin), vive le roi.

HS

[11 déc 2008] Women - Women (JagJaguwar/Differ-Ant)

galette-women.jpgOn reçoit rarement de tels ovnis sur nos bureaux. Dense, intense, noisy, le premier album de ces Canadiens passe allègrement de l’ambient à la musique industrielle, du rock progressif à la sunshine pop, sans que la cohérence de l’ensemble n’en soit ébranlée. Plus qu’un groupe, Women est un manifeste bruitiste et radical qui brouille les frontières entre musiques populaires et expérimentations sonores. Sur ces gammes combinatoires répétitives, l’onde sonique plane, et la dissonance rugit tout au long de ce nuancier de dix titres au style fragmenté et à l’amorce crépitante, où l’on croise les fantômes de Syd Barrett et de Devo. Et si le charme n’agit pas toujours dès la première écoute, c’est que Women préfère la beauté à la séduction facile.

nas/im

[11 déc 2008] Murcof - The Versailles Sessions (Leaf/Differ-Ant)

galette-murcof.jpgAlbum composé suite à un concert donné au festival des Grandes Eaux Nocturnes (Château de Versailles), ce Versailles Sessions se pare d’une élégance insolite et souveraine. Cette œuvre remarquable, qui navigue entre électronique minimaliste et mélodies du 17e siècle, nous invite noblement à repenser la musique : Lully, Marin Marais et consorts prennent une nouvelle configuration sous la conduite de Murcof. Concept qui n’empêche pas la flamboyance, le spirituel et la grandeur originelle de venir côtoyer certaines pièces du disque, entre autres sur Spring in the artificial garden, voyage baroque et ensorcelant de plus de douze minutes. On se laisse ainsi envahir par cet univers étrange qui marie si finement l’époque des machines à celle du Roi Soleil.

LV

[11 déc 2008] Essie Jain - The in between (Leaf/Differ-Ant)

galette-essie-jain.jpgDepuis quelques années, l’actualité discographique remet en question nos plus intimes certitudes. Avec Joni Mitchell, PJ Harvey et Cat Power, on pensait tenir notre trinité féminine acoustique, mais le temps fait son œuvre et certaines artistes suppléent joliment nos idoles en déclin. Essie Jane ne verse pas, comme nombre de ses contemporaines, dans la miniature musicale, mais ose au contraire accompagner ses magnifiques comptines d’une orchestration luxuriante qui donne à son album les allures d’un manège musical enchanté. D’une préciosité extrême, d’une sensibilité certaine, le disque ravira les amateurs d’une certaine grandiloquence pop sans lasser ceux qui ne jurent que par les sèches ballades folk. Un petit miracle.
nas/im

[11 déc 2008] The Acorn - Glory hope mountain (Bella Union/Pias)

galette-the-acorn.jpgUn vieil adage raconte que la foudre ne frappe jamais deux fois au même endroit. Pourtant, en l’espace de six mois, elle est tombée à deux reprises sur les bureaux londoniens de Bella Union Records qui, après avoir déniché les polyphoniques Fleet Foxes du côté de Seattle, récidive avec les Canadiens bucoliques de The Acorn. Placé, sur la carte du lyrique et du beau, juste à côté de Sufjan Stevens, pour la grâce, et d’Arcade Fire, pour le souffle, ce premier opus donne à entendre non seulement des chansons sidérantes de beauté, mais aussi l’histoire d’une femme, la vie incroyable d’une mère, celle de Ralf Klausener, leader du groupe. Entre folk pastoral, rock fiévreux et hagiographie musicale, voici venu le temps de The Acorn — d’abondance.

HS

[11 déc 2008] Sei A Vs Catz’n’Dogz

galette-sei-a.jpgSei A – Editing shadows (Missive/Modulor)
Catz’n’Dogz – Stars of zoo (Mothership/Word and Sound)

Vingt ans après ses débuts, la house a donc opéré son grand come-back (parce qu’il étaient nombreux à penser qu’elle était un jour partie…). Ses racines sont aujourd’hui plus européennes qu’américaines, et l’euphorie brute des débuts a laissé place à une esthétique de l’ascèse, de la profondeur et de la nuance. On avait remarqué le jeune Ecossais Sei A via ses maxis sur le label parisien Missive, qui sort enfin son premier album. Moins deep que prévu, celui-ci affiche un visage pourtant très sexy, et des courbes dessinées à la perfection. Le duo polonais Catz’n’Dog profite quant à lui de son expérience sur la scène minimale pour aller à l’essence même de la house, un beat, une bonne ligne de basse et une inspiration tribale : imparable.

PLX

[11 déc 2008] Castanets - City of refuge (Asthmatic Kitty/Differ-Ant)

galette-castanets.jpgPetite merveille de musique folk ténébreuse et contemplative, City of refuge, quatrième album du groupe, est un recueil bluesy peuplé de fantômes et de mystères. D’une voix titubante et plaintive, Raymond Raposa — véritable maître d’œuvre du projet — nous promène ainsi avec sa guitare lancinante dans les plaines désertiques d’une Amérique désenchantée, où les illusions pop/rock d’antan ne sont plus qu’un lointain souvenir. Plus sombre, mais aussi bien plus aérien, que le Nebraska de Springsteen, ce disque fait preuve d’une intensité rare, presque dramatique, qui serait rédhibitoire si les morceaux n’étaient touchés par la grâce. Les guitares planent, les mélodies s’envolent, la voix nous guide : nous sommes ici en apesanteur.

nas/im

[11 déc 2008] Lofofora - Coffret vinyle vintage replica (At(h)ome/Wagram)

galette-lofofora.jpgEn près de vingt ans, Lofofora est devenu une référence de la scène fusion/metal française par sa longévité, son engagement politique et un humanisme rare dans le milieu. En leur honneur, le label At(h)ome réédite quatre albums épuisés (Lofofora, les reprises du Double, Le fond et la forme, Les choses qui nous dérangent) incluant la première démo, introuvable, soit une cinquantaine de titres couvrant quinze ans de carrière. Le tout sous la forme de petits CD’s imitation vinyle (disque noir strié) dans un coffret en forme de flying-case usé jusqu’à la corde, et à un prix modique… Après l’excellent album sorti l’année dernière (cf. Ventilo 203), voilà un bien bel objet à poser au pied du sapin. Le risque est que le Père Noël le garde !

dB

[11 déc 2008] Gasherbrum, la montagne lumineuse - (Allemagne — 1984) de Werner Herzog (Doriane Films)

dvd-2-Gasherbrum.jpgAprès une poignée de films fous et autres chefs d’œuvres débridés — Fitzcarraldo, Aguirre, la colère de Dieu… — qui ont fait son renom, Herzog embrassa une carrière de documentariste éclairé, signant une dizaine de films inégaux, dont ce superbe Gasherbrum, opus de saison dans lequel le cinéaste laissa éclater à l’écran son goût pour les performances extrêmes. Et trouva ici, pour l’occasion, le plus grand défi de l’homme en milieu naturel, en accompagnant deux des plus grands alpinistes de tous les temps, Messner et Kammerlander, qui décidèrent de gravir d’affilée deux pics de plus de 8 000 mètres, sans camp de base, oxygène, ni radio. Docu aux images somptueuses, illustrées musicalement par le groupe allemand Popol Vuh, Gasherbrum est, comme son nom l’indique, tout bonnement lumineux…

EV

[11 déc 2008] Les aventures du Prince Ahmed - Animation (Allemagne – 1926) de Lotte Reiniger (Carlotta Films)

dvd-2-Prince-Ahmed.jpgBien que datant de 1926, ce film de silhouettes — ou d’ombres chinoises — allemand n’a presque pas pris une ride. Prince Ahmed, l’ancêtre d’un nombre incalculable de métrages d’animation, dont le fameux Princes et Princesses de Ocelot, confirme le niveau d’imagination incroyable de l’avant-garde germanique ainsi que sa formidable richesse créative. Mais, au-delà des images, ce qui impressionne le plus, c’est la fluidité narrative et symbolique quasi instinctive développée par les artistes de cette période fabuleuse. Les expressionnistes semblent doués d’une capacité de fabulation et d’innovation sans borne qui sera peu (ou pas) égalée dans l’histoire du cinéma. Sa réédition dans un superbe coffret (les bonus se ramassent à la pelle) par Carlotta fera un excellent cadeau de Noël, à la fois délicieux et intelligent.

LV

[11 déc 2008] Santa sangre - (Mexique – 1993) d’Alejandro Jodorowsky (Wild Side)

dvd-2-santa.jpgAlejandro Jodorowsky signe ici l’un de ses films les plus complexes, les plus symboliques, les plus surréalistes où, comme à l’accoutumée, fantasme et réalité s’entrechoquent, dans cette histoire d’errance au cœur de la mégalopole Mexico… Chef-d’œuvre barré, Santa sangre permit à Jodorowsky d’aborder tous les arts qui lui tiennent à cœur — peinture, mime, danse et dessin — et de collaborer avec le frère de Dario Argento, responsable du casting, véritable moteur du film. Ajoutons à cela, un soin particulier pour une bande originale subtile et puissante, où les mariachis répondent aux partitions plus expérimentales. Le tout est une matière en fusion bouillonnante, éblouissante, viscérale, dont Alejandro Jodorowsky dira justement : « Santa Sangre est de l’art animal, je l’ai fait avec mes couilles ! » Pas mieux.

EV

[11 déc 2008] Rescue Dawn - (USA – 2006) de Werner Herzog (TF1 Vidéo)

dvd-2-rescue-dawn.jpgRescue Dawn n’a, en France, pas bénéficié d’une sortie en salle. Ça laissait logiquement douter des qualités artistiques de ce film pourtant signé Werner Herzog et interprété par Batman en personne, à savoir Christian Bale. L’autre argument qui confirmait la théorie du doute venait directement du label de l’éditeur du DVD en France : TF1… A l’arrivée, après visionnage, on admet que ce Rescue Dawn n’a besoin d’aucun sauvetage. Même s’il s’avère moins bon que le prodigieux Fitzcarraldo ou que Les Nains aussi ont commencé petits, il tient parfaitement la route. Bale, une fois encore excellent, devient son personnage et nous convainc, du fin fond de la jungle vietnamienne, que la séparation entre l’écran et le spectateur est parfois infime. Etonnant.

LV

[11 déc 2008] Robert Greenfield - S.T.P : à travers l’Amérique avec les Rolling Stones (Le Mot et le Reste)

millefeuilles-STP.jpgC’est un livre très recherché que les éditions Le Mot et le Reste viennent de publier. Un livre originellement sorti en 1977, vite épuisé, qui bénéficie d’une nouvelle traduction assurée par Philippe Paringaux, pilier du Rock’n’Folk de la grande époque. Et qui dit Rock’n’Folk dit Stones, dont est ici retracée l’épique tournée américaine de 1972. Robert Greenfield, alors journaliste pour… Rolling Stone, infiltre le cirque stonien en prenant soin de garder ses distances : il est de toutes les fêtes où les filles et la dope abondent, mais ne se place jamais dans la position du « gonzo ». Sa force est de décrire cet instant précis où le plus grand groupe du monde vacille, et le rock’n’roll avec, passant de la trashitude à une étonnante quête de respectabilité. De toute façon, les Stones n’enregistrèrent plus rien de très bon après Exile on main street : ça tombe bien, ce disque est l’objet du prochain bouquin édité par Le Mot et le Reste.

PLX

[11 déc 2008] Hervé Bourhis - Le petit livre du rock (Dargaud)

millefeuille-Bourhis.jpgOn connaît l’amour éclectique d’Hervé Bourhis pour la musique, autant celle qui fait du bruit que celle qui s’écoute tranquillement dans son fauteuil club. Il a de ce fait décidé, avec l’aval de Dargaud, d’en faire un livre/BD format 45 tours. Grand bien leur a pris. Le Petit livre rock retrace et balaie donc soixante ans de zizique et de parazizique, des années 50 jusqu’à aujourd’hui. On y évoque le blues, le jazz, le funk, le punk, Tina Turner, David Bowie, Moondog, Antoine de Caunes — et son fameux Rapido —, le hip hop, le hard rock et ses dérives — Guns’n’Roses, Alice Cooper —, la nouvelle chanson française (et ses dérives aussi), la vie de Christophe (celui qui criait Aline)… C’est jouissif et ça donne envie de ressortir sa vieille collection de vinyles et de s’y remettre : l’extase !

LV

[11 déc 2008] Doha - Romance killer, T1/2 (Collection Hanguk)

millefeuille-Doha.jpg2008 s’est avérée particulièrement faste, qualitativement parlant, pour la maison Casterman. Outre sa nouvelle collection KSTR, particulièrement prometteuse, elle s’est s’attachée à publier, via Hanguk, des titres savoureux, dont Romance Killer fait partie. Son auteur, Doha, sorte de petit génie du manhwa (manga coréen) pourrait être comparé à un Tarantino du 9e art mâtiné de Kitano. Incroyable et passionnant fourre-tout, Romance Killer raconte l’histoire d’un ancien tueur à gage ayant raccroché les gants pour une femme qui n’était autre qu’une de ses cibles. Depuis, il réfléchit à l’existence et à ses incohérences, s’abandonnant à la contemplation. Par son originalité et sa force graphique, Romance Killer est un OVNI qui a tous les atours d’un chef d’œuvre.
LV

[11 déc 2008] Eric Deshayes & Dominique Grimaud - L’underground musical en France (Le Mot et le Reste)

millefeuilles-underground.jpgToujours avec les éditions marseillaises Le Mot et le Reste, qui sont en train de se construire une solide collection consacrée à la musique, un ouvrage sur la contre-culture. Le sujet a déjà été abordé chez eux par deux fois, récemment avec Révolution musicale (de Guillaume Ruffat pour les quarante ans de mai 68) et un peu avant avec Au-delà du rock (sur le krautrock allemand) d’Eric Deshayes. C’est celui-ci qui co-signe aujourd’hui, avec le musicien Dominique Grimaud, cette somme à l’intitulé explicite qui sort pile-poil au moment où les médias semblent découvrir qu’il se passait, aussi, des choses intéressantes en France après la standardisation de la pop-culture… A l’époque, on explore de nouvelles pistes entre psychédélisme, free-jazz et poésie déviante, on se structure en collectifs pour défendre ses revendications libertaires : c’est ce que montre ce livre de manière transversale, sans tomber dans l’écueil de la chronologie.

PLX

[11 déc 2008] Brèves 234

L’Ombre de Marx et l’Embobineuse continuent leur « Marx » en avant et vous convient à nouveau pour leur rendez-vous menzuel zobrement nommé… le Ziné-Club. Mais kézako le Ziné-Club ? Alors c’est zimple : on prend le meilleur du pire du zinéma, on le programme dans une double zéance et on razoute une zurprize (performance made in l’Embob’ ou autre) entre les deux films. Le tout, comme il faut bien combattre la vie chère, à prix libre. Pour zette seconde édizion qui aura lieu le 10 dézembre, le moquetté L’Empreinte de Dracula et le très « Z » Jésus Christ chasseur de vampires se partagent l’affiche. Ca va faire des zeureux, z’est sûr…
www.lembobineuse.biz

Pour répondre aux interrogations des jeunes en matière d’études supérieures, le 8e salon Studyrama, spécialisé dans l’orientation professionnelle et la vie étudiante, propose deux journées d’information les vendredi 12 et samedi 13 décembre au Parc Chanot (hall 1). Deux journées au lieu d’une par rapport à l’an dernier, mais aussi deux fois plus d’organismes de formation (une centaine) venus de toute la France et dans de nombreux domaines : Studyrama a vu grand pour guider les futurs bacheliers, comme les étudiants de niveau Bac+1 à Bac+5. En outre, un pôle « Avenir et Métiers » sera mis en place avec des professionnels, des centaines d’offres de stages seront disponibles sur des panneaux d’affichage, et plusieurs guides thématiques (dont « l’Officiel Studyrama ») seront également à disposition…
www.studyrama.com

C’est en septembre 2009 que la ville de Skopje, capitale de la République de Macédoine, accueillera la 14e édition de la Biennale des Jeunes Créateurs d’Europe et de la Méditerranée. Grand festival pluridisciplinaire, celle-ci fédère plusieurs centaines d’artistes en devenir issus d’une cinquantaine de pays : expos, concerts, lectures, projections, défilés de mode et autres festivités jalonnent l’événement. Et la France ? Elle sera représentée par une cinquantaine d’artistes sélectionnés par des jurys de professionnels sur un périmètre couvrant Marseille, le Pays d’Aix, Toulon Provence Méditerranée et la région PACA. Il est encore temps de concourir si vous remplissez les conditions suivantes : être un artiste démarrant une carrière professionnelle, travaillant et vivant sur le périmètre en question, ayant moins de trente ans, n’ayant jamais concouru. Attention : date limite de dépôt des dossiers le 9 janvier.
www.bjcem.net

Cent représentations gratuites et une mise en lumière exceptionnelle du cœur de la ville signée par le créateur Xavier de Richemont : tel est le programme de Drôles de Noëls, 5e Festival des Arts de la Rue organisé par la ville d’Arles du 20 au 24 décembre. Spectacles d’acrobatie, marionnettes, comptines, manèges, théâtre forain, cirque et animations diverses : une quinzaine de compagnies régalera les petits mais aussi les grands qui les accompagnent, puisque le tout est… gratuit !
www.droles-de-noels.fr

[11 déc 2008] Bilan DVD 2008

bilan-dvd-2008.jpg

Coffret John Cassavetes
5 films (Opening)

Le Père Noël est en avance cette année chez Opening avec, dans sa hotte, le plus beau cadeau de cette fin d’année : cet incontournable coffret du maître incontesté du cinéma indépendant US, John Cassavetes. Cinq films essentiels — Shadows, Faces… — nourris des plus passionnants bonus : les interviews de Seymour Cassel ou Elaine Kagan se mêlent aux conversations croisées entre GenaRowlands et Peter Falk, ou Ben Gazzara et Al Ruban, sans oublier les multiples interventions de Cassavetes. Un grand bonheur.

Une jeunesse chinoise
(Chine - 2006) de Lou Ye (TF1 Vidéo)

L’un des films d’amour les plus enthousiasmants de ces dernières années nous vient tout droit de Pékin. Sur fond agité de révolution estudiantine et de Chine en mutation, la sublime Yu Hong et son amant vont vivre une histoire d’amour qui s’étalera sur plus de dix ans. Malgré des chemins qui se séparent, des nouvelles rencontres, des impasses, des adieux répétés, les deux protagonistes savent que, malgré tout, ils sont faits l’un pour l’autre… La fin, inattendue, s’avère tout simplement splendide.

Lost : saison 4
(USA – 2008) de J.J Abrams (Buena Vista Entertainment)

Lorsque la série débarqua en 2004, via un détonant mélange des genres — science-fiction, mélo, thriller… —, la terre des téléspectateurs s’arrêta de tourner, sidérés devant ce laboratoire cathodique de la narration contemporaine. En réalisant, après deux saisons cannibales, une révolution copernicienne — flash-forward au lieu des flash-back —, Lost s’était ouvert un étourdissant champ des possibles narratif. En se confrontant à la temporalité, sérielle et dense, de Proust, Lost est devenue un chef-d’œuvre.

Coffret Jacques Rozier
4 films (Potemkine)

Grand vainqueur dans la catégorie « éditeur de l’année », Potemkine, via sa ligne éditoriale parfaite, ses coffrets design et ses bonus très riches, enfonce le clou avec la sortie en DVD des quatre films majeurs de Jacques Rozier, cinéaste presque oublié des mémoires de la Nouvelle Vague. Il y a chez Rozier une tendresse folle pour ses personnages, une attention aiguisée dans le cheminement des histoires simples qui nous sont contées, une poésie immanente se dégageant de chaque image. Un must.

How I met your mother : saison 1 & 2
(USA – 2005) de Carter Bays et Craig Thomas (FOX)

Genre en voie de disparition, la sitcom vient enfin de trouver un digne successeur à Seinfeld et Friends : l’incroyablement barrée How I met your mother. Autour d’une bande de New-Yorkais trentenaires et hystériques — mention spéciale à Barney « Legen… wait for it… dary » Stinson —, la série construite via un immense flash-back s’amuse, nous avec, à passer en revue les nombreuses prétendantes de Ted, le « héromantique » à la recherche de la mère de ses futurs enfants. Magistralement écrit et hilarant.

Desperate housewives : saison 4
(USA – 2007) de Marc Cherry (Buena Vista Entertainment)

Un cancer pour Lynette, un mariage pour Gabrielle, une fausse grossesse pour Bree et un suicide par pendaison pour Eddie : c’est sur un feu d’artifice de cliffhangers que la saison 3 nous avait laissés en plan, heureux présage d’une suite encore plus retorse et spectaculaire. Comme l’a prouvé cette nouvelle fournée réduite à dix-sept segments, grève oblige, où il aura été question, entre soap pop et dramedy, de perruques, de fontaine, de somnambulisme, de tornade et d’une nouvelle et mystérieuse voisine. Du grand art.

Coffret Monte Hellman
(Carlotta vidéo)

Carlotta continue son excellent travail d’éditeur, comme l’atteste ce superbe coffret consacré à Monte Hellman, réalisateur « mineur » des années 60/70. Au menu : des films personnels et sans concession, comme Cockfighters (au scénario d’orfèvre), Macadam à deux voies ou encore The Shooting, véritables petits bijoux qui méritent qu’on y rejette un coup d’œil, voire qu’on les reconsidère. L’univers de Hellman est tout à la fois subversif, sensible, violent, poétique. N’en jetez plus…

Le libre penseur
(GB – 1994) de Peter Watkins (Doriane Films)

Remercions Doriane Films pour son travail exceptionnel autour de l’œuvre libertaire et vitale du réalisateur anglais, dont la filmographie était intimement liée aux foudres de la critique, quel que fut le pays d’accueil. Ici, c’est en Suède que Peter Watkins — l’un des rares cinéastes qui avait grâce aux yeux de Stanley Kubrick — s’attaque à la vie du peintre et poète August Strindberg, mais plus encore à une société au sein de laquelle les libertés individuelles étaient inaccessibles. Visionnaire.

Heroes : saison 2
(USA – 2007) de Tim Kring (Universal)

Buzz de 2007, malgré une saison 1 incroyablement dense mais étrangement ratée, Heroes, bousculée par la grève des scénaristes, aura vu sa saison 2 réduite à onze épisodes. Résultat : après une entame poussive et anecdotique autour des origines de Hiro, les six derniers segments, portés par l’urgence, où chaque scène, chaque geste, chaque parole compte, auront réconcilié les fans du show. Qui seront tombés, in fine, sous le charme de Elle/Kristen Bell, la plus belle promesse du chapitre 3.


La curée
(France – 1966) de Roger Vadim (Les Films du collectionneur)

Jane Fonda sublimée et sensuelle comme jamais, ambiance psychédélique en avance sur son époque et passion magnifiquement bien racontée : La Curée brille de mille feux. Mais le film de Vadim est aussi une ode à la liberté, à la folie de l’amour, aux limites du possible. Le charme de cette cuvée 66 agit à une vitesse incroyable, sans temps mort, répit, ni ennui. Œuvre singulière, réussite évidente, valse à mille temps, le film se redécouvre avec curiosité et délice. Sans doute l’un des meilleurs Vadim.

[11 déc 2008] Bilan Livres 2008

bilan-livres-2008.jpg

Roman

Niccolo Ammaniti – Comme Dieu le veut (Grasset)
Attention ! Lire Comme Dieu le veut fait l’effet d’un coup de poing, un de ceux que pourrait asséner Rino Zena, qui réveille son fils en pleine nuit afin qu’il descende le chien trop bruyant du voisin. Six jours suivent pendant lesquels le destin de ces deux-là va basculer. Six jours haletants dans une Italie désolée, où il ne fait pas bon vivre lorsqu’on est sur le bord de la route. Six jours enfin où se côtoient la bêtise, la méchanceté, la violence, l’horreur… et l’amour le plus féroce. Troublant.

Howard McCord - L’homme qui marchait sur la lune (Gallmeister)
Ou l’histoire d’un tueur à gage retraité de la CIA, William Gasper, vieux randonneur solitaire hanté par les souvenirs de la guerre, dont la vie bascule sitôt qu’un homme se lance à ses trousses… Tour à tour western et roman policier, jouant avec un fantastique onirique, L’homme qui marchait sur la Lune nous entraîne dans une méditation sur le vide, les délicates notions de bien et de mal, la juste place de l’homme dans son environnement et l’infinie fragilité de l’un comme de l’autre.

Jean Echenoz – Courir (Editions de Minuit)
Ouvrier perdu au fond de la Tchécoslovaquie pendant l’occupation allemande, Emile devient au fil des pages champion olympique de course, héros national et outil de propagande du communisme. Courir narre l’ascension et la chute de ce demi-dieu modeste et généreux, coureur singulier et attachant. L’écriture d’Echenoz est à l’image de la course : rythmée, cadencée par des petites foulées qui s’enchaînent mécaniquement, ne laissant d’autre choix au lecteur que de poursuivre le parcours avec délectation.

Eugène Green - La Reconstruction (Actes Sud)
Quand Jérôme Lafargue, professeur de littérature à la Sorbonne, rencontre un certain Launer, les rouages de sa petite vie bien construite s’enrayent… Via son journal intime, le lecteur embarque pour un voyage entre l’Autriche de 1940, le Munich de 68 et le Paris d’aujourd’hui, se laissant guider avec plaisir dans les méandres de la vie de ces hommes. Premier roman du cinéaste Eugène Green, La reconstruction est une vraie réussite — sensible, intelligemment construite et parfois surprenante.

Horacio Castellanos Moya - Là où vous ne serez pas (Les Allusifs)
Les protagonistes de ce livre en deux parties — un ancien ambassadeur salvadorien et le détective enquêtant sur sa mort — cultivent l’ambiguïté, creusant peu à peu une histoire qui dévoile une vérité intenable. « Là où vous ne serez pas » est l’endroit de cette indicible vérité où les personnages se réfugient tout en provoquant leur perte. C’est aussi un roman sombre et drôle, où les personnages se débattent avec l’alcool et les femmes à l’intérieur d’une société sans espoir et d’un cynisme effrayant.

BD

Boulet – Notes, T1 : Born to be a larve (Delcourt)
Depuis juillet 2004, Boulet (bien connu des minots pour sa série Raghnarok) publie sur son blog tout ce qui passe par sa tête de trentenaire un peu geek sur les bords : billets d’humeur et anecdotes en vrac, réflexions et « sagas » de la vie quotidienne (Boulet contre la SNCF, Boulet contre Surcouf, Boulet et la raclette mutante…). Dévoilant une grande palette de styles, ce recueil papier souvent hilarant, qui regroupe le meilleur de la saison 1 entrecoupé de quelques strips inédits, fait mouche.

Marie Saur & Nylso - Jérôme et l’arbre (Flblb)
Jérôme d’Alphagraph fait partie de ces séries qui ne cessent de surprendre et prouvent qu’il est encore possible d’être interpellé, secoué, ému. Ce nouveau tome — dans lequel Jérôme quitte sa librairie pour partir sur les routes en roulotte avec son fidèle Bourrique — entremêle désir de voyages et impossibilité de réaliser ceux-ci, réflexions sur soi-même et sur la pratique de l’écriture… La profondeur et le goût pour la flânerie poétique n’ont pas déserté ces pages, bien au contraire. Incontournable.

Hélène Bruller - Hélène Bruller est une vraie salope (Vent des Savanes)
Façon one woman show (autobio)graphique, cette BD raconte la rupture, puis la convalescence d’Hélène, jusqu’à sa rencontre avec « le Suisse » (Zep, le « père » de Titeuf), avec un humour décapant, étayé par un trait forcé (personnages tordus) et des couleurs pétaradantes. Mais ce qui fait surtout le charme de ce nouvel opus, ce sont les digressions intercalées une page sur deux, galeries de portraits et de situations qui dissèquent les rapports humains avec une verve cynique absolument délectable.

Antoinette Portis - Pas du tout un carton ! (Kaléidoscope)
Au fil des pages de ce drôle d’album carré tout en kraft, nous découvrons le lapin-enfant dans des situations simples. Le texte ne dit rien, l’illustration nous emmène dans la tête de l’enfant, là où se tisse son univers : un sommet montagneux, une voiture de course, une montgolfière… Pas du tout un carton ! ouvre une porte sur cet imaginaire enfantin. Voilà un joli album dont l’universalité de l’histoire nous touche et nous amuse et qui tient par la simplicité et l’efficacité de son graphisme.

De Radiguès - Jacques Delwitte - Little White Jack (L’employé du Moi)
Ancien musicien reconnu ayant dû interrompre brutalement sa carrière, Jacques joue désormais de la guitare dans les rues de Bruxelles. Doux, tendre et ouvert sur la vie quotidienne la plus prosaïque, ce conte rock’n’roll parvient à rendre évidente la magie de la musique, évoquant les drames qui rongent parfois la vie des musiciens et la perception quelque peu romantique que l’on peut en avoir tout en évitant les clichés. Ce faisant, ce petit bijou d’une grande sensibilité procure de beaux frissons.

[11 déc 2008] Highway to Noël

magasins-noel-2008.jpg

Une fois n’est pas coutume, Ventilo s’est penché cette année sur l’épineux problème des cadeaux de Noël. Un coup de projecteur particulier est réservé au Cours Julien et à ses alentours. Et puisque les temps ne sont définitivement pas à l’euphorie financière, la moisson ci-dessous rassemble de tout pour toutes les bourses. Du petit cadeau entre potes au gros coup de cœur, il y a le choix !

Le Passage
Ne cherchez pas le numéro, il n’y en a pas ! Installé au milieu de la ruelle, ce mini capharnaüm se démarque par son originalité. Ayez la curiosité d’entrer et de fouiller sans craindre de vous contorsionner. Pas de rangement particulier dans le magasin et ce c’est qui en fait le charme : il y souffle comme un petit air de marché aux puces. On trouve du petit mobilier, de la vaisselle ou du linge de maison, des frusques joyeusement rétro ou années soixante-dix, chaussures à semelles compensées comprises. Une mention spéciale est décernée aux téléphones à touches énormes couleur mandarine ou anthracite (grands classiques des années quatre-vingt) et aux lampes de bureau. Sachez que si vous prenez plusieurs articles, le maître de céans vous fera certainement un bon prix.
Le Passage, rue Pastoret, 6e

L’Entrepôt
Beau et bobo sans complexe, le lieu dédié au mobilier et au luminaire rassemble des objets intemporels et nouvelle tendance. Une large gamme de gadgets et accessoires complète le tout : du haut de gamme mais aussi de petits prix .On note — signés par des designers italiens, suédois ou belges — les serre-livres en résine ou les porte-clés en métal. Palme de l’écolo décernée illico aux cabas en pneu recyclé et à la gamme d’art du bain 100 % hypoallergénique. Dans l’espace « cuisine » on slalome entre des accessoires culinaires aux couleurs survitaminées : râpe en métal, saladiers emboîtés en résine, dessous de plat fleuris « Warhol » . Les propriétaires sont également l’un des deux seuls dépositaires phocéens de la marque Geneva : son hi-fi haut de gamme garanti en plus d’un bel objet design.
L’Entrepôt, 13, rue Pastoret 6e
Ouvert du mardi au samedi, de 10h30 à 13h et de 14h15 à 19h15
Rens. 04 91 92 61 81

Casablanca
Cette petite boutique tire son nom du cultissime opus de Michael Curtiz, avec Humphrey Bogart et Ingrid Bergman en vedette. Et les cartes du magasin sont frappées à l’effigie immortalisée des deux acteurs. On l’aura compris, c’est l’antre de l’univers glamour version fringues made in Marseille. Le lieu décline donc des collections faussement sages aux matières et aux teintes originales avec un grand choix de tuniques agréables et pratiques : la polaire microfibre est privilégiée. On trouve les mêmes en version mini pour les miss qui veulent jouer les grandes avant l’heure. N’oublions pas le coin braderie alimenté au gré des saisons, où se cachent parfois de beaux spécimens plus qu’abordables (manteaux, vestes, tuniques et pantalons).
Casablanca, 63, Cours Julien, 6e
Ouvert du lundi au samedi de 10h à 19h
Rens. 04 91 47 16 48


CompleX

C’est le dernier lieu tendance du Cours Julien, où sont réunis dans un même espace l’architecture, le stylisme (avec la marque éthique Guediawaye) et l’art contemporain tendance. Une mixité osée qui semble réussir, car l’idée originale à placer sous le sapin cette saison, c’est l’œuvre d’art contemporain (le sex toy étant définitivement has been). Du 18 au 21 décembre, CompleX organise une vente de multiples (œuvre d’art produite en série) et de petites œuvres d’art contemporain. Et si votre portefeuille fait la grimace, rien ne vous empêche d’y aller pour vous rincer l’œil, car la vente fait également office d’exposition.
CompleX, 3, rue Pastoret, 6e
Ouvert du lundi au samedi de 9h à 13h et de 14h à 19h
Rens. 09 54 92 23 21
Vernissage le 18 à 18h
Vente à la galerie les 19, 20 et 21 décembre
Vente au marteau le dimanche 21 à 16h30

Les Fées Bizar(t)
Une halte s’impose chez ces créatrices dont les bijoux, accessoires et vêtements donneront l’occasion de trouver le cadeau idéal pour sa meilleure amie, qu’elle ait un look totalement déjanté (Bridget Jones sous hallucinogène) ou au contraire coincé (inspectrice de l’URSSAF). On trouve des chaussures montantes japonaises (avec le gros doigt de pied autonome), de drôles de guêtres signées Natalie de Angelis, des vêtements aux motifs bigarrés en alternance avec des coloris plus neutres (on craque pour les modèles uniques des « chiffonnières »), mais aussi des breloques pour customiser son portable ou ses oreilles. Le problème, c’est qu’on a envie de les dévaliser ! Bref, une adresse définitivement « girly » à partager entre copines, dans le secret espoir qu’elles en parlent au Père Noël.
Les Fées Bizar(t), 8, rue des Trois Rois, 6e
Rens. 06 67 86 04 57
Ouvert du mardi au vendredi de 12h à 19h30 et le samedi de 12h à 19h30

Ti-Sa-Ouni Boutique
Cette jolie caverne d’« Ali-Bébé » tire son appellation d’un prénom vietnamien francisé. Axée à ses débuts essentiellement autour des accessoires bébé, on y chine désormais aussi bien du petit mobilier et des accessoires que des vêtements pour les mamans. Des marques marseillaises comme La Muse aux Pieds Nus (spécialisée dans les vêtements pour enfants) ou portugaises, comme Bakalao, qui propose des accessoires en toile cirée, pochettes et sacs. En rayon également, des produits labellisés commerce équitable comme ceux de la marque laotienne Akha Biladjo, qui cible la déco pour chambre d’enfants : lampions, poupées et jouets ou coussins bariolés. A noter : les stands de créateurs jusqu’au 23 décembre, avec accessoires, bijoux et vêtements. Le plus à souligner ? Un accueil irréprochable.
Ti-Sa-Ouni Boutique, 31, rue des Trois rois,6e
Ouvert du mardi au samedi, de 10h à 13h et de 15h à 19h
Rens. 04 91 37 52 64


La réserve à bulles

Comme son nom l’indique, c’est l’empire de la Bande dessinée. Ouverte depuis trois ans, cette librairie s’est spécialisée dans les petits éditeurs alternatifs comme Six Pieds sous Terre, Les Requins Marteaux, Akiléos, Flblb, Vertige Graphic ou l’Association. On y trouve aussi des albums illustrés pour les sept à soixante-dix sept ans sans exception, quel que soit l’univers de prédilection. Des expositions y sont également régulièrement présentées. Cerise sur le gâteau ? La pause-lecture est permise et même recommandée puisque l’on peut piocher dans le large choix de BD et de magazines mis à la disposition du chaland en savourant un thé ou un café. Des revues spécialisées comme Bodoï ou DBD cohabitent avec une sélection d’albums issus directement des rayons du magasin.
La réserve à bulles, 76, rue des Trois frères Barthélémy, 6e
Ouvert du mardi au samedi, de 10h à 20h
Rens. 04 91 53 28 91

Lollipop Music Store
Un cadeau à faire pour un mélomane averti ? Ne cherchez plus : Lollipop est la bonne adresse, celle qui vous permettra de dénicher le disque, la biographie, le concert filmé ou le t-shirt d’un artiste culte ou indé, en bénéficiant des conseils éclairés des gérants qui baignent dans le circuit musical depuis des lustres. Du rock’n’roll à l’électro en passant par les musiques noires, on trouve tout ce qui fait le sel de nos chroniques disques, avec un très large choix de vinyles. En deux ans ce « café-disquaire » s’est imposé grâce à un accueil exemplaire ponctué d’événements réguliers (showcases et expos). Venez fêter ça le 19 décembre avec l’équipe en musique au son de ses sélections : une bonne occasion pour jeter un œil sur les nombreuses nouveautés dans les bacs.
Lollipop Music Store, 2, Bld Théodore Turner, 6e
Ouvert du lundi au samedi, de 11h à 20h
Rens. 04 91 81 23 39

Loubess
Installé derrière le paquebot de l’Alcazar, ce magasin rassemble des créations et des produits issus du commerce équitable, africains pour la plupart. Le recyclage donne une seconde vie à la matière : les boîtes de sardines sont customisées en instruments diatoniques, les couvercles de peintures deviennent des miroirs. La propriétaire joue le guide entre les tapis, les bijoux en argent touaregs et la vannerie issue des coopératives de femmes du Sénégal. On remarque les créations de Nathalie Bonino, qui transforme des pneumatiques d’avions de Centrafrique en étui à lunettes et tapis de souris, ou celles de Pascale Piloni, qui travaille le papier japonais. Et puisque l’hiver met nos épidermes à rude épreuve, on fera le plein de beurre de karité venu du Burkina Faso.
Loubess, 34, rue du Baignoir, 1er
Rens. 04 91 90 91 39
- 10% sur tout le magasin actuellement, - 15% pour les lecteurs de Ventilo sur présentation de ce numéro


Mobile de Curiosités

Attention, coup de cœur absolu pour cet endroit : ouverte tout récemment, cette boutique se distingue par sa qualité et son originalité. L’antre tenu par trois amis d’enfance associe les créations en carterie et papeterie de la marque Mimi Pinson et les dernières tendances en déco et en accessoires d’autres créateurs, rarissimes dans l’Hexagone. On y trouve les bijoux de Julie Sion ou Cécile Boccara (colliers et bracelets en perles de soie), des coussins aux motifs fleuris ou « herbes » imprimés comme une photo par Les Bucoliques, des luminaires en papier faits main ou en verre soufflé signés Céline Wright. Mais aussi du linge de maison, des pochettes et des sacs, et une gamme d’arts de la table. A noter : une palette de prix très large et une gamme majoritairement fabriquée en France.
Mobile de Curiosités, 159, rue Paradis, 6e
Ouvert du lundi au samedi, de 10h30 à 19h30
Rens. 04 91 94 23 87

www.designandasia.com
Tout nouveau et déjà culte : ce site, élaboré par deux Français qui sillonnent les routes d’Asie, offre un large choix de produits de déco renouvelé au gré de leurs pérégrinations. Du petit mobilier, du linge de maison mais aussi des gadgets originaux. Ce mois-ci c’est le Japon qui est à l’honneur.

www.chicdressing.com
On retrouve sur ce site spécialisé dans les vêtements et les accessoires des créateurs marseillais et de grandes marques pour des prix 30 à 40 % moins cher que sur le marché. A noter : les ventes privées régulières, qui proposent notamment cette année des objets de déco pour Noël signés par des designers et des artistes.

www.virginieetc.com
Cette créatrice marseillaise s’est spécialisée dans les en bijoux et les accessoires. Des colliers en papier recyclé, bonbons ou « gipsy », des broches coccinelles ou papillons en dentelle, des bagues fleurs en feutrine et bouton de métal. Dernière nouveauté ? Les boucles d’oreille en broderie ancienne.
Retrouvez la créatrice sur le Marché des créateurs du Cours Julien.

Pour les achats de dernière minute, hantez le Marché de Noël des Créateurs du Cours Julien, du 19 au 21 décembre, de 10h à 18h.
Rens. http://marchedecreateurs.free.fr

Page coordonnée par Bénédicte Jouve avec Pascale Arnichand, Céline Ghisleri, Marika Nanquette Querette et Olivier Zanettin

[11 déc 2008] I went into the house but did not enter au Grand Théâtre de Provence

Dans les grandes maisons…

Heiner Goebbels présente au Grand Théâtre de Provence un concert scénique en trois espaces-temps porté par le prestigieux quatuor vocal britannique Hilliard Ensemble.

I-went-to-the-house-but-did.jpgD’abord compositeur depuis les années soixante-dix, puis metteur en scène, Heiner Goebbels a choisi de faire de l’espace théâtral le lieu de l’expérience, dans l’imparfaite ligne du théâtre de l’Absurde. I went into the house but did not enter se compose autour de trois anti-héros, imaginés par trois auteurs fondateurs de la littérature du XXe siècle, qui vont coexister. Entre Hamlet et Dante avec The Love Song of J. Alfred Prucock du poète britannique T.S. Eliot, entre refus du récit et anonymat avec La Folie du jour de Maurice Blanchot, entre cri de détresse et silence avec Cap au pire de Samuel Beckett, la dernière création du virtuose Heiner Goebbels nous emmènera certainement dans un no man’s land de sens, éclatant les schèmes narratifs conventionnels. On ne peut donc que se réjouir de cet événement exceptionnel, d’autant que le triptyque sera interprété par le quatuor vocal Hilliard — du nom d’un peintre miniaturiste élisabéthain, pour la petite histoire — au répertoire tant médiéval que contemporain, mondialement reconnu pour ses interprétations, entre autres, des musiques d’Arvö Part, de Gavin Bryars et de John Cage. Précédé d’une réputation sans pareil, I went into the house but did not enter sera aussi un espace-temps en soi et à soi, dans lequel se laisser emmener, peut-être sans autre but que celui de l’errance.

Texte : Joanna Selvidès
Photo : Mario Del Curto

I went into the house but did not enter : les 11 et 12/12 au Grand Théâtre de Provence. Rens. 04 42 91 69 69 / www.grandtheatre.fr

[11 déc 2008] Ouverture #11 représenté au Ballet National de Marseille

Le Flamand ose

La carte blanche donnée aux danseurs du Ballet National de Marseille accompagnés par les musiciens de l’ensemble Télémaque a invité le public à appréhender autrement les prestations.

ouverture-11-C-delcey.jpgLes danseurs de Frédéric Flamand sont placés à la fois dans la posture de chorégraphe et d’auteur de leurs propositions. Parmi les huit formes courtes données à voir sur le plateau, on constate une variété des propositions mais aussi des terrains de prédilection communs : le monde de l’enfance, représenté souvent de façon naïve et presque nostalgique, le thème éternel — presque de répertoire, pourrait-on dire — de l’attraction/répulsion dans le désir amoureux….
Les chorégraphes des premiers soirs restent bien trop souvent dans le narratif, sans peut-être parvenir à tirer parti de la brièveté pour en extraire de la densité. Et certaines de ces formes courtes apparaissent un peu bavardes. On peut regretter que, forts de la virtuosité technique qui leur permet tous les possibles quant au mouvement, certains interprètes oublient l’efficacité de la simplicité, la concentration nécessaire à leur partition. Au final, peu d’émotions ressenties et données à voir, mais beaucoup d’émotions masquées.
Il reste évident que l’exercice d’associer des chorégraphes autres que le maître de ballet peu s’avérer périlleux. Toutefois, on ne peut qu’applaudir l’initiative qui nous a permis de découvrir des individualités artistiques en construction comme celles d’Anton Zvir ou de Yoshiko Kinoshita. Cette ouverture a donc de l’a(d)venir.

Texte : Joanna Selvides
Photo : Delcey

Ouverture #11 était représenté du 4 au 6/12 au Ballet National de Marseille

[11 déc 2008] Collectif Qubo Gas – Shimmy shimmy grass à Histoire de l’œil

Paradigmes artificiels

Histoire de l’œil confronte une installation multimédia à ses rayonnages. Et, histoire de vivre avec son temps, la librairie se charge encore une fois d’éduquer notre œil avec deux œuvres qui font plaisir à voir.

Expo-HDO.jpgPourquoi les arts numériques nous parlent-ils souvent de nature, comme s’ils s’excusaient de la débauche de moyen technologique à laquelle ils ont recours ?! Comme s’il fallait nous ramener à quelque chose de plus… louable. La machine, adulée dans les années 50, n’a plus la cote depuis longtemps et l’art numérique n’échappe pas au dédain de certains. Mais rappelons tout de même que l’union des arts et de la science a permis à la peinture, pour ne citer qu’elle, de sortir du classicisme. L’impression soleil levant de Claude Monet n’est rien d’autre qu’une analyse optique et scientifique, une retranscription des ondes lumineuses et colorées. L’art numérique utilise le dispositif informatique comme jadis le pinceau. Toujours est-il que depuis les Supernatures de Michel Chevalier au début des années 90, nous voyons pousser sur des écrans géants d’agréables jardins virtuels, artificiels et génératifs. Ceux de Chevalier étaient interactifs, ceux du collectif Qubo Gas sont éphémères et évolutifs. Shimmy shimmy grass ne joue pas avec vous mais avec son environnement climatique. Le dispositif immersif, une sorte d’herbier imaginaire réunissant deux cents plantes dessinées sur papier ou par ordinateur, évolue selon le taux d’humidité ou le taux d’ensoleillement de la galerie. La promiscuité du dessin et de l’informatique constitue la touche des trois artistes du collectif, comme en atteste le wall drawing. L’œuvre figée dans ses anciens médiums nous ramène vers celle en mouvement devant laquelle nous sommes passés un peu trop vite en entrant. Ce microcosme végétal, autonome et aléatoire — puisque seul le programme informatique en définit les règles — apparaît finalement comme une vanité. Il nous rappelle combien la vie est vaine puisque comme nous, ce paradis artificiel est éphémère ; il mourra avec la fin de l’exposition. Peut-être l’art apporte-il à la science une conscience qui ainsi ne ruinera pas nos âmes.

Céline Ghisleri

Collectif Qubo Gas – Shimmy shimmy grass : jusqu’au 23/12 à Histoire de l’œil (25 rue Fontange, 6e) dans le cadre des Instants vidéo.
Rens. 04 91 48 29 92 / www.histoiredeloeil.com

[11 déc 2008] Bilan Expos 2008

bilan-expos-2008.jpg

Les cinq finalistes du 8e Prix de peinture Mourlot (Avril à la galerie de l’Esbam)
Ce prix de peinture décerné depuis huit ans a le mérite de montrer le dynamisme et la vivacité d’un médium trop souvent considéré comme désuet. Il s’est conclu par une exposition des cinq finalistes : Christophe Boursault (le lauréat), Julie Dawid, Nicolas Pilard, Caroline Challan Belval et Elisabeth Fleury. Les peintures des trois derniers artistes cités ont retenu davantage notre attention, en exprimant une perception singulière du monde et de la peinture ensemble par des chemins très différents.

Bettina Samson et Julien Tiberi - Stratos Fear (Avril-juin à la Galerie RLBQ)
Les deux artistes réalisent ici un véritable tour de force en créant un dialogue fécond entre leurs œuvres — par le choix d’un point de départ commun (des rêveries sur des phénomènes spatio-temporels réels ou fictifs) et l’institution d’une logique de l’appropriation. Tout en affirmant, chacun à leur façon, l’originalité de leurs créations : mise en œuvre de tensions visuelles et interprétatives chez la première, enchevêtrement de références sur un mode ironique et fantasmagorique chez le second.

Personne ici n’est innocent (Avril-mai à la Galerie de la Friche. Programmation : Triangle)

On préfère voir un Van Gogh plutôt que dix Monticelli : c’est comme ça, parfois une pièce suffit. De l’expo collective Personne ici n’est innocent, on a surtout retenu la pièce de Kjersti Andvig, une cellule de détenu reconstituée dans ses pires abjections au tricot. L’œuvre est assez forte pour marquer à tout jamais votre esprit, même si le reste de l’expo devient flou avec le temps… Mais le ton y était, et voilà l’une des expériences les plus fortes que l’on ait pu vivre cette année à Marseille.

Alice Anderson - Miroir-Miroir, La traversée des apparences (Mai-août au FRAC PACA)
Dans un univers à la fois merveilleux et effrayant, l’artiste revisite les contes en manipulant leurs structures et en amplifiant leurs ambiguïtés. Instituant une relation entre les dispositifs de visibilité adoptés et les images elles-mêmes, elle favorise un sentiment d’enfermement chez le spectateur renvoyé à ses propres angoisses. Par un subtil jeu de renvois, données matérielles et immatérielles, dynamique des images et dynamique de l’esprit entrent en résonance pour interroger la quête identitaire.

Steiner, l’aventure du design (Mai-septembre au [mac])

L’exposition estivale du [mac] nous a plongés dans le mobilier épuré et coloré de la célèbre marque de design français. En retraçant l’évolution de l’entreprise des années 20 à aujourd’hui, elle montre son souci constant de modernité et de renouvellement. Un bel hommage à une marque entrée dans les mœurs, puisque nous connaissons tous, sans trop le savoir, un de ses modèles de chaise ou de canapé. On en ressort cependant un peu frustré de n’avoir pu tester ces fauteuils, a priori si confortables !

Art-O-rama (Septembre à la Cartonnerie)
Art-O-rama est une foire, pas une exposition ; comprenez par là qu’il n’y a pas à proprement parler de geste curatorial. Néanmoins, à l’heure où deux des plus grandes institutions d’art contemporain (le [mac] et la Fondation Vasarely à Aix) agonisent, on ne pouvait que se réjouir de voir le must des galeries internationales spécialisées dans le genre, réunies pour la deuxième édition de la manifestation. Côté œuvres, on se serait déplacé uniquement pour voir la pièce de Dustin Ericksen et Moke Rogers…

Portes ouvertes Consolat : Les Consolations (Octobre dans le quartier Consolat)
Dans une quarantaine de lieux, les meilleurs lots de « Consolations » ont permis de découvrir une pépinière de talents. A l’initiative d’Andiamo, l’évènement aura été marqué par les graffeurs de l’Artmada, les énigmatiques productions de Sylvie de Villepontoux, les illustrations acidulées de Frank Omer, les trésors de la caverne gothique de Frédéric Garnier ou encore le travail photographique de Mélanie Terrier, démontrant que la création contemporaine marseillaise a de beaux jours devant elle.

Anne-Valérie Gasc – Restricted area et Boum Blocs (Octobre-novembre à la Compagnie et à la VF Galerie)
Voulant « conquérir un territoire grâce à une attitude offensive directement inspirée des principes de l’armée », Anne-Valérie Gasc fait appel à un commando d’artistes et d’architectes pour s’approprier l’espace et valider le principe « détruire, c’est créer ». Résultat : une galerie transformée en bombe à retardement, des déflagrations en direct sous l’œil de spectateurs abasourdis et un pari réussi pour l’artiste qui cherche à « remettre en question les fondements établis, lutter contre l’inertie. »

Instants vidéo (Octobre-décembre)
Depuis plus de vingt ans, le festival montre la vidéo comme un art multiforme ne cessant d’interroger le monde. Avec cette nouvelle édition — mettant en œuvre une dynamique de liaison entre les espaces, les cultures, les sensibilités —, il affirme sa volonté de rompre avec l’ordre établi de la domination, c’est-à-dire avec une certaine distribution des corps, une configuration de l’espace, un mode du visible et du dicible, en tentant de les défaire et de les recomposer ensemble plus librement.

Bernard Plossu (Depuis octobre à la Galerie du Conseil Général et aux ABD Gaston Defferre)
Toujours d’actualité, ces deux expositions dédiées au photographe Bernard Plossu nous emmènent à la découverte des habitants et des divers modes de vie de notre région. Créées avec un véritable sens de la poésie et une grande sensibilité, ces séries photographiques forment — via une excursion de la ville de Marseille en autobus et une découverte des différentes ethnies et religions dans les Bouches-du-Rhône — un beau portrait de notre région dans toute sa diversité et sa personnalité.

[10 déc 2008] Bilan Cinéma 2008

bilan-cine-2008.jpg

Un Conte de Noël (France – 2h30) d’Arnaud Despleschin
Dans cette année marquée par les confirmations plus que par les découvertes, la plus enjouée fût sans doute celle de Desplechin, cinéaste le plus doué de sa génération, capable d’embrasser avec une amplitude littéraire des affaires familiales qui, partout ailleurs, nous ennuieraient ferme. Son Conte de Noël est une somme où toute l’œuvre passée semble s’entrechoquer pour former un film à la fois lyrique, burlesque et sensuel. La plus belle proposition de cinéma faite en 2008.

No Country for Old Men (USA – 2h02) de Joel et Ethan Cohen
Qui sait ? Peut-être est-ce parce que nous n’attendions plus rien des Coen que No Country for old men laissa une telle empreinte sur nos esprits critiques encore groggy par les fêtes. Peut-être est-ce aussi car ce polar géométrique et las, porté par le corps fantomatique de Javier Bardem, constitue une lecture moderne du genre. Fini le maniérisme piteux, place à une sécheresse proche de l’épure qui donne à l’ironie des frères un bel et large espace d’expression : l’Ouest, la légende. L’Amérique, en somme.

Entre les murs (France – 2h08) de Laurent Cantet

L’exploit de Cantet est double : succéder à Pialat au palmarès cannois et réussir, en deux heures de corps à corps entre documentaire et fiction, à sortir du carcan social qui plombe tout film français plongé en milieu scolaire. Entre les murs fait le bon choix, celui de l’économie narrative, du huis clos. Comme si l’énergie qui se dégage des élèves suffisait à irriguer le film et à le relancer. Du premier au dernier plan, il reste une impression : celle d’avoir été secoué, comme rarement au cinéma.

Soyez sympas, rembobinez (USA – 1h34) de Michel Gondry
Au-delà de l’indéniable efficacité comique du cinéma de Gondry, Soyez sympas… est une ode, magnifique et touchante, au cinéma dans ce qu’il a de plus humain et onirique. Analogique contre numérique, bricolage contre uniformisation : ici, la dimension éthique, presque politique, du film n’alourdit jamais le récit, qui reste toujours léger et poétique. La fin est tout simplement un grand moment de cinéma : les deux derniers plans resteront parmi les plus belles images vues cette année.

Les 7 jours (Israël – 1h48) de Ronit et Shlomo Elkabetz
Quatre ans après Prendre femme, la fratrie Elkabetz sortait cette année le deuxième volet tant attendu de sa trilogie consacrée à la famille. Se déroulant pendant la semaine de deuil imposée par la tradition juive, qui oblige les proches du défunt à rester cloîtrés, ces 7 jours de promiscuité et de querelles intestines posent cette question : « Comment vivre ensemble ? ». Même après la mort. Et offre un nouvel éclairage à l’excessive et sensuelle Ronit Elkabetz, héritière de la Callas et d’Anna Magnani.

Darjeeling limited (USA – 1h45) de Wes Anderson

Tous les fans de La famille Tennenbaum et de Steve Zissou attendaient le nouveau conte d’Anderson avec force excitation. Soyons honnêtes : si ce cinquième voyage, inspiré du Fleuve de Renoir, est moins surréaliste, barré, drôle et émouvant que La vie aquatique, le cinéaste désabusement décalé fait encore merveille via cette touchante histoire de fratrie contrariée incarnée par trois acteurs — Wilson, Brody et Schwartzmann — au top. Et continue de creuser le même sillon autour de l’absence de la figure paternelle.

Le silence de Lorna (Belgique – 1h45) de Jean-Pierre et Luc Dardenne
Plus que son apparent réalisme social d’une profonde noirceur, le cinéma des frères Dardenne est une superbe et implacable mécanique du récit. Le silence de Lorna est en cela leur meilleur film : chaque chose est à sa place, rien ne manque, le film va à l’essentiel. Dans un final éblouissant, semblant sortir tout droit des Notes sur le cinématographe de Robert Bresson, le corps-marchandise se mue en corps-résistance dans une fuite désespérée, nous offrant quelques instants de pure magie.

Redacted (USA – 1h30) de Brian de Palma
Avec Redacted, c’est toute une partie du cinéma américain d’action qui verse d’un coup dans le vieillot et l’artifice : la guerre « en cinémascope » n’aura plus lieu, nous l’observerons désormais en numérique et en réseau. L’ère est nouvelle, les images aussi. Pour faire simple, on pourrait avancer l’équation suivante : Guerre + Internet = Redacted — entre l’écran de cinéma et nos propres écrans d’ordinateur, la différence devient mince.

Two Lovers (USA – 1h55) de James Gray
Two Lovers n’a, en apparence, rien à voir avec La Nuit nous appartient. Pourtant, cette histoire d’amour sans flingue, ni couronne, réussit à surprendre en restant fidèle à la forme minérale des œuvres passées. De l’amour des femmes comme de la violence des flics, il ne reste que les détails : signes du désastre à venir et d’une possible renaissance. Et s’il fallait encore une preuve de la grandeur de Gray, elle s’affiche lumineuse, sur le beau visage de Vinessa Shaw ou le sein en liberté, façon Delacroix, de Gwyneth Paltrow.

Juno (USA – 1h40) de Jason Reitman
Habituées le plus souvent aux rôles de freaks du lycée ou de cheerleaders en chaleur, les filles avaient une revanche à prendre sur le teen-movie. Voilà qui est fait avec ce tendre et caustique Juno, autour de la grossesse accidentelle d’une jeune fille de seize ans, déterminée à la mener comme elle l’entend. Porté par la délicieuse Ellen Page, des répliques savoureuses et une bande-son indie impeccable — Anyone else but you des Moldy Peaches —, Juno est un hymne cool à l’adolescence de la marge…

[10 déc 2008] Bilan Disques 2008

bilan-galettes-2008.jpg

TV On The Radio
Dear Science (4AD/Naïve)

Comment choisit-on un « album de l’année » ? Il cumule les vertus, plus que n’importe quel autre. A la base, on n’attendait rien de ce disque : les deux premiers étaient assez chiants. Et surprise : voici que le groupe new-yorkais se libère enfin de son étiquette intello, pour accoucher de cette fusion tant attendue entre avant-garde (la production) et classicisme (les chansons), musique blanche (un groupe de rock) et musique noire (un groupe de rock qui groove). Un sommet.

The Last Shadow Puppets
The age of understatement (Domino/Pias)

Délaissant ses Arctic Monkeys le temps d’une collaboration avec Miles Kayne des Rascals, Alex Turner a signé — une habitude — l’un des grands albums de l’année. Embrassant d’une même étreinte quarante ans de songwriting épique, romantique et classieux, ce premier opus regarde dans le rétroviseur de la pop anglaise (Love, Scott Walker, David Bowie, John Barry) tout en restant fermement ancré dans le présent — gouaille sociale et production « up to date » de James Ford. N’en jetez plus…

Portishead
Third (Island/Barclay)

Le come-back le plus fracassant de l’année : un groupe chéri par des millions de fans, attendu, qui choisit de prendre tout le monde à contre-pied en publiant un disque exigeant, âpre, tendu. La mélancolie bleutée de Portishead a laissé place à un gris métal de saison : l’heure est au flip. Des guitares, une rythmique primitive, une camisole de force. Et toujours cette voix, unique. Avec le recul, le même pas de géant accompli par Massive Attack entre Protection et Mezzanine.

Vampire Weekend
Vampire Weekend (XL/Naïve)

Ce fut le premier classique de l’année : une collection imparable de pop-songs jouées par un jeune quatuor new-yorkais repéré sur la toile, un disque inaugural qui fit le même effet (et aurait pu connaître le même succès) que le premier Franz Ferdinand. Même recette : des chansons pour « faire danser les filles », mélodies lumineuses et groove minimaliste, avec en plus une petite touche afro pour nous rappeler au bon souvenir des Talking Heads ou de Paul Simon. Indémodable.

Bon Iver
For Emma, forever ago (4AD/Naïve)

Largué comme une vieille chaussette par une dénommée Emma, Justin Vernon, anéanti, s’est retiré dans les collines enneigées du Wisconsin, histoire de digérer et de mettre en chansons ce triste épisode. Bien lui en a pris, puisque porté par une voix qui tutoie les anges, une guitare à la sécheresse inventive, des arrangements lumineux et une chouette trompette, ce premier opus se fait l’écho définitif et merveilleux d’une chronique sentimentale et son irrecevable rupture. Beau à pleurer.

Raphaël Imbert Project
Bach Coltrane (Zig-Zag Territoires/Harmonia Mundi)

Entre le sacré et le mystique, la terre et le ciel, les musiques de Bach et de Coltrane possèdent, outre leur indéniable beauté, le parfum indicible du divin. Raphaël Imbert n’a pas eu peur de se frotter à ces deux monstres sacrés, les faisant cohabiter le temps de ce disque magnifique. Jazz ascensionnel et musique baroque, quartette et quatuor à cordes, ici la musique a rendez-vous avec la grâce, et elle interroge au passage notre propre manière de l’écouter et de la sentir. Magistral.

Midnight Juggernauts
Dystopia (Capitol/EMI)

Sur le créneau indie/dance (ou comment placer l’énergie du rock au cœur du dancefloor), tout un tas d’excellents premiers albums sont sortis cette année : Late Of The Pier, Metronomy, Foals, Friendly Fires… Des groupes 100 % anglais. Si l’on ne devait en retenir qu’un, ce serait l’exception qui confirme la règle : les Midnight Juggernauts arrivent d’Australie, patrie du label Modular dont ils suivent la ligne de conduite (capitaliser sur l’héritage des Daft). Hédoniste et glam.

Get Well Soon
Rest now, weary head, you will get well soon (City Slang/Pias)

On ne remerciera jamais assez Radiohead pour avoir déréglé la pop, explosé ses murs (du son) et ses frontières. Preuve en est avec le tout premier ovni de l’Allemand Konstantin Gropper, homme-orchestre de Get Well Soon, qui sonne souvent comme si Thom Yorke s’était mis en tête de chanter sur le prochain Beirut, accompagné d’Arcade Fire, avec Sufjan Stevens à la production. Monumental, lyrique et vertigineux, voici la bande-son rêvée et officielle de toutes les convalescences.

Loco Dice
7 Dunham Place (Desolat/La Baleine)

Et au rayon « club », que s’est-il passé ? La techno minimale commence à s’essouffler. En face, l’électro saturée de Justice et consorts ne fera pas long feu. Un retour aux sources est nécessaire. Le revival deep-house avait marqué 2007 avec des maxis, des compiles mixées. Les albums sont tombés cette année : le Luke Solomon notamment, expérimental, groovy, et surtout le Loco Dice, ouaté, solaire, sensuel au possible, un hommage hi-tech à la house des origines. Magnifique.

Lonely Drifter Karen
Grass is singing (Crammed)

En 2008, au rayon féminin, il y avait le cabaret baroque de Baby Dee, la pop intemporelle de Frida Hyvönen, le charme d’Emiliana Torrini et le folk râpeux d’Emilie Jane White. Mais c’est d’Autriche que nous est parvenu le disque le plus frais de l’année. On trouve chez la belle Karen tout ce qui fait le charme désuet des comédies musicales d’après-guerre : des mélodies simples et accrocheuses, et une voix qui mime aussi bien la candeur que la sensualité. C’est beau, drôle et léger à la fois.

[10 déc 2008] Bilan Musique 2008

bilan-concerts-2008.jpg

Black Strobe @ Cabaret Aléatoire (le 2 février)
Initialement influencé par la house, les défricheurs de l’électro-pop (Depeche Mode, Cabaret Voltaire) et la cold-wave, le projet d’Arnaud Rebotini (désormais amputé d’Ivan Smagghe) est devenu un groupe de rock à part entière. Epuré de ses références dancefloor, ce concert livré un soir de pluie et de brouillard a opéré l’alchimie d’une électro martiale et d’un rock à la limite du metal, puissant et noir. Etrangement, Rebotini est depuis revenu au Cabaret avec un projet plus… techno.

Moriarty @ Espace Doun (le 15 février)
Si, sur disque, Moriarty n’est qu’un groupe folk/rock de plus, la prestation de ces jeunes Franco-Américains à l’Espace Doun (Rognes) frôlait la perfection. Assis à proximité de la scène, nous assistions dans des conditions idéales à ce petit théâtre musical et comique. Leur concert ressemblait à la rencontre improbable entre la Carter Family et les Marx Brothers dans une rue poussiéreuse d’OK Corral… Rarement un groupe n’avait dégagé une telle harmonie entre le sonore et le visuel.

Coming Soon @ Poste à Galène (le 21 mars)
En plus de nous avoir offert l’un des plus beaux disques de l’année au rayon pop/folk, cette bande de jeunots originaires d’Annecy (ils ont entre 14 et 25 ans !) maîtrise parfaitement la scène. Autour d’un géant déguisé en cow-boy s’agitent des adolescents qui jouent et chantent : comme si le Robert Mitchum de La nuit du chasseur avait kidnappé des enfants pour les obliger à jouer de la très bonne musique. C’était si bon qu’on n’a pas eu l’idée de les libérer…

Dubmood @ l’Intermédiaire (le 28 mars)
Au-delà de la surprise provoquée par les moyens utilisés (il compose à l’aide d’une Gameboy !), ce qui nous frappe chez Dubmood, jeune Suédois installé à Marseille, c’est son efficacité. Impossible de résister à ses assauts rythmiques, totalement jouissifs. Le sourire collé aux lèvres, il apparaît comme une sorte de McGyver de l’électronique, capable avec une boîte en plastique et deux fils de sonner bien plus fort que Justice. Faire autant avec si peu relève du génie.

Zombie Zombie @ l’Embobineuse (le 12 avril)
Derrière ce concert, les filles de l’asso In The Garage, déjà responsables du meilleur concert 2007 (!!! au Cabaret Aléatoire). Avec nettement moins de budget mais tout autant de bon goût, elles calaient Zombie Zombie avant que la presse ne s’en empare, dans la seule salle marseillaise qui s’y prêtait : l’Embob’. Et donc ? Un batteur survolté sous influence kraut, un homme-squelette aux claviers, unis dans une transe épicurienne, minimaliste et… voodoo. Simplement génial.

Radiohead @ Arènes de Nîmes (les 14 et 15 juin)
Un bilan de fin d’année sans un concert de Radiohead n’est jamais tout à fait un bilan, sauf pour les grincheux qui persistent à penser que le plus grand groupe du monde de son temps est pompeux, dépressif ou ennuyeux (hum). En 2003, leur concert à Nîmes était déjà une claque. Cinq ans plus tard, ces gens-là ont bien vieilli : les grandes chansons abondent, la scénographie est nickel, et ils se paient encore le luxe de changer leur set-list d’un soir à l’autre. Intouchable.

Polysics @ Marsatac (le 27 septembre)
« Marseille, bouge ton cuuuuuuuuuul ! » Ce soir-là, sous la grande tente du festival Marsatac, cette injonction à faire la fête prenait une saveur toute particulière, comme un « banzaï » pour réveiller les esprits assoupis par une programmation certes appréciable, mais assez convenue. Sur scène, des personnages de manga branchés sur 220V, enchaînant à toute berzingue leurs décapantes bombinettes techno-punk. A cet instant, c’est sûr, les Polysics étaient le meilleur groupe du monde.

IAM @ l’Affranchi (le 17 octobre)
Hasard du calendrier, quinze jours après le retour événement de la montagne NTM qui accoucha d’une souris (au Dôme), IAM s’emparait de l’Affranchi, salle hip-hop mythique, pour fêter ses vingt ans et mettre tout le monde d’accord. Devant un parterre de privilégiés heureux et médusés, Akhenaton et Shurik’N, accompagnés de Saïd au micro, Kheops aux platines et quelques musiciens, nous ont régalés deux heures durant. Ne manquait à l’appel que l’envahissant Freeman : pas grave…

Tumi & The Volume @ Fiesta des Suds (le 18 octobre)
La révélation de la Fiesta 2008. L’an dernier, leur premier album figurait déjà dans notre bilan « disques ». On attendait donc la scène avec impatience, on n’a pas été déçus : sur une trame qui emprunte forcément à The Roots (le hip-hop des origines revu par des musiciens qui déchirent) mais en formule resserrée (la trilogie guitare/basse/batterie chère au rock), le gros Tumi et les siens ont pris par surprise bien des quinquas qui étaient venus pour Herbie Hancock. Juste la classe.

Ibrahim Maalouf @ Fiesta des Suds (le 23 octobre)
Accompagné d’un percussionniste et d’un contrebassiste, le Libanais, volubile et charmeur, avait en juillet dernier enflammé le Théâtre de la Sucrière, mettant tout le monde à genoux — amateurs de jazz, amoureux de musique orientale et fans de hip-hop. De retour sur la grande scène de la Fiesta avec une formation plus rock, Maalouf a confirmé, avec sa trompette à quarts de tons lui permettant de jouer des gammes orientales, qu’il était le plus grand trompettiste du moment. Yalla !

    Newsletter

    Adresse email :  
    Inscription
    Désinscription
  • Ventilo en pdf

    Ventilo n°257
    du 10 au 23 mars

    Téléchargez le journal et son agenda au format PDF

    couverture

    • Chercher


    RSS

    rss-netvibes rss-yahoo rss-newsgator rss-google


    Afficher tous les flux, afin de choisir le thème qui vous intéresse.

      Partenaires


      partenaires